• A la recherche du son perdu...

     

    A LA RECHERCHE DU SON PERDU

     


     

    Un texte de Thierry Van de Leur 

     

    Un jour, la matière nous parlera... R.T.L, mardi 30 mai 2007, à 7 heures. « Des scientifiques du CNRS ont constaté que les ondes sonores provoquaient de légères modification de la matière, ils ont constitué une table de correspondance entre les modifications de la matière et le son qui en était à l'origine. Ils ont ainsi réussi à faire parler la matière. Preuves à l'appui, les auditeurs ont pu écouter un enregistrement de piètre qualité, certes, en latin, d'une messe prononcée du temps de Charlemagne, grâce aux pierres de la cathédrale qui fonctionnent comme des capteurs sonores. Grâce à une poterie grecque datant de 2 siècles avant. J-C, les auditeurs ont pu entendre un enregistrement de la voix du potier alors même qu'il fabriquait son amphore. Le tour et l'argile avaient enregistré la voix du potier comme sur une bande magnétique. Entendre très distinctement des sons vieux de 2000 ans est une expérience magique que l'on ne peut oublier... »

     

    Malheureusement ceci n'est qu'une fiction qui reflète le rêve de nombreux scientifiques de part le monde depuis l'essor des technologies modernes.

     

    LA VOIX DU PASSE

     

    Une légende chinoise raconte qu'il y a plus de 2000 ans, un Chinois aurait enfermé dans une boîte un message verbal de son chef pour le porter à son empereur afin de lui annoncer la victoire sur les ennemis. Au 16° siècle, Rabelais, dans Pantagruel, imagina que l'on pourrait faire « geler » les paroles. Au 17° siècle, Cyrano de Bergerac, dans L'histoire comique des états et empires de la lune, parle d'une « boîte magique, munie d'aiguilles, permettant d'entendre à volonté divers textes et musiques... »

     

    En 1636, première mesure de la vitesse du son par l'abbé Marin Mersenne qui détermine la relation entre les fréquences et les notes de la gamme grâce au phénomène de l'écho. Dès 1807, le physicien anglais Thomas Young réalise un dispositif permettant d'enregistrer les vibrations d'un corps sonore sur un cylindre. Un corps vibrant sous l'action des sons doit être muni d'un fin stylet qui touche la surface d'un papier recouvert de noir de fumée. Le papier défile sous le stylet dont les mouvements inscrivent ainsi des courbes correspondant à la forme des oscillations sonores.

     

     

    Au milieu du siècle dernier, le grand chercheur français Lissajous utilisa ce procédé, perfectionné par Léon Scott, en employant un papier enroulé autour d'un cylindre animée d'un double mouvement, celui de rotation et celui de lent déplacement le long de son axe. De la sorte, le tracé du stylet suit sur le cylindre une trajectoire en forme de spirale. Notons que ce même mouvement devait être, par la suite, utilisé aussi bien dans le phonographe que dans le bélinographe.

     

    En 1857, Edouard-Léon Scott de Martinville perfectionne ce procédé et invente un appareil, le « Phonautographe », constitué d'une membrane vibrante, placée au bout d'un tube acoustique, qui transmet les vibrations sonores à un stylet qui les grave sur un cylindre enduit de noir de fumée. Mais ce dispositif ne permet pas de relire les courbes ainsi dessinées. En 1865, James Maxwell, physicien anglais, découvre les ondes électromagnétiques. En 1876, aux Etats-Unis, Alexander Graham Bell (1847-1922), physicien d'origine écossaise à qui l'on doit aussi le téléphone, invente le microphone.

     

     

    Dans un pli cacheté déposé le 30 avril 1877 à l'Académie des Sciences à paris, Charles Cros (1842-1888) inventeur, poète et écrivain français, décrit un procédé qui permet de déposer par photogravure sur un disque métallique, les courbes sonores obtenues par le « Phonautographe », de façon à les lire avec une pointe solidaire d'une membrane élastique. Charles Cros, en fait le véritable inventeur de l'enregistrement sonore, avait appelé son appareil le « Paléophone » soit: « la voix du passé ».

     

    Le 12 août 1877, Thomas Edison invente un appareil très simple actionné par manivelle, où le son est enregistré sur un cylindre en étain: le « phonographe », il y enregistre une petite comptine pour enfant: « Mary had a little lamb » (Marie avait un petit agneau), premier enregistrement jamais réalisé (dont il ne reste aucune trace). Thomas Edison dépose le 19 décembre 1877 un brevet sur les différentes méthodes d'enregistrement et, l'année suivante, un autre décrivant en détail le Phonographe, qui reprend l'essentiel du travail de Charles Cros.

     

     

    Ce dernier permet de graver quelques minutes d'effets sonores sur un cylindre recouvert d'une feuille d'étain, par repoussage. La première phrase enregistrée (dont il ne reste également aucune trace) est « What God hath wrought » (Ce que Dieu a créé). Edison dépose enfin un nouveau brevet exposant une technique de duplication des enregistrements par moulage et un procédé d'enregistrement magnétique du son. Thomas Edison devient ainsi l'inventeur officiel du Phonographe.

     

    Dans le même temps, l'allemand Werner von Siemens (1816-1892) dépose le brevet du haut-parleur électronique. En 1946, aux Etats-Unis, la firme Columbia édite le premier micro-sillon sur un 33 tours/mn; ce sont des oeuvres de Mendelssohn et Tchaïkovski. Depuis l'invention du Phonographe il n'a fallu qu'un siècle pour atteindre la perfection sonore que nous connaissons. En 1998, l'ère de la « dématérialisation » du son commença avec la création des MP3...

     

    LE PREMIER ENREGISTREMENT SONORE DE L'HUMANITE

     

    En 1887, Edison a créé un phonographe amélioré utilisant des cylindres de cire solide et un stylet dont la pointe est en saphir. C'est ce type d'appareil qui a servi à réaliser le 11 septembre 1888, le plus vieil enregistrement survivant du monde. Il consiste en un message de Lord Stanley of Preston (1841-1908), gouverneur général du Canada de 1888 à 1893, destiné aux habitants et au président des Etats-Unis Benjamin Harisson. Cet enregistrement historique eut lieu au Crystal Palace, à Sydenham, au sud de Londres, à l'occasion du « Haendel Festival ». Nul ne sait où est passé l'enregistrement original; heureusement une copie avait été réalisée en 1935.

     

     

    C'est au cours du même festival que la voix de la célèbre cantatrice canadienne Emma Albani (1847-1930) aurait été captée par ce même appareil rudimentaire. Le Crystal Palace qui servit d'écrin à cette première mondiale, fut conçu pour l'Exposition Universelle de 1851, à Hyde Park. Il fut démonté en 1854 et remonté au sommet de Sydenham Hill à 11 kilomètres, où il fut transformé d'abord en Musée des Sciences et des Arts puis en salle de concert. C'est elle qui était destinée à recevoir l'enregistrement historique du 11 septembre 1888. Le Crystal Palace fut malheureusement détruit par un incendie le 30 novembre 1936. Les premiers exemplaires de phonographe ont été offerts à des personnalités importantes telles que le Colonel Gouraud (en Angleterre), ou encore Gustave Eiffel, à Paris.

     

    A l'Exposition Universelle de Paris de 1889, où chaque pays est représenté par un pavillon, l'invention de Thomas Edison, le phonographe, remporte un vaste succès. Le public se précipite au stand situé au pied de la tour Eiffel pour entendre, écouteurs aux oreilles, les airs de Carmen, les notes des marches militaires et, surtout, les chansons à la mode restituées par le phonographe. Gustave Eiffel, s'était fait aménager un petit appartement au sommet de la tour Eiffel pour y accueillir ses hôtes de marque dans le cadre de réceptions intimes. La rencontre avec le physicien Thomas Edison, qui offrira à Gustave Eiffel un modèle de son phonographe présenté à l'Exposition Universelle interviendra le 10 septembre 1889.

     

    Cette scène historique a été reconstituée au sommet de la Tour par la Société Nouvelle d'Exploitation de la Tour Eiffel, avec des personnages en cire. Gustave Eiffel est représenté en compagnie de sa fille Claire. D'autres personnes sont dépêchées à travers le monde pour enregistrer des personnalités telles que Brahms, Tchaïkovski, Aton Rubinstein, etc. Incroyablement, bon nombre des enregistrements de ces personnes ont survécu et peuvent maintenant être écoutés grâce aux technologies modernes. Un des enregistrements survivants de 1888 est un cylindre en cire blanche envoyé à Edison par le Colonel Gouraud (son représentant en France).

     

     

    Ce cylindre contient un enregistrement de piano appelé « Soft Piano Solo by Mrs Eyre », dont la qualité est surprenante pour l'époque, d'autant plus qu'il était relativement difficile d'enregistrer le piano tout en restituant le son fidèlement. Une explication pourrait être la cire elle-même: dérivée d'un savon métallique, elle était bien plus molle que les cires utilisées plus tard, et permettait donc une gravure plus facile. Edison se désintéresse très vite de sa nouvelle trouvaille « qui ne rapporte pas d'argent ». Le monde scientifique réserve à cette invention un accueil mitigé, voire incrédule et cette trouvaille n'aura, pendant longtemps, aucune application scientifique. Ainsi, durant dix ans, on se contente de reproduire l'invention primitive sans lui apporter de perfectionnements notables.

     

     

    En 1907, soit 19 ans après le premier enregistrement historique du Crystal Palace, dans le sous-sol de l'Opéra Garnier, à Paris a eu lieu officiellement l'enfouissement des « Voix Célèbres ».

     

    Aux Etats-Unis de 1907 à 1930, plus de 10000 enregistrements sur cylindre de cire ont été effectués pour conserver la mémoire des langues des Indiens d'Amérique du Nord. Des enregistrements contenant les plus belles voix de chanteurs d'Opéra furent ainsi « protégées » pour les siècles futurs.

     

    Plus tard, en 1911, à l'initiative de Ferdinand Brunot, furent créées à la Sorbonne, à Paris, les « Archives de la Parole ». Le 24 décembre 1913, à 11h, Apollinaire fut la première personnalité française à venir graver sa voix sur des disques de cire « Pathé Saphir ». Dreyfus, Maurice Barès et Cécile Sorel suivirent... Les « Archives de la Parole » furent rebaptisées le « Musée de la Parole » à l'occasion de son déménagement au 19, rue des Bernardins (5ème arr), puis en 1938 fut enfin créée la « Phonothèque Nationale ». Pour enregistrer en amateur à l'époque, il fallait pratiquement loger la tête dans le pavillon du phonographe.

     

     

    Les vibrations sonores ébranlant ainsi le pavillon de façon optimale, se communiquaient à une membrane qui portait un stylet gravant la cire d'un cylindre mû par un mouvement d'horlogerie. A plus de 30 centimètres du pavillon, on était certain de rater l'enregistrement. C'est pourquoi beaucoup de voix paraissent faible. Toutefois, le phonographe, encore à cette époque, avait un tel caractère de nouveauté et de mystère, que confier sa parole lors de ces séances d'enregistrements fut vécu comme un honneur.

     

    DERNIERES DECOUVERTE...

     

    Construite seulement quelques mois après le premier phonographe d'Edison, l'horloge parlante de Frank Lambert utilisait déjà une technique d'enregistrement sur un support permanent: un cylindre en plomb (remplaçant la fragile feuille d'étain placée sur un mandrin à sillons). L'enregistrement encore présent sur le cylindre de plomb n'a été rendu public que lorsque Aaron Cramer a décidé de le publier sur internet. Il s'agirait donc là du plus ancien enregistrement sonore survivant du monde. La voix enregistrée est celle de Frank Lambert, mais d'autres voix ont pu être enregistrée sur le cylindre, car il ne travaillait pas seul. Une petite portion semble contenir les mots « Your Attention! » (Votre Attention)!). Enregistrée à vitesse plus élevée, elle est localisée juste avant le décompte horaire expérimental et semble avoir été enregistrée par dessus les mots « One O'Clock » de ce décompte.

     

     

    Cela aurait pu être un essai d'annonce des heures, comme par exemple « Your Attention! Two o'clock! » (Votre attention! Deux heures!). Bien que ces mots puissent être corrects, il est probablement impossible de déterminer cette voix... Edison lui-même? Il faut noter une chose remarquable entre toute, à savoir que tous les éléments rentrant dans la composition du premier phonographe ayant débouché sur le premier enregistrement historique de la voix humaine existaient déjà du temps d'Henry IV (1610). Cela signifie concrètement que l'invention d'Edison aurait pu intervenir bien des siècles plus tôt et peut-être changé toute notre histoire...

     

    LA SPIRALE

     

    Depuis la toute première reproduction du son sur cylindre de cire par Edison, tout enregistrement sonore ou visuel se fait en spirale. A chaque perfectionnement technique que ce soit audio ou vidéo, il semble impossible d'éliminer cette forme symbolique (disques vinyle, cassettes, C.D). Cette constatation se poursuit jusqu'au coeur de l'électronique qui fait fonctionner ces supports. Ainsi la spirale des selfs, des transformateurs, du bobinage des hauts-parleurs, des piles accus etc. La spirale est donnée comme symbole du savoir et du développement spirituel, mais aussi des cycles cosmiques d'évolution dans le temps. Toutes ces techniques enregistrent le temps et cherchent à le conserver pour enfin le restituer à travers des spirales. On retrouve principalement des spirales, sur de nombreuses poteries...

     

    LES POTERIES QUI PARLENT

     

    En 1992 le professeur Georges Charpak (prix Nobel de physique) faisait part de son intention d'ausculter des poteries anciennes à l'aide d'un rayon laser afin d'y déceler éventuellement des sons qui y seraient enregistrés depuis des siècles. Il déclara avoir fait mettre de côté, pour cela, quelques pièces du musée du Louvre et compter sur l'aide d'acousticiens parmi les meilleurs du monde. Nul ne sait si Georges Charpak put concrétiser cette théorie qui fut déjà évoquée dans les années 70.

     

    Les premiers enregistrements sonores ont utilisé la gravure des ondes de pression sonores sur la surface de cylindres en rotation régulière, ceci par l'intermédiaire d'une pointe actionnée par les vibrations d'une membrane sensible aux vibrations de l'air. Depuis l'Antiquité, la fabrication d'une poterie, consiste généralement à tourner de l'argile humide en la façonnant avec les mains, lui imprimant des sillons circulaires ou en hélices, ceci avec la pointe d'un stylet en bois.

     

     

    La poterie est l'un des plus anciens artisanats du Proche-Orient; son apparition dans l'Est méditerranéen remonte à 6000 ans, avec le modelage à la main. L'invention du tour date de trois mille quatre cents ans environ. Au début, la mise en forme continue à se faire par façonnage manuel, et le tour sert à terminer le travail. Puis, vers 2600 avant J.C, le tour devient l'instrument indispensable au potier durant tout le processus de la mise en forme. Théoriquement, on devrait donc pouvoir un jour accéder à des sons datant de 4500 ans!

     

    Pendant la gravure de ces sillons, le potier était souvent environné de bruits divers et, par conséquent, il n'est pas absurde de penser que le stylet a vibré sous l'influence de ces sons et que ces vibrations sont sans doute conservées dans l'argile cuite. Dès lors, il devrait être possible de les restituer aujourd'hui. Une telle hypothèse contient manifestement une grande charge émotionnelle. En effet, il devrait être particulièrement émouvant d'entendre, à plusieurs siècles d'intervalle, ne serait-ce que l'aboiement d'un chien, les cris d'enfants ou, mieux encore quelques paroles discernables. Peut-être pourrions-nous même enfin connaître la prononciation exacte de certains mots latins, grec ou celtes.

     

    ARCHEOACOUSTIQUE

     

    Par « archéo-acoustique », on entend la récupération de sons d'une époque antérieure à l'invention de l'enregistrement sonore. Ceci sous-entend que des sons auraient étés enregistrés par inadvertance. Peu de choses ont été écrites à ce sujet et seulement de très rares expériences ont été faites. C'est une idée non prouvée et toujours dédaignée. A ce jour aucun ancien son antérieur à 1888 n'a été entendu, et les seules expériences effectuées ont été des tentatives pour reproduire les conditions dans lesquelles de tels enregistrements auraient pu se produire. Tentatives malgré tout couronnées de quelques succès encourageant, si l'on en croit les publications de certaines recherches.

     

    EXPERIENCE DE WOODBRIDGE

     

    La première publication sur ce sujet date de 1969, dans laquelle Richard Woodbridge relate 4 expériences. La 1ère montrait qu'il pouvait récupérer le bruit produit par le tour d'un potier à partir d'une poterie, en utilisant une cellule piézo-électrique tenue à la main et munie d'une pointe de bois, connectée directement à des casques audio. La 2ème expérience dégageait le ronflement du moteur qui entraînait la roue du potier. Les expériences suivantes, plus intéressantes, mettant en jeu une toile que l'on peint pendant qu'on l'expose aux sons d'une musique militaire produite par des haut-parleurs. Certains des coups de pinceau avaient un aspect strié, et on pouvait déceler de « courtes bribes de musique ». Pour la 4ème expérience, le peintre prononça le mot « bleu » pendant un coup de pinceau, et après une longue recherche, on pouvait réentendre le mot en frottant la toile avec une pointe spéciale.

     

    EXPERIENCE DE KLEINER ET ASTROM

     

    En 1971, des expériences similaires ont eu lieu en Suède, à Göteborg, conduites par le professeur en archéologie Paul Astrom et le professeur en acoustique Mendel Kleiner. Leurs expériences étaient consacrées à l'analyse des forces agissant sur une pointe en contact avec une surface tendre, et à l'étude de la possibilité d'un enregistrement contemporain sur un cylindre de glaise avant sa cuisson.

     

    Les résultats sont plutôt encourageants pour ceux qui veulent entendre les sons de l'Antiquité. L'étude des pointes montrait que la force maximale apparaîtrait aux fréquences qui portent sur les consonnes d'un discours, donc celles qui apportent l'information maximale. Ainsi, des expériences ont montré que le son peut-être enregistré de nos jours grâce à la technologie moderne dans de la peinture, sur une toile, ou sur une surface de glaise.

     

     

    Mais si on veut récupérer des sons vieux de plusieurs centaines d'années, on aurait à rechercher des objets à la surface desquels des sons auraient été enregistrés accidentellement. Pour ce faire il faut une surface assez tendre pour recevoir une empreinte de la faible énergie d'un son, ensuite qui soit solidifiée avant que cette empreinte ne soit barbouillée au delà de toute reconnaissance possible. Cette surface devrait avoir été formée pendant un mouvement, puisqu'il faut un axe des temps le long duquel il faudrait rechercher un son enregistré. Perpendiculairement à cet axe des temps, il faut un mouvement produit par les vibrations sonores.

     

     

    Ce pourrait être un mouvement de l'outil utilisé pour travailler la surface, comme dans le cas du tour de potier ou de la surface elle-même, comme dans le cas de la toile peinte. Si l'on veut en tirer quelque son à travers le bruit, la surface « enregistrée » devrait avoir traversé les ravages du temps dans son état original, vierge de toute substance adoucissant les marques de surface. Tout ceci nous laisse un nombre très restreint d'objets précieux utilisables pour l'expérience archéo-acoustique.

     

    Une oeuvre souvent citée dans les journaux comme source possible de sons « récupérables » est La Joconde de Léonard de Vinci, ancienne de 500 ans. Néanmoins, elle ne semble offrir aucune possibilité d'entendre des voix puisqu'elle est peinte sur du bois, matériau probablement trop rigide pour avoir pu vibrer.

     

    EXPERIENCE DE LEGOUT

     

    Jacques Legout a lui aussi procédé à de nombreux essais fin 1997. A chaque fois, il n'a obtenu qu'un bruit de fond plus ou moins intense, provenant évidemment de la texture légèrement granuleuse de la poterie et de sa section irrégulièrement circulaire. Jamais les sons écoutés n'ont ne serait-ce que suggéré le timbre d'une trompette, le tintement d'une cloche ou des paroles quelconques. Une observation des sillons à la loupe ne révèle, en effet, aucune ondulation comme on en voit sur un disque vinyle. Certainement que la main et le bras du potier tenant le stylet sont d'une inertie trop grande pour vibrer selon des sons.

     

    La cuisson, qui libère une grande quantité d'eau, « gomme-t-elle » les infimes ondulations qui auraient pu être gravées ? D'autre part, lorsqu'un potier fait un sillon circulaire sur une poterie, il se contente rarement d'un seul passage, donc des enregistrements éventuels sont en surimpressions et chaque passage a une durée qui ne dépasse pas une seconde. Enfin, les stylets, le plus souvent en bois, ont généralement des pointes assez larges donc un diamètre supérieur à la longueur d'onde de la gravure. Voilà beaucoup d'obstacles à la lecture d'enregistrements sonores sur les poteries.

     

    DA VINCI VOICE

     

    Des chercheurs japonais s'y sont pris d'une autre manière pour accéder aux voix de Mona Lisa et de Léonard de Vinci. Ils ont analysé leur morphologie et intégré les informations dans un programme informatique spécifique, afin de reconstituer leurs timbres sonores. Cette technologie acoustique qui permet de simuler le fonctionnement des cordes vocales est utilisée dans les enquêtes criminelles. Les résultats ont été présentés sur le site japonais de Microsoft à l'occasion de la promotion publicitaire du film Da Vinci Code au Japon. Les acousticiens pensent être parvenus à reconstituer à 90% l'empreinte vocale unique des voix en question.

     

     

    L'ingénieur Mastumi Suzuki, estime que Mona Lisa mesurait 1,68 mètre, une taille bien au-dessus de la moyenne. Elle avait un timbre de voix relativement bas pour une femme. Etant donné la largeur de son nez, elle devait également avoir une voix un peu nasillarde. Les spécialistes se sont basés sur la voix d'une italienne pour définir le timbre de voix et les intonations exactes correspondantes. Pour sa part, la voix de Léonard de Vinci a été reconstituée à partir du célèbre autoportrait du peintre italien, qui le représente avec sa longue barbe blanche à environ 60 ans. Sa mâchoire, grande et carrée, correspond à un timbre de voix doux et bas. Les « voix » de la Joconde et de Léonard de Vinci peuvent être écoutées sur Internet.

     

    LES DISQUES MILLENAIRES

     

    En 1936, des fouilles archéologiques menées à la frontière de la Chine et du Tibet dans le massif montagneux de Bayan Kara-Ula ont mis à jour 716 disques de pierre de 30 à 50 cm de diamètre. Ces disques percés au milieu ressemblent à des disques modernes de phonographes. Ils sont gravés d'un sillon se déroulant en spirale des bords au centre. Leur ancienneté est estimée à 12.000 ans environ et ils contiennent des traces de métal. Le philologue Vjatscheslav Zaitsev a rapporté que cela pourrait être une forme d'écriture et que ces disques vibraient dans certaines conditions d'expériences comme s'ils portaient une charge électrique. Le rapport intégral concernant ces disques est conservé dans les Archives Historiques de Taipeh (Taïwan) et à l'Académie de Pékin.

     

    ARCHIVES AKASHIQUES

     

    Ce que l'on nomme « Archives akaschiques » serait une sorte de « mémoire de l'univers et du monde » conservée sur une espèce de fine pellicule qui entourerait la Terre. Absolument tous les évènements importants ou non qui se produisent à tout moment sur notre planète seraient enregistrées à jamais sur cette « bande magnétique virtuelle » qui échappe au Temps et à l'Espace.

     

    Ils se fixeraient en permanence à la verticale exacte et ces informations pourraient théoriquement être récupérées par un procédé non-matériel inconnu, à n'importe quel endroit de la planète, à condition toutefois de se trouver géographiquement exactement au même endroit. Pour des raisons inexplicables, il se produirait par moment des connexions accidentelles avec cette « bande virtuelle », et des visions du passé pourraient avoir lieu chez certaines personnes particulièrement réceptives. Ces « Archives akashiques » pourraient expliquer certaines visions du passé, ou certaines impressions de « déjà vu » auxquelle nous avons tous été confronté un jour.

     

    Un Bénédictain de l'Abbaye de San Giorgio Magiore de Venise, le Père Ernetti a prétendu, sans pour autant le prouver, être depuis 1956, en possession d'un appareil susceptible d'accéder aux informations contenues dans les « Archives akaschiques ». Le « Chronoviseur », ainsi appelait-il ce procédé, était capable selon lui, de capter l'image et le son. L'appareil, dont l'existence hautement controversée est plus que douteuse il faut bien en convenir, a été selon lui mis au point avec l'aide de 12 physiciens. Le principe: toutes les énergies sont éternelles et peuvent être reconstituées. L'onde sonore qui est une énergie formée de lumière se dissout en lumière.

     

    Les sons sont générateurs de lumière et peuvent se convertir en lumière et vice versa. Ils ne se détruisent pas parce que cette énergie contribue à la formation de tous les autres agrégats énergétiques matériels. En raison de cela, ils peuvent être captés et reconstitués. La seule preuve en faveur de l'existence de cet appareil serait une saynète du poète latin Quintus Ennius dont on ne possédait que des bribes et que le Père Ernetti aurait réussi à reconstituer en se « connectant » sur cette époque.

     

    LA SALLE DES « DISQUES »

     

    Le Sphinx de Guizeh serait détenteur de l'ultime secret de la Vie, donc de la destinée humaine. Il est censé protéger sous ses pattes, une salle souterraine secrète (Hall of Records) où se trouverait stocké sous forme de disques, le grand secret de l'Humanité, « depuis la construction de la terre jusqu'en... 1998 ». Cette affirmation émane du grand médium américain Edgar Cayce qui l'a faite en 1923 et réitéré en 1933. « Cette salle se trouve là où la ligne d'ombre tombe entre les pattes du Sphinx... »

     

    SONS « MADE IN » EGYPTE

     

    Dans leur livre « Le grand secret du signe de vie » - Editions Mézarek, Guy Gruais et Guy Claude Mouny démontrent que les Pharaons et leurs prêtres possédaient une technologie leur permettant d'enregistrer le son et l'image. Cette technologie de communication transparaît en décodant notamment certains hiéroglyphes, idéogrammes ou pictogrammes mal connus et considérés comme « magiques ». Après cette démonstration, les fresques représentant Pharaon se mettent à « parler », et la réalité des séances d'enregistrements devient d'une évidence troublante.

     

     

    Certes, cette technologie est probablement restée secrète au sein des Temples impénétrables où seuls les prêtres et Pharaons avaient accès. Le peuple n'en a jamais eu connaissance. Peut-être même est-elle restée au stade expérimental, comme l'électricité qu'ils n'étaient pas censés connaître non plus. Où cette technologie se trouve-t-elle à présent dissimulées ? Sous le Sphinx ? Détournée par certains archéologues ? Volée par les pilleurs de Tombe qui ont sévi pendant de nombreux siècles ?

     

    MEMOIRE SONORE PREHISTORIQUE

     

    Il semble bien que les artistes préhistoriques qui réalisèrent les fresques retrouvées dans de nombreuses cavernes de par le monde aient voulu laisser le son en même temps que l'image. En effet, de récentes études menées par Steven Waller de « l'Américan Rock Art Association » révèlent que les hommes préhistoriques utilisaient l'acoustique des cavernes pour donner vie et force à leurs fresques. Steven Waller qui a enregistré les échos de grottes du monde entier à remarqué que les sons renvoyés par les parois imitaient les bruits des animaux représentés par les peintures rupestres. L'intensité sonore correspond étrangement à la présence de décors muraux. Les parois délaissées par les artistes préhistoriques sont celles qui restent muettes, sans échos.

     

    LA VOIX DE NEANDERTHAL

     

    De son côté, Jean Louis Heim, en collaboration avec le laboratoire d'anthropologie du Musée de l'Homme de Paris et l'Institut de la Communication parlée de Grenoble, a réussi à reconstituer par ordinateur la voix que pouvait avoir l'Homme de Néanderthal, en prononçant certaines syllabes. On ne peut se contenter que de cela puisqu'on a aucune idée des mots ou des paroles prononcées par notre présumé ancêtre.

     

    LA MEMOIRE DE L'EAU

     

    En plus de sa capacité à fournir l'hydrogène, l'eau a des propriétés particulières qui peuvent avoir une influence sur la qualité de notre vie. Ces propriétés ont fasciné les chercheurs qui peu à peu en découvrent les mystères. En 1984, Jacques Benveniste célèbre pour ses travaux sur « la mémoire de l'eau », en travaillant sur les allergies, découvre qu'une solution hautement diluée déclenche une réaction comme si des molécules initiales étaient encore présente dans l'eau: l'eau conservait une trace des molécules présentes au départ des dilutions. Masaru Emoto a réussi à photographier des cristaux de glace formés à partir d'une eau.

     

    Il s'aperçoit que la perfection des formes obtenues varie en fonction de la pollution de l'eau utilisée. Il fait aussi diverses expériences: place un flacon d'eau distillée entre des hauts-parleurs, et l'imprègne de diverses musiques: Mozart enchante l'eau qui fait de superbes cristaux; par contre le groupe « heavy metal » aboutit à des cristaux informes. S'il inscrit des mots d'amour sur la bouteille, la réaction est positive (cristaux parfaits) si ce sont des injures ou l'expression de la haine les cristaux perdent leur forme! Ce qui explique pourquoi notre corps ou plutôt ses 75% d'eau réagit à la musique, aux sentiments ou aux paroles négatives.

     

    LA MEMOIRE DE LA PIERRE

     

    Des recherches d'un intérêt exceptionnel, fondée sur le principe de la désagrégation des sons, sont effectuées depuis de nombreuse années dans les laboratoires du couvent des bénédictains de l'île Saint-Georges à Venise où une équipe scientifique aurait mis au point des appareils électroniques permettant de reconstituer ou d'interpréter des sons provenant du passé, et enregistrés au coeur de la matière. Le procédé met en oeuvre la résonance des ondes telluriques (et non pas les courants telluriques), avec la conjonction des ondes harmoniques des molécules des pierres. Des fragments de paroles auraient ainsi déjà été reproduits sur bandes.

     

    TECHNOLOGIE DU SON KOTOKAMA

     

    A l'instar du Soleil, qui se lève chaque matin à l'Est, c'est de l'Orient que nous est parvenu la Lumière sur les raisons de l'occultation des mystères du Son et de son pouvoir. Les documents de Takeuti, au Japon, vieux de 3000 ans, décrivent en détail les évènements ayant marqué l'origine du monde actuel, et plus particulièrement l'occultation du principe originel du Son, nommé Kotokama.

     

    En japonais, kotokama signifie « mot-âmes » (équivalent littéral du « Verbe » occidental).

     

    Les « mots-âmes » sont les sons purs qui cristallisent les vibrations originelles que nous percevons

    ensuite comme couleur, son et forme, dans le monde manifesté. Avant que toute manifestation soit

    perceptible dans le plan matériel, son essence vibre, résonne sur les plans subtils : ainsi, chaque

    principe manifesté par la couleur, le son ou la forme, a une vibration « sacrée » qui contient son

    essence, et en permet la manifestation. Ces « mots-âmes » n'ont de signification dans aucune

    langue : ils sont le substrat vibratoire essentiel de toutes les langues.

     

    Ainsi, la maîtrise du Kotokama permet de décoder le sens originel des mots, quel que soit la

    langue à laquelle ils appartiennent. Ce principe a été conservé dans les traditions spirituelles du

    monde entier. Cependant, l'âme de cette pratique et les outils permettant de la faire vivre a été

    cachée depuis si longtemps que les hommes en ont perdu la trace... Le Verbe originel, commun à

    toutes les grandes religions, est aujourd'hui un mythe, qu'aucun être ne sait faire revivre... Dans ce

    système, il existe cinq sons principaux, qui sont les voyelles : A, E, I, O, U (SU).

     

    1- La vibration U est émise : la « toile de fond » de l'univers apparaît.

    2- La vibration SU déclenche l'apparition des éléments constitutifs de l'univers.

    3- La vibration I insuffle la vie dans la matière.

    4- La vibration A donne à chaque être créé la conscience de soi.

    5- La vibration E lui donne également l'intelligence et la perception.

    6- La vibration O permet la cohésion et la distribution de l'énergie dans les éléments

    constitutifs de l'univers.

     

    L'occident avait connaissance des sons qui guérissaient, ainsi pendant le Moyen Age des sons et

    chants spécifiques étaient utilisés pour mettre certains malades en transe et ainsi les guérir par des

    chants étonnants et répétitifs ayant un potentiel de guérison (dans certains cas).

     

    Si vous avez mal à l'estomac, le simple fait de chanter des sons suffisemment graves, provoque

    des vibrations dans votre estomac qui soulagent. On peut également soigner des maux de crâne en

    propageant la vibration à l'endroit souhaité. En technique d'improvisation théâtrale et de cri de

    guerre, les sons émis en commun soudent le groupe ; ils permettent de faire travailler les gens au

    même rythme. La persuation passe aussi par la voix c'est pour cela que les grands orateurs grecs

    aimaient parler fort contre les vagues...

     

    Avec quelquefois des cailloux en bouche pour les obliger a articuler... Le son est une onde de 

    courte distance. Chaque forme a son propre son. Comme message cosmique : une onde qui se

    ballade pourrait se métamorphoser en ... crop-circle. Celui-ci pourrait avoir un son qui serait

    capable d'activer lui-même un certain nombre d'évènements...

     

    Thierry Van de Leur

     

    Source : revue Top Secret N°35 février/mars 2008

     

     

    La taverne de l'étrange – 19 juillet 2008

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  • Commentaires

    1
    Gugus_958
    Samedi 12 Septembre 2009 à 12:21
    Je suis vraiment super int?ss?ar votre article sur l'archeoacoustique, et vraiment sa m'interesserait vraiment de pouvoir ?uter des enregistrement, de cette fameuse messe qui a ? diffus?ur rtl qui datte de Charlemagne est ce possible?
    Merci
    Guillaume
    2
    gihu
    Mardi 15 Octobre 2013 à 16:50
    c magik!!!!!
    3
    Mardi 17 Janvier à 12:06

    je suis l'une des personnes citées dans cet article (Expérience de Legout). On peut trouver la description détaillée de cette expérience sur mon site ci-dessus indiqué.

    Bon surf.

    J.L.

      • Mardi 17 Janvier à 12:26

        Bonjour,

        merci de votre intervention ! Pourriez-vous rajouter votre site à la suite de ce

        mon commentaire et le rajouterait dans l'article  ? 

        Bien amicalement

        Tyron

    4
    léo
    Jeudi 26 Janvier à 15:56

    Sur google map à : -11.544821,-76.756681 et -11.543365,-76.753467 quelqu'un aurait il un moyen de traiter ses deux images pour voir ce que sait. J'ai posté ici sur ce commentaire car dernière actvitée.

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