• «L’archipel aux 1.000 naufrages»...

    «L’archipel aux 1.000 naufrages»...

     

    Les habitants des îles de la Madeleine, un archipel rattaché au Québec, sont des descendants de naufragés qui ont échoué sur cet archipel au 18 ème et 19 ème siècle.

     

    C’est l’histoire de Peter Alexander Tager, de la famille Brophy et de Robert Best que raconte la BBC. Tous, il y a plusieurs siècles de cela, ont embarqué dans un bateau pour traverser l’océan Atlantique entre l’Europe et le Canada, pour différentes raisons, mais ont connu un destin similaire : leurs bateaux se sont échoués sur les îles de la Madeleine.

    A cette époque, il n'y avait pas de phare sur les côtes, et les étaient cartes peu précises. Nombreux sont ceux qui ne soupçonnaient même pas l’existence de cet archipel en forme d'hameçon, constamment battu par les vents, situé au beau milieu du golfe du Saint-Laurent. Si bien que pendant le 18ème et le 19ème siècle, 500 à 1.000 bateaux y auraient fait naufrage, affirme la BBC. «Une fois, 48 bateaux ont coulé lors d’une tempête», explique Charles Cormier, un garde-côte qui s’est installé sur l’île par passion pour les épaves.

    «L’archipel aux 1.000 naufrages»...

    Les descendants des naufragés demeurent toujours sur ces îles auxquelles ils sont attachés, malgré les difficultés qu’ils connaissent. Ensemble, ils forment une petite communauté de 550 personnes originaires du Royaume-Uni, des anglophones qui protègent leur identité dans un territoire majoritairement francophone. Nancy Clark, 32 ans, est la descendante d’un survivant : «Nous sommes une si petite communauté, il est probable que chacun de nous, ou presque, soit lié à au moins une personne qui s’est échoué ici».

    Ces anglophones se sont séparés en trois communautés : à Grosse-Île et Old Harry dans le Nord, et l’Île-d’Entrée, une petite île située au Sud de l’archipel. Les habitants y partagent souvent le même patronyme : ainsi, les noms de famille «Clark» ou «Dunn» sont courants à Old Harry, tandis que c’est la variante «Clarke», avec un «e» qui prédomine à Grosse-Île.

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    Des maisons construites avec des restes d'épaves

    Certaines maisons de l’île (peinte de couleurs sombres pour les anglophones, et de teintes plus criardes pour les francophones), sont construites à partir de planches issues des navires qui ont fini leurs routes sur les côtes houleuses de l’archipel. La maison de Rhoda Clark, la grand-tante de Nancy, ainsi que l’église, toutes deux situées à Old Harry, ont été construites à partir de morceaux d’épaves.  

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    La plupart des restes des navires ont été entraînés au fond de l’océan avec le temps, mais quelques épaves restent visibles, comme celle du Corfu Islands (dessus), qui s’est échoué en 1963. «Tout le monde a été sauvé», affirme Charles Cormier. «Le bateau transportait des tonnes de peinture verte. Les habitants l'ont prise, et s’en sont servi pour leurs maisons. C’est la raison pour laquelle tant de maisons sont vertes».

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    L’archipel est désormais menacé par la montée des eaux : selon l’Université du Québec à Rimouski, 70% des côtes risquent d'être submergées. Certains habitants ont déjà dû déplacer leurs maisons. Pour se protéger de futurs naufrages, les côtes des îles de la Madeleine sont maintenant pourvues de six phares, construits à partir de 1870. 

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