• Les choses étranges qui tombent du ciel par C. Burkel

     
    Chaque année, au début de la saison des pluies, les habitants de Yora, au Honduras, rassemblent tout ce qu’ils ont de sceaux, de tonneaux  et de filets dans l’attente des poissons qui vont tomber du ciel. 
     
    pluie de poisson
     
    Et chaque année, pour aussi longtemps que l’on s’en souvienne, les sardines sont tombées par tonneaux entiers. « L’averse de poissons », comme disent les Honduriens, commence vers 4 ou 5 heures du matin, et est suivie d’une tempête électrique. Les poissons retrouvés, vivants, sur une plaine herbeuse au sud-ouest de Yoro.
     
    En 1883, des paquets d’une substance laiteuse ont recouvert des kilomètres de campagne près du village français de Montussan ; ailleurs sont tombées des bandes d’un matériau soyeux, comme d’une vaste mercerie aérienne.
     
    En de nombreux endroits de la planète sont tombées des quantités phénoménales de grenouilles et de crapauds ; parfois aussi des escargots, des vers et des serpents. On a également vu du sang dégoutter du ciel, des grains et des haricots en tomber, mais aussi de la viande et de la graisse, comme si d’invisibles greniers et abattoirs naviguaient au-dessus de nos têtes. (Peut-être nos visiteurs de l’espace ?)
     
    Ce sont ces cas, et bien d’autre que je vais vous présenter dans cet article (C. Burkel).
     
    En termes de vraisemblance, ils vont de plus ou acceptable au totalement délirant. Et à l’autre extrémité du spectre, on trouve des événements qui peuvent en fait appartenir à un autre domaine le l’inexplicable. On peut par exemple concevoir que des pierres non météoriques tombent du ciel, éjectées par un volcan. Mais que de telles chutes de pierres se produisent de façon répétée sur les deux mêmes toits adjacents sollicite sérieusement notre imagination ; et que des grêles de pierres sélectionnent et poursuivent telle où telle personne (comme ce fut le cas pour deux pêcheurs en 1957) dépasse déjà l’entendement. Mais que des pierres tombent d’un plafond intact ou à l’intérieur d’une tente (la victime étant cette fois un garçon de ferme australien, en 1957)
     
    Comme en 2005  des pierres qui tombent du ciel sur des chercheurs d’OVNI au Col de Vence, en France, de tels incidents fait passer du royaume matériel à celui des poltergeists.
     
    -AVANT 1600-
     
    De tels récits existent dans l’histoire récente ; mais ce qui ressemble le plus à la calamité qui frappa la Paconie et la Dardanie est le récit de la deuxième plaie d’Egypte, dans l’Exode (7,26- 8,10)
     
    D’anciens historiens, comme Procope, Marcellinus et Théophane, font état d’une pluie de poussière noire en l’an 472 av. J-C. Pendant laquelle le ciel paraissait en feu. Le lieu de l’averse n’est pas certain, mais il pourrait s’agir de Constantinople.
     
    Pendant le règne de Charlemagne (768-814), un gigantesque bloc de glace prés de 30 mètres cubes serait tombé du ciel (C. Flammarion, l’Atmosphère, p.398)
     
    La plupart des chutes célestes des anciens temps ont leur contrepartie moderne, mais quelques-unes sont uniques. Il n’existe ainsi aucun exemple moderne de la pluie de grosses souris jaunes de Bergen, en Norvège, en 1578, ou celle de lemmings de 1579 (The Journal of Cycle Research, janvier).
     
    -DE 1640 A 1700-
     
    En juin 1642, des morceaux de soufre brûlant de la taille d’un poing, tombèrent du ciel sur le toit du château de Loburg, à 25 kilomètres de Magdburg, en Allemagne orientale. (Rapport de l’association britannique pour l’avancement des sciences, 1874, p. 272).
     
    On vit tomber en Italie, en 1652, un météore lumineux auprès duquel on retrouva de la « gelée d’étoiles » (Annals of Philosophie, août 1826.) Voir, dans cette section, d’autres chutes de matière gélatineuse associées à une chute présumée de météorites.
     
    Une substance fibreuse  ressemblant à de la soie bleue tomba en grande quantité à Naumburg, en Allemagne orientale, le 23 mars 1665, (Annals of Philosophy,  août 1826,).
     
    Le mercredi précédant Pâques 1666, un champ de deux ares à Cranstead dans le Kent, en Angleterre fut trouvé recouvert d’innombrables poissons de la taille du petit doigt d’un homme. On supposa qu’ils étaient tombés pendant un violent orage, et tous ceux qui les virent parlèrent de jeunes merlans. Mr. Ware, le propriétaire du champ, estima qu’il y en avait environ un boisseau, tous au même endroit, et on en envoya quelques-uns à Londres pour les faire examiner. Les merlans sont des poissons d’eau de mer ; Cranstead se trouve à 16 et 11 kilomètres des étendues d’eau salée les plus proches, les estuaires de la Tamise et de la Medway.(J. Michell ET Rikard ? Anthologie des phénomènes bizarres, étranges et inexpliqués)
     
    Des flocons d’un matériau fibreux, noir comme le charbon, tombèrent, vers 1687, sur la neige fraîche, à Memel, en Lituanie. Les flocons étaient humides, sentaient l’algue pourrie et se déchiraient comme du papier. Une fois secs, ils n’avaient plus d’odeur. Certains ont été conservés cent cinquante ans ; à l’examen, on trouva qu’ils étaient constitués en partie « de matière végétale, essentiellement « Conferva crispata » une algue verte filandreuse, et de 29 espèces différentes d’infusoires. (Minutes de l’Irish Academy, décembre 1839).
     
    Une substance nauséabonde, de la consistance du beurre, tomba sur un vaste territoire dans le sud de l’Irlande durant l’hiver et le printemps de 1696. D’après l’évêque de Cloyne, cette « rosée puante » tombait par petits paquets de la grosseur du bout du doigt. Elle était molle, humide, et d’une couleur jaune foncée. Dans les champs, le bétail continuait à paître comme si de rien n’était. D’après Mr. Robert Vans, de Kilkenny, la population local vit dans ce « beurre » un remède précieux, et le récolta dans des pots. (Minutes de la Royal Society of London, mars-mai 1696).
     
     
    -DE 1700 A 1800-
     
     
    Un globe de feu tomba sur l’île de Lethy, en Inde ; on trouva de la matière gélatineuse au point de chute (The Edinburgh Philosophical Journal, octobre 1819).
     
    La substance connue sous le nom de « cheveux d’ange » est déjà mentionnée dans le (The Natural History of Selborne par Gilbert White). Il décrit comment, le 21 septembre 1741, parti dans les champs avant l’aube, il trouva l’herbe recouverte d’une telle épaisseur de « toiles d’araignée » que son chien n’arrêtait pas de se frotter les yeux. Puis, vers 9 heures, il se passa quelque chose de très bizarre ; une averse de toiles d’araignée tombant de régions très élevées et qui continua sans interruption jusqu’au crépuscule. Ces toiles n’étaient pas de simples fils agglomérés, flottant dans touts les directions, mais formaient des flocons parfaits, larges de plus de 2centimètres et longs de 15, tombant très vite, comme s’ils étaient beaucoup plus lourds que l’air. De quelque côté que l’on tournât les yeux, on voyait tomber constamment de nouveaux flocons, scintillants comme des étoiles quand ils se tournaient dans le soleil.
    On ne sait pas exactement quel territoire couvrit cette averse ; mais elle toucha Bradley, Selborne et Alresford, qui forment un triangle grossier dont le plus petit côté fait une douzaine de kilomètres.
     
    Le 5 mai 1786, dernier jour d’une sécheresse qui durait depuis novembre, « une grande quantité » d’œufs noirs tombèrent sur Port-au-Prince, à Haîti. Ils arrivèrent à éclosion le lendemain, et certains de ces animaux tombés du ciel furent conservés dans une bouteille d’eau. Les créatures changèrent de peau à plusieurs reprises ; elles ressemblaient à des têtards.
    (Moreau de Saint-Rémy, séjour d’un naturaliste à la Jamaïque.).
     
    Le récit suivant est celui d’un déluge de crapauds, tombé en France sur le village de Lalain, en 1794 : Il faisait très chaud. Soudain, vers 3 heures de l’après-midi, il tomba une telle abondance de pluie que 150 hommes de la grande garde furent obligés de quitter la dépression qu’ils occupaient pour ne pas être noyés. Mais quelle ne fut pas leur surprise de constater qu’avec l’eau se mettaient à tomber d’innombrables crapauds, de la taille d’une châtaigne, qui mirent à sauter dans toutes les directions. 
    M. Gayet (l’informateur), qui n’arrivait pas à croire que ces myriades de reptiles pussent tomber avec la pluie, étendit son mouchoir, tenu aux deux autres coins par un camarade, à hauteur d’homme ; ils attrapèrent ainsi un grand nombre de crapauds, dont la plupart avaient la partie postérieure allongée, c'est-à-dire à l’état de têtard. Pendant le déluge, qui dura environ une demi-heure, les hommes de la grande garde sentirent nettement les chocs des crapauds en train de tomber sur leur chapeau et leurs épaules. Comme preuve finale de la réalité du phénomène, M. Gayet ajoute qu’ils retrouvèrent, une fois la tempête passée, des bestioles dans les replis de leurs tricornes. (Monthy Weather Review, mai 1917).
     
    -DE 1800 A 1830-
     
    Le 21 Janvier 1803, une étoile filante vint tomber en Silésie, entre Barsdorf et Freiburg ; elle avait une trajectoire oblique, et les témoins entendirent un sifflement quand elle passa. La météorite parut continuer à brûler quelque temps sur le sol, et le point d’impact fut facile à repérer. Le matin, on trouva une masse gélatineuse dans la neige au point de chute. Le compte rendu de l’incident ne précise ni le moment de la chute ni la présence du moindre signe de neige fondue aux alentours de  la météorite. 
    (Minutes de l’Association britannique pour l’avancement des sciences, 1860.).
     
     
    Un objet nauséabond, recouvert d’une sorte de toile, tomba à Amherst, dans le Massachusetts, le 13 août 1819. Il fut examiné par le professeur Rufus Graves, qui ôta la toile et découvrit une substance pulpeuse, couleur chamois, en dessous. Exposée à l’air, cette substance prit une teinte livide, semblable « à du sang veineux ». L’objet serait tombé en émettant un éclat lumineux. (Annual Register, 1821).
     
    Pour un jour de juillet, en 1827, des paysans du pays de Galles virent une demi-tonne de foin voguer dans le vent ; il en tomba par poignées. (Illustrated London News, 24 juillet 1827).
     
    En mars 1832, une substance jaune tomba sur les champs, près de Volokolamsk, en Russie. Les habitants pensèrent tout d’abord à de la neige décolorée, pour découvrir rapidement que le matériau ressemblait beaucoup à du coton. On en mit un morceau dans du feu, où il brûla avec une flamme bleue ; on en mit au autre à tremper dans l’eau, où il devint comme résineux ; placé alors sur un feu, il se mit à bouillir et à faire des bulles, mais ne brûla pas. La résine était couleur d’ambre, avec une texture gommeuse, et sentait « l’huile mélangée à la cire ». La zone recouverte faisait environ 70 mètres carrés, sur 5 centimètres d’épaisseur. (Annual Register, 1832.).
     
    A l’endroit où les citoyens de Rahway, dans le New Jersey, virent tomber une « pluie de feu », le 13 novembre 1833, ils trouvèrent des blocs de gelée. Une femme qui trayait une vache à West Point, le même jour, vit quelque chose atterrir près d’elle avec un bruit mou. C’était une masse aplatie de la taille d’une assiette, parfaitement transparente. Cela se passait au lever du soleil. Lorsque vers 10 heures elle alla chercher des gens pour la leur montrer, elle ne retrouva plus rien. A la place, un garçon trouva de petites particules blanches de la taille d’une tête d’épingle, qui tombèrent en poudre et disparurent quant il essaya de s’en saisir. Ces incidents furent signalés en relation avec une pluie de météorites qui se produisit au-dessus des Etats de l’est des Etats-Unis, le 13 novembre.  (The American Journal of Science and Arts, janvier 1834.).
     
    Immédiatement après un assourdissant coup de tonnerre, en 1849, un bloc de glace de 7 mètres de diamètre et d’une épaisseur égale, tomba sur la ferme de Balvullich, près du village d’Ord, sur l’île de Skye, en Ecosse. La glace était presque parfaitement transparente, et composé de cristaux de forme carrée ou en têtes de diamants, de 8 centimètres. Le phénomène ne fut cependant accompagné ni de pluie ni de grêle. ( The Edinburgh New Philosophical Journal, 1849).
     
    -DE 1850 A 1870-
     
    Au camp militaire de Benicia, près de San Francisco, les soldats reçurent une averse de pluie de sang et de morceaux de viande, le 20 juillet 1851, au cours d’un exercice. Le médecin militaire, qui examina des échantillons allant « de la taille d’un œuf de pigeon à celle d’une orange », remarqua certains morceaux avariés. (San Francisco Herald, 24 juillet 1851).
     
    Une poudre couleur vert-de-gris tomba sur Shanghai, le 16 mars 1846. Elle parut tout d’abord être constituée sous le microscope, de deux types de poils. Observée avec un appareil plus puissant, on déclara qu’elle était composée de confervae, une sorte d’algue. Lorsqu’on brûla les fibres, néanmoins, elles dégagèrent « l’habituelle odeur d’ammoniaque et la même fumée que les cheveux ou la plume ». D’après le rapport, la chute s’étendit sur une superficie de 8000 kilomètres carrés. (The Journal of Asistic Society of Bengal, février 1847).
     
    Le 17 juin 1857, un fermier d’Ottawa (Ilinois) entendit un sifflement et, levant les yeux, vit une pluie d’escarbilles se dirigeant vers le sol. Elles atterrirent à 20 mètres de lui dans un nuage de vapeur. Les plus grosses étaient presque complètement enterrées, les plus petites, à moitié. Mr Bradley remarqua un petit nuage noir et dense, suspendu au-dessus du jardin. Si le temps était à la pluie, il n’y avait eu ni tonnerre ni éclair. ( The American Journal of Science Arts, novembre 1857).
     
    Pendant une violente tempête, des cailloux noirs anguleux sont tombés sur Wolverhampton (Angleterre, en telle quantité qu’il a fallu les dégager à la pelle. ( La Science pour tous, 19 juillet 1860.).
     
    On aurait dit que du feu tombait du ciel comme de la pluie, pendant dix minutes, ce 18 octobre 1867, à Thames Ditton, en Angleterre. Au matin, les flaques et les tonneaux sous les descentes étaient recouverts d’un épais dépôt de soufre. (Symon’s Monthly Meteorological Magazine, décembre1867.).
     
    -DE 1880 A 1890-
     
    Une averse de pierres chaudes tomba à l’extérieur des bureaux de News and Courier, un journal de Charleston, en Caroline du Sud, à 2 h 30, le 4 septembre 1886 ; une autre averse se produisit à 7 h 30, et une dernière à 13 h 30. On aurait dit que les pierres tombaient d’un point situé juste au-dessus des bureaux, dans une zone très délimitée. Elles tombaient avec force et se brisaient parfois sur la chaussée. Il s’agissait de galets de silex poli, dont les plus petits avaient la taille d’un grain de raisin, les plus gros celle d’un œuf de poule.
    Une partie fut ramassée. (Newws E Courier , 6 septembre 1886.).
     
    -DE 1900 A 1910-
     
    Le soir du dimanche de la Trinité, en 1908, le curé de Saint-étienne-lès-remiremont, dans les Vosges, se trouvait confortablement installé dans son presbytère, plongé « dans un gros traité de géologie ». Il venait de lire quelques pages sur la formation de la glace, lorsqu’il entendit s’ouvrir la porte du presbytère sur Mlle André, qui l’appela : « Monsieur le curé, venez vite, ils fondent ». A contrecoeur--- il souffrait de rhumatisme ! L’abbé Gueniot alla voir ce qui se passait.
     
    Voici son témoignage :
     
    « Regardez, me dit-elle, voici l’image de Notre Dame du Trésor imprimée dans un grêlon. »
    «Allons, ne me racontez pas de bêtises », répondis-je. Afin de lui faire plaisir, je jetai un coup d’œil aux deux grêlons qu’elle tenait dans la main. Mais comme je ne voulais rien voir, et surtout voyais mal sans mes lunettes, je voulus retourner à mon livre.
    « Je vous en prie, mettez vos lunettes », me supplia-t-elle. C’est ce que je fis, et vis distinctement à la surface des grêlons, qui étaient légèrement convexes, le buste d’une femme avec une robe retournée en bas comme une chape de prêtre. Il serait plus juste de dire, peut-être, qu’elle était comme la vierge des Ermites. Le contour de l’image était légèrement creux, mais fermement dessinée. Melle André me demanda de remarquer certains détails du costume, mais je refusai de regarder d’avantage.
     
    J’avais honte de ma crédulité, convaincu que la Sainte Vierge ne se souciait guère d’imprimer sa photographie sur des grêlons. Je dis « Ne voyez-vous pas que ces grêlons sont tombés sur des légumes qui leur ont imprimé ces dessins ? Emportez-moi ça, ils ne m’intéressent pas. » Je retournai à mon livre, sans m’occuper davantage de ce qui s’était passé.
    Mais je n’avais pas l’esprit tranquille, à la pensée de ces étranges grêlons.
     
    J’en ramassai trois pour les peser, mais sans les examiner de près. Ils faisaient entre 160 et 180 grammes. L’un d’eux était une sphère parfaite, comme une balle d’enfant, et portait une sorte de couture, comme s’il avait été moulé. (Des grêlons portant ce genre de trace est rare.) Pendant mon souper, je me dis que, tout de même, ces grêlons avaient une forme inhabituelle et que l’impression, sur les deux que j’avais examinés, était trop régulière pour être due au hasard.
    Mais je me raidis contre toute explication surnaturelle, ayant honte de m’y être laissé aller ne serait-ce qu’un instant.
     
    La chute de grêle était terminée lorsque le prêtre eut fini de dîner, et il alla évaluer les dégâts causés dans le jardin. A sa grande  surprise, il trouva ses légumes en bon état, mais il apprit plus tard que la grêle avait brisé quelque 400 vitres dans la région. La tempête semble avoir produit deux sortes de  grêlons ; ceux portant l’image miraculeuse, et une variété plus grosse et destructrice. « Ce qui parait le plus digne d’être relevé, ajoute le curé, est que les grêlons, qui auraient du être violemment précipités sur le sol, selon la loi d’accélération de la chute des corps, semblent être tombés d’une hauteur de quelques mètres à peine, c’est-à-dire lentement. »
    Vers 19 h 30 , la nouvelle, courut dans le voisinage du presbytère, que de nombreuses personnes avaient vu l’image de Notre Dame du Trésor dans les grêlons, et parmi elles, certaine lui avaient trouvé une forme de médaillon. Les enfants les avaient recueillis dans leur tablier et montrés à leurs parents, qui avaient vérifié la présence de l’image. Certains remarquèrent même des détails comme la couronne de la Vierge, l’Enfant Jésus, les franges de la robe. Etait-ce le résultat de leur imagination ? Cependant sauf en ce qui concerne ces détails, il n’y a aucun doute que la plupart de ces grêlons portaient distinctement l’image de Notre Dame du Trésor. Le laitier, le lendemain matin, en revenant de Remiremont, dit que beaucoup de gens, en ville, avaient vu la même chose.
     
    Le dimanche suivant, après vêpres, le curé recueillit cinquante signatures de personnes « absolument convaincues de la vérité de leur observation ». Il n’attacha pas beaucoup d’importance à ces signatures, qui auraient pu être données sous influence, mais elles furent faites spontanément. Le prêtre conclut en marquant que, bien que le conseil municipal de Remiremont eût interdit une « magnifique procession qui était en préparation », pour le dimanche de la Trinité, l’artillerie céleste avait engendré une procession verticale que personne n’oublierait. (English Mechanic and World if Science, 12 juin 1908.) 
    Une pluie de grêle semblable s’était produite en 1552, à Dordrecht, en Hollande)
     
    -DE 1910 A 1950-
     
    Des cailloux commencèrent à tomber du ciel sur la ville de Chico (Californie), en juillet 1921, et tombaient encore par intermittence en novembre. Le phénomène n’attira guère l’attention jusqu’en janvier, où J. Peck, un habitant, entreprit une enquête. Ses conclusions furent publiées dans l’Examiner de San Francisco du 14 mars. Il avait vu et entendu des pierres, tomber, sans pouvoir se l’expliquer ; il soupçonnait « quelqu’un avec une machine » d’en être à l’origine. Le mystère resta cependant entier.
     
    D’après le professeur Studley (dans le même article », certains des rochers sont trop gros pour être envoyés par les moyens ordinaires ; l’un d’eux pesait 400 grammes. Ils ne sont pas d’origine météorique, comme on l’a suggéré, car ils présentent des signes de cémentation, naturelle ou non, facteur ne correspondant jamais aux météorites.
     
    En mars 1922, le Chronicle de San Francisco publia une série d’articles sur la question. Ces rochers étaient tombés par intermittence sue Chico, disait le journal, au cours des quatre derniers mois, la plupart du temps sur les toits de deux entrepôts mitoyens. Il décrit une averse » de pierres ovales et chaudes », et une journaliste, Miriam Allen de Ford, écrit : « Je regardais le ciel sans nuage, lorsque je vis un rocher tomber tout droit, comme s’il était devenu visible en se rapprochant. Il fit un bruit sourd sur le toit d’où il rebondit sur le chemin qui passe derrière l’entrepôt, mais je n’ai pu le retrouver. » Une personne aurait été blessé, le 17 mars, au milieu d’une foule, par l’une de ces pierres. (C. Fort, le livre des damnés, p.  197).
     
    Un grand nombre de pièces d’argent tombèrent en Russie centrale pendant une tempête en août 1940. (J. Michell et R. Rickard, étranges et inexpliqués.).
     
    Deux officiers de police, John Collins et Joe Keenan, roulaient dans Philadelphie en voiture de patrouille, dans la nuit du 26 septembre 1950. Comme ils descendaient une rue paisible près de Vare Avenue, leurs phares éclairèrent un étrange objet scintillant qui semblait en train de se poser dans un terrain vague, à un demi pâté de maisons. Une fois sur place, leurs torches électriques leur révélèrent un disque bombé de gelée pourpre tremblotante, de 1,80 m de diamètre, de 30 centimètres au centre et de 3 à 5 centimètres sur les bords. Ils avaient l’étrange impression que la chose était vivante. Ils éteignirent leurs lampes, et virent qu’elle dégageait une faible lueur pourpre.
     
    Sur un appel radio, ils ne tardèrent pas à être rejoints par le sergent Joe Cook et le policier James Cooper. Cook proposa qu’ils tentent de ramasser la chose, mais elle se défit comme de la gélatine entre les mains de Cooper quand il voulut s’en emparer. Les débris restés collés à ses doigts s’évaporèrent rapidement, ne laissant qu’une écume collante et sans odeur.
    La chose avait complètement disparu une heure après l’arrivée de Cook et Cooper. ( Frank Edwwards, Strange World, p. 344.).
     
    Le 17 octobre 1952, les habitants d’Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées, aperçurent un objet en forme de cigare, volant selon un angle de 45° au-dessus de leur ville, accompagné de trente objets plus petits en forme de soucoupe. Dix jours plus tard, on vit le même spectacle au-dessus de Gaillac. Les deux fois, une substance arachnéenne tomba du ciel, qui devint gélatineuse et s’évanouit lorsqu’on voulut la recueillir. ( Aimé Michel, la vérité sur les soucoupes volantes.)
     
    Par un après-midi de novembre, en 1958, de la pluie tomba pendant deux heures et demie sur une zone de 2 mètres carrés au domicile de Mme R. Babington à Alexandria, Louisiane. Le ciel était alors parfaitement clair, et ni la station de météo local ni la base aérienne militaire voisine ne purent fournir la moindre explication du phénomène. (The Alexandrian Daily Town Talk, 11 novembre 1958.)
     
    DES EXPLICATIONS SUR CES MYSTERES
     
    Outre les explications plus ou moins scientifiques de chutes célestes, on trouve d’autres qui font appel à des mécanismes encore plus mystérieux que les phénomènes à expliquer. Ce sont celles qui font appel au surnaturel, aux extraterrestres et à  la courbure du temps, les dimensions différentes.
     
    L’hypothèse « extraterrestres » veut que des vaisseaux spatiaux étrangers a notre planète,  pour des raisons non spécifiées, mais peut-être scientifiques, voire culinaires, viennent recueillir des matériaux terrestres et les relâcher par la suite, tout ou en partie. Ou bien férus d’horticulture, d’élevage, ou atteints d’accès de philanthropie, nos visiteurs nous bombarderaient de cadeaux depuis une planète semblable à la nôtre, à travers la haute atmosphère.
     
    Dans la théorie surnaturelle, ce sont cette fois des dieux, des démons, des esprits et autres poltergeists qui sont d’au moins une partie des envois célestes. Les défenseurs de cette thèse donnent les cas dans lesquels des étangs à sec se sont trouvés pleins de poissons adultes après un abat d’eau comme exemple d’une surnaturelle bienveillance, et ceux de chutes de pierres pour illustrer la malveillance démoniaque.
     
    La thèse qui fait appel au temps imagine que les mondes dans une autre dimension, mais d’une structure identique au nôtre, et que c’est ainsi que tombent chez nous des poissons, blocs de glace, des pierres, ou de la gelée. Par ailleurs, s’il est vrai que des objets se matérialisent dans notre monde, venant d’un autre, cet autre constate sans doute la disparition correspondante. Il se peut donc que se produise le contraire d’une chute céleste, et que certains objets disparaissent, aspirés ailleurs.
     
    Nous n’avons aucune preuve de cela, bien entendu ; mais si de tels incidents se produisaient, nous nous sentirons plus à l’aise à imaginer  les objets passés dans un monde parallèle.
    C’est pourquoi je rapporte ici deux exemples de disparitions étranges.
     
    Mercredi 29 juin 1842 a pu  être observé un phénomène absolument extraordinaire et d’une grande rareté, dans le voisinage immédiat de Cupar, (Ecosse). Il était environ 12h30, le ciel était clair et l’atmosphère parfaitement calme, et cela  depuis le matin.
     
    Une fille employée à battre le linge dans un lavoir sur un terrain situé au-dessus de la ville, appelé les Communs, entendit un bruit retentissant et déchirant venir d’en haut, auquel succéda une rafale de vent d’une incroyable violence qui ne dura que quelques instants. Regardant autour d’elle, elle aperçut l’ensemble des vêtements, draps et autres articles éparpillés sur l’herbe, jusqu’à plusieurs centaines de mètres de distance ; d’autres néanmoins, et en particulier  un bon nombre de rideaux et d’objets plus petits, furent enlevés à une grande hauteur, si bien qu’elle finit par les perdre de vue ; ils avaient pris la direction du sud-est, et on n’en entendu plus jamais parler. Au moment du bruit fracassant ayant précédé le vent, on vit le bétail, dans la prairie voisine, se mettre à courir en tous sens, affolé ; il parut rester encore quelque temps dans cet état de terreur.
     
    La violence du vent fut telle qu’une femme qui tenait une couverture, la lâcha, de crainte d’être  emportée ! Il est remarquable qu’alors que les articles les plus lourds se trouvaient emportés de toute la surface du pré et qu’avaient sauté toutes les pinces à linge qui en retenaient certains, des pièces plus légères, qui se trouvaient simplement posées sur les côtés, dans les taillis, ne furent même pas déplacées. (Le Times de Londres reprit, le 5juillet 1842 ? Un article paru dans le Fife Herald, un journal écossais).
     
    On trouve dans le numéro de juillet 1880 du Scientific American ce compte rendu emprunté au Plain Dealer de East Kent, dans l'Ontaria :
     
    Mr David Muckle et  Mr W. Mc Kay, se trouvaient dans un champ sur une ferme de Mr Muckle, lorsqu’ils entendirent un bruit soudain, violent, comme une détonation de canon. Ils se tournèrent juste à temps pour voir un nuage de pierres s’envoler depuis un coin du champ. Confondus de stupéfaction, ils allèrent examiner l’endroit, qui était circulaire et avait un diamètre d’environ 5 mètres ; il n’y avait cependant ni signe d’éruption, ni trace d’un objet lourd. Le terrain était simplement comme nettoyé à fond. Ils sont sûrs qu’il ne s’agissait pas d’une météorite, d’une éruption ou d’une tornade.
     
    *
     
    Fait le 4 Mai 2007
     
    claude burkel avatar  

     

     

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