• Sur la piste du Sasquatch

    SUR LA PISTE DU SASQUATCH

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    Par Jean-Baptiste Degras (chercheur indépendant)

     

    Le Yéti de l’Himalaya, le Sasquatch du Canada, le Bigfoot d’Amérique du Nord, l’Almasty d’Asie centrale ou l’Orang-pendek de Sumatra, plusieurs études scientifiques se sont penchées récemment sur une question récurrente dans les milieux cryptozoologiques : ces créatures existent-elles ? Aujourd’hui, certains chercheurs spécialisés n’hésitent pas à répondre… oui ! Le point dans cet article. 

    DES TEMOIGNAGES NOMBREUX AUX QUATRE COINS DU MONDE

    L’année 2012 a été particulièrement prolifique pour les amateurs de cryptozoologie, notamment en ce qui concerne l’existence supposée du Yéti, une créature mystérieuse à l’allure humaine qui hanterait les hauteurs de l’Himalaya, mais aussi les contrées sauvages d’Amérique du Nord et du Canada, où elle est alors appelée Bigfoot ou Sasquatch. Plusieurs observations pertinentes sont venues s’ajouter aux indices déjà collectés depuis une cinquantaine d’années. Car les témoignages évoquant l’abominable homme des neiges sont très fréquents ! Dès 1924, un récit très détaillé de rencontre avec un Sasquatch nous provient d’Albert Ostman, un bûcheron en vacances en Colombie-Britannique.

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    Ce dernier a affirmé avoir été capturé par une famille de Bigfoot (un couple et ses deux enfants) alors qu’il cherchait des mines d’or abandonnées dans une forêt de conifères. Après plusieurs jours de captivité, il parvient à s’échapper et raconte sa pittoresque aventure trente ans plus tard. On y apprend que la créature est un primate humanoïde entièrement recouvert de poils, mais dont le visage rappelle celui des humains, mesurant environ 2,50 mètres pour plus de 200 kilos, doté d’épaules puissantes et d’énormes biceps avec des avant-bras allongés. Ses mains et ses pieds sont immenses ; Ostman note que le gros orteil semble disproportionné et plus puissant que les autres, sans doute pour pouvoir escalader des surfaces rocheuses et escarpées. Ce « géant poilu » possède en outre un langage structuré relativement évolué et communique avec les autres membres de sa tribu. Son régime alimentaire semble se composer exclusivement de végétaux, tandis qu’il dort dans une grotte. Un autre témoignage en provenance du Canada est celui de William Roe, en 1955. Travailleur dans une entreprise de construction routière, il aperçoit un Sasquatch alors qu’il gravit le Mont Mica pour atteindre – lui aussi – une mine d’or abandonnée.

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    Prenant d’abord la créature pour un grizzly, Roe se rend compte qu’il s’agit en fait d’un être sauvage couvert de poils, au torse massif et dont la face rappelle aussi bien le gorille que l’homme. Sa démarche est celle d’un être bipède : c’est le talon qui touche d’abord le sol lorsqu’il se déplace. Un demi-siècle plus tard, des milliers d’autres récits continuent de s’accumuler, avec parfois des « preuves » photographiques et même des films vidéo, la plupart du temps de très mauvaise qualité. Intrigués par les informations concordantes sur le Yéti faites par des témoins vivants parfois à plusieurs milliers de kilomètres de distance, quelques scientifiques ont alors décidé d’étudier le phénomène avec des méthodes rigoureuses.

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    LA SCIENCE FACE AU BIGFOOT

    Plusieurs expéditions scientifiques ont ainsi été mises sur pied dans l’espoir d’apercevoir un Sasquatch dans son habitat naturel, ou au moins de découvrir des indices de sa présence, tout particulièrement des empreintes de pas ou des restes de fourrures. Mais aucune de ces équipes n’a formellement identifié un Bigfoot… jusqu’à début 2012, date à laquelle une délégation internationale composée de scientifiques russes, américains, canadiens, suédois et estoniens a annoncé dans un communiqué détenir des « preuves irréfutables » de l’existence d’une créature identifiée comme un Yéti ! L’animal anthropomorphe aurait été observé dans la région russe de Kemerovo, en Sibérie. « Lors d’une expédition dans la grotte Azasskaïa, les participants ont collecté des preuves irréfutables démontrant que l’homme des neiges vit dans la contrée de la Choria montagneuse. (…) Des empreintes de l’homme des neiges, son antre supposée et différents marqueurs avec lesquels le Yéti délimitait son territoire ont été trouvés. Dans l’une des empreintes découvertes, le scientifique russe Anatoli Fokine a trouvé des poils appartenant potentiellement au Yéti. (…) Ces études feront en sorte que la société et les médias prendront plus au sérieux ce qui concerne [le Yéti]. Les données du centre d’études pourront être utiles aux biologistes, aux médecins et à d’autres scientifiques » précise le communiqué.

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    Il semble que dans ces régions beaucoup de témoins ont pu voir cette créature ; l’espèce qui est connue dans la région mesurerait entre 1,60 et 2,20 mètres. Les scientifiques estiment à 95% la probabilité qu’ils aient affaire à un Yéti et les chercheurs de l’expédition militent depuis pour la création à l’Université d’Etat de Kemerovo d’un centre d’études du Yéti. Les choses se sont encore accélérées en avril 2012, quand un généticien britannique et un zoologiste suisse ont lancé un nouveau programme de recherche spécialement dédié à l’identification du Bigfoot. Les deux scientifiques comptent profiter des progrès de l’analyse médico-légale de l’ADN pour passer au crible un maximum d’échantillons biologistes – poils, os et tissus organiques – attribués au Yéti ou à ses nombreux « cousins » éparpillés sur la planète. Certains échantillons sont majoritairement issus du musée de zoologie de Lausanne, collectés pour la plupart par le zoologue et cryptozoologiste regretté Bernard Heuvelmans. D’autres proviennent d’institutions scientifiques, de collectionneurs ou des particuliers. Ces analyses ADN permettront de trier le bon grain de l’ivraie parmi les indices matériels à la disposition des chercheurs. Les résultats du programme devraient être rendus publics très prochainement.

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    GIGANTOPITHEQUE, L’ANCÊTRE DU YETI ?

    Des naturalistes ont tenté d’identifier l’ancêtre du Sasquatch afin d’en savoir plus sur les origines de la créature. Un certain consensus s’est formé autour d’un ancien primate géant, le Gigantopithecus blacki, qui vivait il y a plus de 500.000 ans dans une zone s’étendant du Nord du Vietnam au sud de la Chine. L’hypothèse d’une survivance de l’espèce expliquerait les observations d’hominidés géants et poilus dans les zones montagneuses, comme l’exprime Pascal Picq dans « Les origines de l’Homme » : « La lignée asiatique des hominoïdes, ou famille des pongidés, connaît une grande expansion entre 16 millions et un million d’années. Elle comprend, notamment, le groupe des Sivapithèques (ou singes de Siva, l’un des trois grands dieux de l’hindouisme) dont on a retrouvé des fossiles en Inde, au Pakistan et en Chine. Ce groupe donne des espèces « géantes », comme les Gigantopithèques, les plus grands singes connus. Ces derniers ne disparaissent que très récemment, il y a entre un million d’années et 500.000 ans. La fameuse légende du Yéti doit certainement quelque chose à ces imposants mais paisibles mangeurs de bambous ». La théorie est séduisante ; quelques Gigantopithèques auraient survécu et vivraient dans des zones de haute altitude, se dissimulant dans des grottes ou des cavernes formées par les anfractuosités des montagnes himalayennes ; ses poils épais le protégeant des grands froids.

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    UNE EXISTENCE BIENTÔT OFFICIELLE ?

    Une autre étude, parue en novembre 2012, est encore plus prometteuse. Melba S.Ketchum, une vétérinaire américaine de l’Etat du Texas, est convaincue que le Bigfoot existe depuis qu’elle a effectué des analyses ADN sur des échantillons d’un supposé Yéti. Un communiqué de la société DNA Genetics publié par le magazine scientifique LiveScience confirme la découverte : « Une équipe de scientifiques peut attester que leur étude d’ADN de cinq ans, actuellement en relecture, confirme l’existence d’une nouvelle espèce d’hominidé hybride, couramment appelé ‘Bigfoot’ou ‘Sasquatch’, vivant en Amérique du Nord ».

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    Mais Melba S.Ketchum va encore bien plus loin ! Elle estime en effet que le Bigfoot serait un cousin de l’espèce humaine et qu’il serait apparu il y a approximativement 15.000 ans. Des individus hybrides seraient nés suite à l’accouplement de Sasquatch avec des femmes humaines… « Nos données indiquent que le Sasquatch d’Amérique du Nord est une espèce hybride le résultat d’un croisement entre un mâle d’une espèce inconnue d’hominidé et d’une femelle Homo sapiens » ajoute le communiqué. On ne connaît pas encore les détails de cette étude ; tout au plus sait-on que la vétérinaire et ses collègues ont travaillé à partir de trois génomes nucléaires complets issus de prétendus échantillons de Yéti, dont la provenance reste pour l’instant secrète. De nombreuses interrogations demeurent donc, mais ces travaux ont d’ores et déjà capté l’attention de la communauté scientifique, comme le confirme le site spécialisé Maxiscience.com :

    « Le mystère reste donc entier aujourd’hui et ne pourra se dévoiler que lorsque l’étude de Ketchum sera enfin publiée. Si la vétérinaire détient réellement la preuve qu’elle affirme alors la preuve sera faite que Bigfoot existe bel et bien. De quoi captiver l’attention du monde entier et d’inciter les scientifiques à partir à la recherche de la créature. Mais si ce n’est pas le cas, aucun doute que les spécialistes n’en resteront pas là et tenteront encore et toujours de prouver son existence ».

    Ces derniers mois ont donc été particulièrement excitants pour les chasseurs du Yéti. Les progrès de la génétique et l’intérêt que portent certains scientifiques à ce sujet permettent désormais d’espérer une validation prochaine de l’existence officielle de Bigfoot. Patience !

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    -Source-

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    MONDES ETRANGES N°18 de janvier 2013

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