• DES MONSTRES PREHISTORIQUES VIVENT-ILS ENCORE SUR TERRE ?

      

    DES MONSTRES PREHISTORIQUES VIVENT-ILS ENCORE SUR TERRE ?


    Est-il possible que des dinosaures, que des reptiles volants, du genre ptérodactyle, survivant à l’ère secondaire, se terrent encore dans des recoins secrets du continent noir ? C’est à cette question que c’est efforcer de répondre Bernard Heuvelmans dans un de ses ouvrages, Les Derniers Dragons d’Afrique, chez Plon, en y mettant toute sa rigueur de zoologiste éprouvé.

     

    Bernard Heuvelmans (1916 - 2001), pour édifier cette œuvre, a pu se baser sur une documentation unique. Toute sa vie, l’auteur s’est spécialisé dans une science dont il est pratiquement le créateur : la cryptozoologie, c’est-à-dire l’étude des animaux cachés, de grande taille, que la science n’a pas encore reconnus officiellement. Ce travailleur acharné, passionné- un seul de ces livres lui a demandé sept années d’enquêtes- a publié, en 1955, deux gros volumes, qui furent traduits dans le monde entier : Sur la piste des bêtes ignorées, qu’il fit suivre de Dans le sillage des monstres marins, du Grand Serpent-de-mer, de l’Homme du Neandertal, suite d’œuvres qui lui valurent des correspondants dans tous les continents, savants, explorateurs, zoologistes, pionniers, qui lui apportèrent leurs témoignages, lui contèrent leurs propres expériences, lui firent le récit de leurs aventures.

    Bernard Heuvelmans a dû analyser des centaines de pièces à conviction. Il s’est penché sur des photos, a convoqué des experts, s’est rendu lui-même aux quatre coins de l’Afrique pour se renseigner sur place et pour composer ce livre dans lequel il dénonce les mystifications, les méprises, examine scrupuleusement les représentations indigènes- statues, masques, gravures rupestres- et s’efforce de découvrir ce qui peut être réel sous la floraison des mythes, sous les exagérations des superstitions locales, sous les images du folklore (ou celles suggérées par la terreur) et rendre leurs vraies dimensions aux monstres qui hantent encore les grands lacs, les déserts, les marécages africains. Il écartait le fantastique mais donnait ses preuves contre ceux qui nient catégoriquement l’insolite. Il ne faut pas croire que la faune d’Afrique du Nord soit parfaitement connue, affirme t-il. Dans l’Atlas saharien il existe encore une espèce de serpent de taille considérable. En 1959, des militaires français du 26ème dragon durent employer une mitrailleuse pour tuer un serpent, qui, non seulement approchait vingt mètres de long, mais possédait une crinière ! En 1967, près de Colomb-Béchar, lors de la construction du barrage, des ouvriers aux terrassements coincèrent contre un rocher avec les dents de leur excavatrice, un serpent de sept mètres. La tête se débattit vingt minutes. Les crochets du monstre mesuraient six centimètres de longueur. Ces histoires de serpents gigantesques peuvent aussi se rapporter au python de Seba qui atteint souvent dix mètres et qui est très agressif. Elles peuvent être aussi mises en rapport avec des vipères, dont la tête est ornée d’une crête.

    La légende du basilic, mi-serpent, mi-coq, dont le regard peut donner la mort, est-elle liée à celle de ces serpents qui, paraît-il, sous l’emprise de la peur ou de la colère, peuvent émettre des sortes de cris ? Parmi les serpents mystérieux, le commandant Imbard, de Ouargla, a communiqué qu’il existait, dans sa région, un animal appelé Taouerhouet par les Touaregs, reptile très cout, gros comme une outre, poilu, poussant des cris comme un chevreau. En Rhodésie, il existerait un serpent de très grande taille, dont la tête est alourdie d’une crête et de barbillons rouges, comme ceux d’un coq. En Afrique du Sud, dans le Basutoland, les Bushmen affirment que vivaient dans leur contrée, du temps de leurs ancêtres, d’énormes serpents réfugiés dans les grandes eaux et qui tuaient, parfois, jusqu’à trois guerriers d’un simple coup de mâchoire lorsqu’on les traquait. Est-ce l’un d’eux que ce grand serpent du fleuve Orange, qui aurait sa retraite près de ce cours d’eau et qui ferait des ravages parmi le bétail ? Il s’agit d’un animal gigantesque, serpentiforme, avec un long cou et des dents terribles. En 1947, on a parlé d’un autre monstre qui pataugeait au fond d’une ancienne mine de diamants, à Kimberley. Il était couvert d’écailles, mesurait six mètres, avait l’aspect d’un crocodile monstrueux. Quelques années plus tard on parla à nouveau de ce monstre. Il était alors décrit avec un long cou, de longues oreilles, la taille d’un taureau et des ailerons. Pour Bernard Heuvelmans la bête correspondrait à la bête marine qu’il a nommée « le Long cou ». Il aurait pu remonter le cours du fleuve Orange, puis la formation de chutes d’eau l’aurait empêché de regagner la mer.

    Dans les marais du haut Nil vivrait une bête fabuleuse, le Lau, qui posséderait, pour les uns, une corne sur le ventre, pour d’autres des nageoires filamenteuses avec lesquelles elle saisirait ses victimes. Peut-être s’agit-il là d’une forme gigantesque de poisson-chat, ces silures, dépassant couramment trois mètres. En Angola sévit un monstre que les indigènes nomment le Lipata et qui pourrait appartenir à une variété géante de crocodile d’une espèce encore inconnue. Pourquoi ne s’agirait-il pas d’un animal préhistorique ? Dans le bassin du Congo auraient encore survécu une ou plusieurs espèces de Machairodus, félins à dents de sabre, appelés Dingonek par les Lumbwa, Ol-Umaina par les Massaïs. Ils sont connus par les pygmées qui les redoutent comme panthères d’eau ou lions d’eau. Sous ces différents vocables, on insiste toujours sur leur caractère aquatique et féroce. Dans deux ou trois régions du continent noir, très éloignées les unes des autres- moyen Zambèze, Gabon, Bénin- vivraient des animaux amphibies qui semblent être de petits dinosaures au corps épais comme celui de l’éléphant. C’est dans l’Ouest africain, là où la forêt équatoriale reste inviolée, que la survie de ces animaux a le plus de chances d’être assurée. Un indigène de l’Oubangui a donné des détails précis sur l’une de ces bêtes échappées de la préhistoire : il posait des nasses sur la rivière Ouaka, lorsqu’il vit un monstre qui mangeait des feuilles d’arbres. La tête était plate, plus large que celle d’un python ; son cou gros comme la cuisse d’un homme et beaucoup plus long que celui d’une girafe. Sa peau était lisse comme celle d’un serpent.

    Au milieu du siècle dernier, Livingstone avait recueilli des informations sur la survivance en Afrique d’énormes sauriens préhistoriques dans les grands fleuves et dans les marais tropicaux. Carl Hagenbeck, le roi des zoos, organisa même, au début des années 1900, une expédition pour capturer un animal mi-dragon, mi-éléphant, qui, selon lui, était un brontosaure. Les fouilles paléontologiques ont révélé que des dinosaures avaient bien vécu, autrefois, dans l’Est africain, et des sauriens inconnus ont été signalés aussi bien dans le lac Victoria que dans le grand désert du Kalahari, à la pointe australe de l’Afrique. Au Cameroun, en 1932, deux naturalistes ont entendu un vacarme infernal dans une caverne baignée par le fleuve Mainuy. Ils virent surgir du gouffre une tête colossale. Le célèbre aventurier Jordan a tiré sur un grand animal écailleux, à tête de loutre et défenses de morse, qui nageait dans le fleuve Gori. Sans doute reste-il encore assez d’eaux vierges sur le continent noir pour nourrir les rêves les plus fous des naturalistes. Au-dessus de l’Afrique tropicale, les Kitui Wamba parlent d’une énorme bête volante qui descend la nuit du mont Kenya. Le docteur Laslo Ska, médecin hongrois, a confié à Heuvelmans qu’un ptérosaurien avait été aperçu près du Kilimandjaro : un reptile volant à bec pointu et à longue queue. Lyan Anderson a raconté comment, en 1932, il fut attaqué par « une chose noire, de la taille d’un aigle, dont la mâchoire inférieure possédait des dents acérées ». Au Cameroun britannique les indigènes sont terrorisés par un dragon ailé qu’ils nomment Olitiay. Un authentique ptérodactyle ou une chauve-souris monstrueuse ? Le mystère demeure complet. Des rumeurs relatives à ces dragons sont parvenues de Zambie et de Rhodésie du Sud. Un fonctionnaire de ce dernier pays a raconté que personne ne veut s’aventurer dans un marécage de cette région. Un indigène tenta d’y pénétrer ; il revint avec une profonde blessure à la poitrine. Il avait été attaqué par un énorme oiseau à long bec. On lui présenta un livre où étaient dessinés des animaux préhistoriques et, lorsqu’il vit la gravure qui figurait un ptérodactyle, il s’enfuit en hurlant : il avait reconnu son agresseur… En 1957, plusieurs personnes affirmèrent avoir vu des ptérodactyles près des chutes du lac Victoria. C’était lors de la construction d’un barrage pour lequel on avait déboisé et inondé la contrée. Il était normal de voir surgir des bêtes insolites qui cherchaient refuge ailleurs. D’une manière générale, tous ces dragons ailés, qui sèment la terreur parmi les Noirs, sont associés à l’eau, à la forêt.

    « Une tâche urgente s’impose, conclut Heuvelmans, celle de découvrir ces animaux avant qu’ils n’aient disparu. S’il s’agit de ptérodactyles ou de dragons ailés, ayant miraculeusement survécu, ils sont aujourd’hui au bord de l’extinction, et, s’il s’agit d’une forme animale plus moderne, très rare, se cachant dans des régions isolées, il faut protéger et sauver ces survivants des mondes disparus. »

     

    Tyron

    Source : recherches et documentations personnelles


  • Commentaires

    1
    biribibi
    Mardi 10 Août 2010 à 11:22
    Passionnant. Il existe encore beaucoup d'autres histoires de ce types qui ont inspiré nombre de films. J'adore ce genre.
    2
    Tyron29 Profil de Tyron29
    Mardi 10 Août 2010 à 11:24
    Oui tout ceci est passionnant ! Le meilleur reste a venir...
    3
    Baby2myBB
    Mardi 10 Août 2010 à 13:44
    Super intéressant ! Quelques histoires que je n'avais pas encore eu la chance de lire :) !
    Et évidement, j'ai toujours cru qu'il se cachait de nombreuses créatures préhistoriques sur Terre de nos jours, ca me parait + que plausible. C'est d'ailleurs la cryptozoologie qui me passionne le + et de loin.

    Vivement la suite !
    4
    Tyron29 Profil de Tyron29
    Mardi 10 Août 2010 à 13:59
    Je suis ravi que tu t'intéresse à la cryptozoologie (science des animaux cachés)... Je dois avoir encore d'autres sujets là-dessus, vraiment passionnant, non ?
    5
    Baby2myBB
    Mardi 10 Août 2010 à 14:09
    Oui ca fait pas mal de temps maintenant que régulièrement je m'en vais vadrouiller sur le net a la recherche de perle rare lol ! Deja, j'adore les animaux, je ne pourrai pas vivre sans eux. Mais des animaux préhistoriques alors la, c'est le must !
    Surtout les "monstres" marins qui me plaisent tout particulièrement.
    6
    Atsukeyy
    Samedi 18 Septembre 2010 à 09:57
    ton blog n'est plus un blog , mais un romant :)
    7
    cri-cri
    Mercredi 11 Janvier 2012 à 18:46
    J'ai lu les principaux livres de Bernard Heuvelmans, c'est passionnant et très instructif mais parfois, sans écarter ses hypothèses, je me demande si il ne pousse pas le bouchon trop loin quand il parle de certaines de ses bestioles fétiches (qui marchent sur la tête et à l'envers); cela dit, scientifiquement parlant, la survivance de certains animaux, notamment les félidés (tigre à dents de sabres) et les pinnipèdes (nessie et compagnie) est probable puisque ce sont des mammifères, ainsi que certains reptiles préhistoriques qui, selon les scientifiques, avaient le sang chaud et bien sur, les serpents.
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