• B-3, l’incroyable bombardier américain à 500 millions de dollars pièce

    Publicité de Northrop Grumman pour son futur bombardier (Northrop Grumman)

    L’américain Northrop Grumman a été choisi par le Pentagone pour construire le futur bombardier stratégique de l’US Air Force. Gros plan sur cet appareil qui remplacera le mythique B-52.

     

    C’était le contrat du Pentagone le plus convoité de ces dernières années. Un des plus importants (55 milliards de dollars), depuis celui du chasseur JSF, attribué à Lockheed Martin il y a plus de dix ans. Le ministère de la défense américain a finalement tranché cette nuit : c’est l’industriel Northrop Grumman qui construira le futur bombardier américain, destiné à remplacer les antiques B-52 et le B-1 Lancer. Le groupe de Los Angeles, concepteur du bombardier furtif B-2, grille ainsi la politesse à l’alliance Lockheed Martin-Boeing pour ce contrat de 80 à 100 appareils, dont la livraison devrait commencer au milieu des années 2020.

     

    Quelles seront les caractéristiques de l’avion ? Difficile à dire. Dans ce programme dit L-RSB (Long Range Strike Bomber), aussi surnommé B-3, "tout est classifié, à part le prix unitaire", plaisantait cette semaine William LaPlante, responsable des contrats d’acquisition de l’US Air Force. On sait donc juste que l’appareil coûtera 564 millions de dollars pièce, soit en gros le tarif de cinq Rafale.

    Une "aile volante"

    Le reste est affaire de déductions : l’appareil aura très probablement la forme d’une aile volante, design qui limite sa signature radar. Northrop Grumman maîtrise cette technologie complexe depuis le ruineux développement du B-2, joujou à 1,5 milliard de dollars pièce construit à seulement 21 exemplaires. L’option "aile volante" est crédibilisée par la publicité diffusée durant le dernier Super Bowl par l’industriel américain, qui montrait un appareil au design futuriste protégé par un voile dans un hangar.

    L’appareil, qui sera doté de la capacité nucléaire, devrait aussi afficher une autonomie très conséquente (9.300 km), afin de pouvoir frapper l’ennemi en profondeur en décollant depuis une base américaine. Cette caractéristique semble exclure une vitesse supersonique, qui engendrerait une trop forte consommation de carburant, et donc une portée moindre. L’accent devrait aussi être mis sur les dispositifs de "guerre électronique" (brouillage des systèmes adverses), afin de permettre à l’avion des missions effectuées de jour.

    Mauvais coup pour Boeing

    Avec cette victoire, Northrop réalise un sacré coup fumant : le sixième groupe mondial de défense s’est imposé face aux deux mastodontes du secteur, Lockheed Martin et Boeing, qui trustent respectivement les première et deuxième place du podium mondial. Si Lockheed peut compter sur son programme de chasseurs JSF (ou F-35) pour se consoler (2.457 appareils commandés, 400 milliards de dollars), le coup est rude pour Boeing : le champion américain est en train de sortir de l’aviation de combat, avec la fin de production de ses F-18 et F-15 à l’horizon 2018-2019.

     

    Le géant de Chicago, s’il a gagné le contrat des ravitailleurs américains face à Airbus avec son KC-46A à l’issue d’un appel d’offres contesté, est clairement en perte de vitesse sur ses activités militaires. "Ils pourraient retourner graduellement au statut de fabricant essentiellement civil qu’ils étaient avant l’acquisition de McDonnell Douglas, ou faire une offre sur l’activité d’aviation de combat de Northrop", estime Richard Aboulafia, consultant au cabinet américain Teal Group, cité par Defense News. Plus qu’un simple contrat, le programme de bombardiers B-3 pourrait se révéler le point départ d’une grande refondation de l’industrie militaire américaine.

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