• Possessions démoniaques & exorcismes

    POSSESSIONS DEMONIAQUES & EXORCISMES

    MYTHE OU REALITE ?

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    par Emilie le Phoulër

     

    Pour exorciser, selon les définitions communément admises, en particulier selon Edouard Smedley dans son ouvrage sur les sciences occultes paru en 1855, l’essentiel est de « de lier par serment, et de contraindre sous serment, par l’utilisation de certains mots et l’usage de certaines cérémonies, le diable et les esprits démoniaques à répondre et obéir à la délivrance. » Un exorciste peut parfois être considéré comme un magicien. Il doit selon le sens général chasser les mauvais esprits.

     

    Le 11 septembre 2000, les journaux du monde entier rapportent l’histoire selon laquelle Satan aurait envahi le Vatican à Rome et crié des insultes au pape Jean-Paul II (1920-2005) par l’intermédiaire d’une adolescente, décrite comme une fille « splendide en termes de pureté et de bonté » avant d’être possédée par le diable à l’âge de douze ans. La jeune fille de dix-neuf ans commence à crier dans une « voix caverneuse » au cours d’une audience générale du pape sur la place Saint-Pierre. Malgré les efforts du pape pour apaiser l’attaque, le Prince des Ténèbres rit des efforts du Saint-Père pour le chasser. Lorsque les gardes du Vatican tentent de contraindre la jeune fille, elle est violemment repoussée au loin par une force surhumaine !

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    La place Saint-Pierre à Rome.

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    -LE BIEN CONTRE LE MAL-

    Un Père exorciste officiel du Vatican, Gabriele Amorth, dit que lui-même et un autre exorciste, le Père Giancarlo Gramolazzo, ont déjà travaillé avec la jeune fille et que le pape avait passé une demi-heure avec elle le jour avant l’incident et avait lui-même exorcisé l’adolescente. Toutefois, il est vite apparu lorsque la jeune fille a commencé à insulter le pape et lui parler en langues inconnues lors de l’audience papale qu’aucun des exorcismes n’avaient réussi à chasser Satan. Les porte-paroles du Vatican ont été prompts à rappeler aux médias un exorcisme réussi du pape Jean-Paul II sur une femme italienne nommée Francesca Fabrizzi en 1982… Cela confirme que la lutte entre le Prince des Ténèbres et les forces célestes reste vivace dans notre monde, du point de vue de certains chrétiens. Certains y croient, d’autres y voient un problème psychiatrique. Qu’en est-il ? La possession de l’âme par des forces diaboliques est-elle une réalité ou un problème psychiatrique ?

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    -UNE HISTOIRE DE L’EXORCISME : UN PHENOMENE ANTIQUE-

    L’histoire de l’exorcisme remonte à l’Antiquité. Il existe probablement depuis des temps très anciens. En Grèce, Epicure et Eschine sont des fils de femmes qui ont vécu de ce commerce pour le moins étrange, et chacun d’eux s’est vu amèrement reproché, l’un par les stoïciens, l’autre par Démosthène, d’avoir aidé leur mère dans ces pratiques « déshonorantes ». Une référence existe dans les Actes des Apôtres bibliques (19 :13) qui concerne l’échec et la disgrâce de certains des Juifs vagabonds, exorcistes, qui, comme les apôtres ont décidé d’invoquer, ceux qui sont possédés par les mauvais esprits, « le nom du Seigneur Jésus. » Au début du 1er siècle après J.-C., un historien, Flavius Josèphe, mentionne déjà l’existence d’un livre magique, le Codex Pseudepigraphus, qu’il attribue à Salomon, lequel était en connivence avec un exorciste appelé Eléazar, ainsi que d’un manuscrit grec intitulé le Testament de Salomon. La première version de cet ouvrage que l’on ait pu retrouver consiste essentiellement en une liste des démons et des « mots du pouvoir » permettant au « magicien » de se faire obéir des affidés de Lucifer. L’historien Flavius Josèphe observe :

    « Dieu a permis d’apprendre à Salomon les compétences qui expulsent les démons, qui est une science utile et aux hommes sains. Il compose également des incantations telles que les effets douloureux sont atténués, et il laisse après lui les manières différentes de les utiliser. Les exorcismes, par lesquels ont chasse les démons, afin qu’ils ne reviennent jamais, est une méthode de guérison qui est reconnue d’une grande force à ce jour. Car j’ai vu un homme de mon propre pays, dont le nom était Eléazar, libérer des gens qui étaient sous l’influence démoniaque, en présence de Vespasien et de ces fils, et de ses capitaines, et de toute une multitude de ses soldats. La pratique de la cure était celle-ci : il mit un anneau qui avait une sorte de racine, d’une de ces sortes mentionnées par Salomon, qu’il porte aux narines du démon, après quoi il tire le démon par les narines, et quand l’homme est tombé, immédiatement après il ordonne au démon de ne plus jamais revenir. »

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    Exorcisme – sortie des démons par la bouche, illustrations de 1519

     

    Certains fragments présumés de ces incantations de Salomon figurent dans le Codex Pseudepigraphus de Fabricius, et Josèphe lui-même décrit l’une des racines antidémoniaques. Un autre fragment de l’antiquité portant sur ce sujet est l’exorcisme pratiqué par Tobie, le père du prophète juif Tobias, sur lequel il n’est pas facile de prononcer un jugement. Grotiusun savant hollandais du dix-septième siècle, dans une note sur cette histoire, affirme que les Hébreux attribuent toutes les maladies à des causes naturelles provoquées et dues à l’influence des démons. La plupart de ces informations sont tirées en grande partie du théologien néerlandais Balthasar Bekker, auteur du Monde enchanté, en 1691, traduit en français dès 1694, dans lequel il réfute l’opinion vulgaire sur l’influence du démon

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    -L’EXORCISME AUX PREMIERS TEMPS-

    Balthasar Bekker raconte comment certains juifs pratiquaient des séances d’exorcisme afin de se protéger de l’influence d’un démon féminin, Lilith, connue pour être la première femme d’Adam, dans un texte non-canonique. Lilith est selon certains rabbins réputée être l’épouse de Satan. Durant les cent trente années qui se sont écoulées avant qu’Adam soit marié à Eve, Lilith a été visitée par certains démons, dont les quatre principaux sont Lilis, Naome, Ogere, et Machalas ; de ces rencontres découle une lignée d’esprits maléfiques. Un ordre particulier d’ecclésiastiques exorcistes ne semble pas avoir existé dans l’église chrétienne avant la fin du troisième siècle, et le théologien allemand Johann Mosheim au dix-huitième siècle attribue son introduction à des exigences de certains gnostiques.

    Dans le dixième canon du concile d’Antioche, tenu en 341 après J.-C., les exorcistes sont explicitement mentionnés, coordonnés avec des sous-diacres et des lecteurs, et leur organisation est décrite par le quatorzième Concile de Carthage. Il est également mentionné la délivrance d’un livre par l’évêque contenant des formes précises d’exorcismes et de directions que les exorcistes doivent exercer sur les créatures démoniaques. Le feu de l’exorcisme, comme saint Augustin le décrit, précède toujours le baptême. Les catéchumènes sont exorcisés pendant vingt jours avant l’administration du sacrement du baptême. Dans le cas des catéchumènes qui ne sont pas « possédés », ces exorcismes ne sont pas dirigés contre une possession démoniaque supposée. Ils sont, comme Cyril les décrit, tels des prières, composés d’extraits de l’Ecriture Sainte qui sont récités pour implorer Dieu et pour briser la domination et la puissance de Satan chez les nouveaux convertis et de les délivrer ainsi de son esclavage en « expulsant » l’esprit de méchanceté et d’erreur. Dans l’Eglise grecque, avant le baptême, le prêtre souffle trois fois sur l’enfant afin de déplacer le diable de son siège, ce qui peut être compris comme le symbole de la puissance du péché que l’on tente de chasser sur les non-baptisés, et non pas comme une affirmation de leur possession réelle ou absolue.

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    -UN ORDRE ET DES PRATIQUES D’EXORCISTES-

    Les exorcistes forment l’un des ordres mineurs de l’Eglise catholique romaine. Lors de leur ordination, l’évêque leur parle de leurs fonctions, et conclut par ces mots :

    « Prends le pouvoir de mettre la main sur les démons, et par l’imposition des mains, par la grâce de l’Esprit Saint, et les formules de l’exorcisme, les esprits impurs sont entraînés loin des corps possédés ». L’un des manuels les plus complets pour les prêtres catholiques exorcistes est un volume de près de mille trois cents pages intitulé Thesaurus Exorcismorum et Conjurationum publié en 1608. Du premier de ces traités, il apparaît que les possédés sont soumis à une discipline spirituelles très sévère ainsi que corporelle. Ils doivent d’abord subir une série de « pré-exorcismes » difficiles et poussés, composés de confessions, de prières, et de certains interrogatoires particuliers. Les exorcismes en eux-mêmes sont réputés être au nombre de huit. L’ensemble est accompagné de psaumes, de leçons de litanies, de prières et d’invocations très précises. Les trois premiers exorcismes doivent être utilisés dans le but de déterminer l’identité du démon à l’origine de la possession. Si le démon est très obstiné, une effigie de celui-ci, ignoble et horrible, doit être élaborée, avec son nom inscrit en-dessous, et jeté dans les flammes après avoir été signée du signe de la croix, aspergé d’eau bénite, et même une fumigation à l’encens. Les quatrième et cinquième sont des formes d’action de grâce et de bénédiction après la libération. Le sixième visent les incubes (démons mâles) et les succubes (démons femelles dont la mère est Lilith). Le septième est destiné à exorciser une maison hantée. Le huitième permet de chasser les orages ou les tempêtes démoniaques.

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    Le « flagelle Daemonum » contenu dans le traité « Exorcismorum Thesaurus » donne de nombreuses mises en garde à destination de l’exorciste lui-même qui ne doit pas être trompé par l’art du mensonge et de l’illusion qui caractérise tout démon, notamment lorsqu’il s’agit de femmes possédées ! Si le démon refuse de dire son nom, il est impérativement nécessaire de procéder à des fumigations. Il est nécessaire de rompre l’exorcisme avant que les mauvais esprits ne soient totalement expulsés, ils sont expressément adjurés de quitter la tête, le cœur et l’estomac de l’énergumène possédé et de se soustraire par la partie inférieure du corps. Dans le « Daemonum Fustis » l’exorciste peut adresser des insultes à l’esprit du mal, s’il persiste à rester. Après ces incantations en latin, redoubler de précautions est souvent nécessaire, et si le démon refuse toujours de dire son nom, il doit être nommé des pires noms de démons connus. Le septième exorcisme révélé dans ce traité, entre autres, appelle à l’onction de la personne possédée avec l’huile sainte, et si toutes les adjurations ont échoué, les possédés doivent être vigoureusement exhortés à la patience.

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    -LES DIFFERENTS GENRES DE POSSESSION-

    On peut clairement classer les cas de possession en quatre groupes, en suivant deux critères évidents : le consentement de la personne et son état de grâce. La plupart des cas de possession proviennent de cérémonies occultes : spiritisme et rituels sataniques. C’est ce qu’on appelle jouer avec le feu. Premièrement, la victime est en état de grâce et consent à la possession. C’est un cas assez rare, mais qui est rapporté par certains exorcistes. Il arrive que Dieu donne à certaines âmes la possibilité de souffrir jusque dans leur corps la présence d’un démon pour pouvoir affermir leur désir d’aimer Dieu et de renoncer au péché.

    On connait le cas, au XIXème siècle, du Père Surin qui fut possédé par un démon alors même qu’il réalisait un exorcisme ; ses mémoires, en ce sens, ont été très précieux pour montrer que le démon n’a en fait aucune influence directe sur la volonté de sa victime. Il ne fait que susciter des tentations… Mais il ne faut pas confondre ce cas avec celui des âmes qui s’offrent à Dieu comme « victime d’oblation » pour le salut des âmes (Sainte Thérèse de Lisieux, Marthe Robin…). Il peut aussi arriver dans certains cas que le démon s’en prenne à des personnes avec acharnement à cause du bien qu’ils font au monde : le saint curé d’Ars et le Padre Pio avaient l’habitude de se battre « physiquement » contre le démon durant des nuits entières. Et il n’était pas rare qu’ils apparaissent le matin tout couverts de contusions… et que dans la journée un grand pêcheur vienne se confesser.

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    Dans le deuxième cas, la personne possédée est en état de grâce, mais ne consent pas à la possession. Ce cas, que l’on trouve dans l’Evangile (le jeune homme possédé depuis l’enfance), est peut-être plus fréquent qu’on ne le pense. Il est difficile à comprendre car il nous semble, à première vue, assez injuste…

    « Qu’a donc fait cette personne de mal pour mériter une telle souffrance ? ». La foi nous apprend cependant que Dieu n’est pas la cause du mal et qu’il n’accepte un mal que pour en faire sortir un plus grand bien. On a vu en effet des familles entières revenir à la foi et aux sacrements grâce à ce genre d’épreuve. Ce cas se produit rarement, pour ne pas dire jamais, chez les personnes qui ont une profonde vie spirituelle et sacramentelle. Certains exorcistes indiquent que cela peut se passer quand le rituel du baptême a été tronqué du cérémonial d’exorcisme, par négligence ou présomption. Dans une troisième configuration, la victime n’est pas en état de grâce, mais n’est pas pour autant consentante à la possession. Il s’agit en fait d’un châtiment de Dieu dû à un enracinement profond dans le péché. Dieu « permet » cette possession à cause de l’endurcissement du cœur de l’homme.

    Thyrée (De daemoniacis, 1 pars, ch. 30, n° 9-23) signale principalement les désordres d’infidélité, d’apostasie, d’abus de l’Eucharistie, de blasphème, d’orgueil, les excès de luxure, de paresse, la persécution contre les serviteurs de Dieu, le manque de respect contre les parents, les violences de la colère, le mépris de Dieu et des choses saintes… Il arrive que ces personnes aient eu une certaine vie spirituelle. Mais à force de pécher, de ne pas pratiquer leur foi, l’eau chaude est devenue tiède, puis froide… puis a littéralement gelé. Alors le démon peut très facilement prendre « les commandes » de cette âme, comme il le fit avec le malheureux Judas. Dans ce cas, le démon conduit généralement sa victime au désespoir en la forçant à commettre des péchés très graves. La victime reçoit une image tant détestable d’elle-même qu’elle ne peut plus se supporter. Elle tombe dans la schizophrénie et la dépression. Cela s’achève souvent – c’est la victoire du démon – par un suicide. C’est aussi dans cette catégorie que l’on peut classer ceux qui, non baptisés, n’ont jamais eu accès à la vie de grâce.

    Enfin, dans le cas le plus grave, la victime n’est pas en état de grâce et est pleinement consentante à la possession. Ce cas provient d’un « pacte » établi avec Satan. Dans ce cas, le possédé devient complice du démon et reçoit généralement des « dons obscurs » qui lui permettent de multiplier ses forces pour répandre le mal dans le monde. Il y a alors une sorte « d’inversion » de l’ordre de la grâce : le possédé reçoit des pouvoirs et une protection particulière tant que ces derniers peuvent lui être utiles. Cependant, il ne faut pas croire que le démon devienne l’ « ami » de celui qui pactise avec lui, car le diable n’a pas d’ami, il n’a que des victimes. Ceux qui se prêtent à ce triste jeu peuvent avoir un instant l’impression d’avoir gagné l’amitié de Satan. Qu’ils ne se fassent pas d’illusion : le diable les méprise autant que tous les êtres humains, race largement inférieure à sa nature angélique et pourtant préférée du Créateur.

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    -MALADIE PSYCHIATRIQUE OU ATTAQUE DE DEMONS ?-

    En 1999, le Cardinal Medina Esteve a présenté aux journalistes, lors d’une conférence de presse au Vatican, la nouvelle version du rituel romain qui était utilisée par l’Eglise Catholique depuis 1614. Il leur a présenté « De exorcismis et supplicationibus quibusdam », plus connu comme « l’exorcisme du nouveau millénaire » (Rituel de l’exorcisme et prières de supplication : ouvrage non commercialisé réservé aux évêques et aux exorcistes diocésains). Après dix ans de corrections, le Pape approuve ce nouveau rituel d’exorcisme qui est aujourd’hui autorisé à travers le monde. Le changement profond des pratiques exorcistes a commencé à la mort d’Anneliese Michel et la sortie quasi-simultanée du célèbre film réalisé par Friedkin en 1973.

    La conférence des évêques d’Allemagne demande à ce que le rituel romain soit aboli. Le Vatican répond alors en proposant une nouvelle forme d’exorcisme, plus de vingt ans après la mort d’Anneliese. Pour les psychiatres, la possession est un état de dédoublement de personnalité associé à un délire de possession corporelle, de névroses, de dépressions psychotiques… L’anxiété d’une personne peut l’entrainer à avoir des hallucinations visuelles et auditives, des gestes agressifs parfois violents pouvant mener au suicide. Les troubles psychiques peuvent relever du domaine de l’irrationnel ou du domaine scientifique. Dans tous les cas, les théologiens et les médecins essaient de résoudre une souffrance humaine. Le doute persiste. De nombreux prêtres exorcistes insistent pour dire qu’il s’agit dans la plupart des cas d’un « dérèglement » psychologique, une dépression bien souvent… Il faut rester prudent. Certains, pourtant, demandent de voir pour croire à la réalité des exorcismes et de la possession. Faut-il mettre sa main dans le feu pour croire qu’il brûle ?

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    -L’ETRANGE CAS D’ANNELIESE MICHEL-

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    Portrait d’Anneliese Michel avant ses « crises » de possession.

    L’exorcisme est un rituel religieux qui est « censé » chassé les entités maléfiques de quelqu’un déclaré possédé. L’église est toujours très discrète à ce sujet, puisque dans plusieurs cas il s’agit d’une maladie mentale et non d’une « possession démoniaque ». Pour qu’une personne soit considérée comme possédée, il faut qu’elle parle une langue qui lui soit inconnue, qu’elle montre une certaine colère à l’égard d’objets religieux (croix, eau bénite, etc…), elle peut découvrir des choses qui lui soient inconnue (voyance). La personne peut également s’infliger des douleurs, des scarifications, etc… Dans le cas d’Anneliese Michel, elle battait et mordait sa famille, refusait de manger, elle faisait également beaucoup de génuflexions, plus de six cents de suite, ce qui lui provoquera une rupture au niveau du genou.

    Les deux prêtres et les parents ont été condamnés à six mois de prison, la justice en a conclu qu’elle était épileptique. Anneliese Michel naît en 1952 en Allemagne, et à l’âge de dix-sept ans, elle est, un beau jour, prise de spasmes violents. La clinique psychiatrique de Würzburg diagnostique une épilepsie type « Grand Mal ». La Dépression qui apparait souvent après ce genre de crises est même diagnostiquée. Dès lors, même des voix la persécutent disant qu’Anneliese serait « jetée en enfer ». La dépression se renforce et Anneliese ne trouve plus aucun intérêt à consulter des médecins car ils ne lui procurent aucun soulagement. Pendant l’été 1973, ses parents demandent l’aide de plusieurs curés pour un exorcisme, prenant au sérieux les « dires » de leur fille. L’Eglise rejette ces demandes et insistent pour que le traitement médical continue : Anneliese à alors vingt ans. Prouver la possession demande de la rigueur et avant que tous les critères ne soient vérifiés, l’évêque ne peut autoriser l’exorcisme !

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    Quelques photos d’Anneliese possédée…

    Le prêtre Ernst Alt, qui surveille Anneliese à cette époque, demande à l’évêque de Würzburg une permission afin d’exorciser Anneliese Michel en 1974. Sa demande a aussi été rejetée alors, il recommande à Anneliese de suivre un mode en vie plus religieux. Mais les attaques de disparaissent pas. Elle insulte, frappe, mord les membres de la famille, elle ne mange pas car les démons l’en empêchent, elle dort par terre, mange des araignées, des mouches et même du charbon. C’est pendant des heures qu’elle hurle à travers la maison : elle brise des crucifix, des chapelets, elle détruit des peintures de Jésus-Christ. Elle se mutile aussi.

    En septembre 1975, après un contrôle pointilleux, l’Evêque de Würzburg, Josef Stangi accepte que les pères Arnold Renz et Ernst Alt procèdent au « grand exorcisme » d’Anneliese. Cette pratique se fonde sur le Rituel Romain « Rituale Romanum ». De Septembre 75 à septembre 76, les séances se tinrent une à deux fois par semaine. Parfois, ses attaques étaient tellement fortes qu’elle devait être tenue par trois hommes ou qu’il faut l’attacher. 

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    Mais les attaques, malgré l’intense activité des prêtres exorcistes, ne s’arrêtent pas pour autant. L’Exorcisme continua alors encore des semaines et des mois : des incantations spéciales sont récitées, encore et encore. Pendant les séances, quarante enregistrements audio sont réalisés pour garder les traces de sa possession ! Le dernier jour du rituel exorciste est le 30 juin 1976. Anneliese souffre alors de pneumonie : elle est décharnée et fiévreuse. « Implorez l’absolution » serait la dernière phrase qu’elle aurait dite aux prêtres exorcistes. A sa mère, elle dit « Mère, j’ai peur ».
     
    Anna Michel enregistre la mort de sa fille le jour suivant, le 1er juillet 1976.
     

    Josef Stangi, l’évêque ayant autorisé l’exorcisme d’Anneliese, dont le décès fut un cauchemar pour l’Eglise. Les dangers de l’exorcisme résident antre la responsabilité médicale et sacerdotale. En 1963, le père Adolf Rodewyk écrit dans un manuel sur la possession, qu’il faut chercher avant tout une explication médicale face à des gens ayant subitement un comportement étrange et violent. Le Rituel romain ne précisait pas qu’un médecin doit assister à un exorcisme. Depuis l’affaire « Anneliese Michel », chaque exorcisme catholique pratiqué est placé maintenant sous la surveillance d’un médecin.

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    -Liens-

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Anneliese_Michel

    http://www.youtube.com/watch?v=qr-IdHU3A5M

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    -Source-

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    Magazine « Mondes Etrange » n° 11 d’avril 2011
     

     

     
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