• QUE PENSER DU VENDREDI 13 ?

     

    QUE PENSER DU VENDREDI 13 ?

    Superstition, coïncidence ou influence réelle…

     

    Lucrère, l’illustre poète latin, et Plutarque, historien grec, invectivèrent magistralement contre la superstition. Cependant, pourrait-on affirmer que leurs arguments étaient péremptoires ? Ne convient-il pas de méditer également cette réflexion, signée de Napoléon : « Je n’aime pas les esprits forts ; il n’y a que les sots qui défient l’inconnu. » Quoi qu’il en soit, les gens superstitieux pourraient excepter de références de poids- s’il en fallait- en citant les personnages célèbres qui crurent fermement aux jours, aux nombres, aux signes, aux couleurs fastes ou néfastes. Objectivement, voici des faits authentiques et dûment contrôlables.

    La croyance à un pouvoir maléfique (encore que certains, mais ils sont rares, le jugent plutôt bénéfique) du nombre 13 n’existe que dans la civilisation chrétienne. Selon les historiens des superstitions, elle remonterait d’ailleurs au dernier repas du Christ lors de la Pâque célébrée avec les apôtres. Pâques vient du latin pascha, lui-même issu de l’hébreu pessah, qui signifie « passage » et qui évoque la sortie d’Egypte avec la traversée de la mer Rouge. Moïse imposa la célébration de cet anniversaire le soir du quatorzième jour de Nizan, le premier mois du printemps. Peu de temps avant la Passion, Jésus voulut célébrer cette fête avec ses disciples. « Le soir venu, lit-on dans l’Evangile selon saint Marc, Jésus vint avec les douze apôtres. Comme ils étaient à table et mangeaient, Jésus dit : « Oui, je vous le dis, l’un de vous va me livrer, un qui mange avec moi ». Ils commencèrent à s’attrister et à lui dire un par un : « Est-ce moi ? » Il leur dit : « L’un des douze, un qui trempe au plat avec moi. Car le fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui, mais malheur à l’homme par qui le fils de l’homme est livré ». De là l’origine de la crainte du nombre 13, parfois également appelé « nombre de Judas ». Quand on se trouve treize à table, dit-on, l’un des convives mourra dans l’année, à l’instar du Christ. Cette croyance a donné naissance à un curieux métier de la Belle Epoque, au temps de la grande mode des dîners en ville, celui de « quatorzième ». Quand une maîtresse de maison s’apercevait qu’elle n’avait que treize invités, elle s’empressait de louer auprès d’une agence spécialisée un quatorzième, personne de bonne éducation sachant se bien conduire dans le monde mais à court d’argent, qui conjurait le mauvais sort par sa présence.

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    Superstitieux comme on l’était à son époque, Christophe Colomb considérait le vendredi comme un jour favorable à ses entreprises. Aussi, est-ce le vendredi 3 août 1492 qu’il quitta le port de Palos, pour la prodigieuse aventure océane qui allait le conduire à la découverte du Nouveau Monde. Le vendredi 12 octobre 1492, il abordait à San Salvador. Le vendredi 4 janvier 1493, il prit le chemin du retour et, le vendredi 15 mars 1493, son entrée dans le port de Barcelone était saluée comme un des évènements les plus importants de l’histoire moderne.

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    Dans la vie fabuleuse de Napoléon, 5 vendredi (dont un vendredi 13) ont été de grandes dates. Le vendredi 23 avril 1779, il entrait à l’école de Brienne ; le vendredi 13 décembre 1799, il était nommé Premier Consul ; le vendredi 18 mai 1804, il accédait à l’Empire. Mais le vendredi 11 août 1815, il partait définitivement pour l’exil. Son destin avait tourné. Enfin, le vendredi 7 mai 1838, le roi Louis-Philippe recevait, de l’Angleterre, la dépouille de l’Aigle.

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    Avant d’engager un combat naval, l’amiral Nelson ne manquait jamais de vérifier si le fer à cheval qu’il avait fait clouer au sommet du grand mât, était bien en place.

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    Victor Hugo, dans son « Journal », ne dissimulait pas qu’il appréhendait le nombre 13. Il note, par exemple, qu’il quitta Paris le 13 février 1871 pour se rendre à Bordeaux où siégeait l’assemblée nationale. Dans son wagon-salon, il compta 13 voyageurs. A Bordeaux, on lui avait réquisitionné un appartement au n°13 de la rue Saint-Maur. Au cours de la nuit du 13 mars 1871, relisant ses mémoires, il relevait ces coïncidences bizarres, quand on vint lui annoncer la mort subite de son fils Charles. Une autre fois, ayant 14 invités à dîner, et l’un d’eux s’étant excusé au dernier moment, il fit monter son cocher, afin de n’être pas 13 à table.

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    Gabriele d’Annunzio a conté que, le vendredi 13 décembre 1907, il fut victime d’un grave accident au théâtre Argentina, à Milan. Il en attribuait la responsabilité à la conjonction du vendredi et du 13, d’autant plus volontiers que, ce matin-là, précisait-il, son courrier contenait 13 lettres, l’après-midi, il avait pris un fiacre portant le numéro 13, la course lui avait coûté 13 lires, au déjeuner, ils étaient 13. Après cela, comment s’étonner de découvrir, sous la dédicace d’un de ces livres, expédié d’Arcachon, en 1913, la date ainsi libellée : « Arcachon, le 2 janvier 1912+1 » ?

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    Alexandre Dumas, Théophile Gautier et Sainte-Beuve se trouvaient, un soir, au fameux dîner Magny. Au moment de s’asseoir, ils s’aperçurent qu’ils étaient 13. Ils refusèrent de prendre place avant que le restaurateur leur eût confié son garçonnet pour faire le quatorzième.

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    Jules Massenet (nom composé de 13 lettres) redoutait, cela est notoire, le nombre 13. Il évitait surtout de l’écrire, aussi n’y avait-il jamais de page 13 dans ses manuscrits. Il passait de la page 12 aux pages 12 bis et 14. Pour éluder les 13 lettres de son nom, il signait « Massenet », tout court, et ses cartes de visites portaient seulement « Monsieur Massenet ». N’empêche qu’il mourut un 13, en 1912 (1+9+1+2=13).

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    Edmond Rostand (nom composé de 13 lettres), croyait à l’influence bénéfique du 13. Il débuta avec les Musardises (titre de 13 lettres). Elu au 13e fauteuil de l’Académie française, il en fut le 13e titulaire.

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    L’infortuné président de la République française, Paul Deschanel (nom composé de 13 lettres) s’était marié un vendredi 13. Sa candidature à l’Elysée avait été présentée par la chambre, un 13.

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    Par contre, Gaston Doumergue, le « président souriant », avait été élu un vendredi 13 (juin 1924), et il était le 13e président de la République, dans la 13e législature. Son septennat fut heureux.

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    La célèbre cantatrice Lily Pons a maintes fois déclaré qu’elle était certaine de l’influence favorable du 13, et plus encore du vendredi 13. Autant que possible, elle s’arrangeait pour que les actes importants de sa carrière eussent lieu sous ces auspices. Jusqu’au numéro minéralogique de sa voiture qui était, aux USA : « L.P. – 13 ». C’était une faveur de son admirateur et ami, le président Roosevelt.

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    Plus près de nous, la capsule Apollo XIII victime d’un accident, avait pris son envol un 13, à 13 heures 13.

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    Joe Vandekhoever, un fermier américain de l’Illinois, est décidément voué au nombre 13. Né le 13 novembre 1913, il servit durant la Seconde Guerre mondiale en Europe comme ambulancier et son véhicule sauta sur une mine le 13 février 1945, lui occasionnant de profondes blessures aux jambes. Le 9 avril 1982, il ressentit de lancinantes douleurs au-dessous du genou droit. Un examen radiologique révéla que des éclats de mine, en se déplaçant, irritaient la rotule. Le chirurgien qui devait l’opérer le lendemain eut un empêchement et ne put faire son intervention que le 13. Et quand Joe Vandekhoever sortit de son anesthésie, ce fut pour voir sur une assiette placée sur sa table de chevet treize petits éclats d’acier !

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    Le pape Sixte-Quint condamna à plusieurs reprises toutes les superstition ayant trait au vendredi, comme celle qui affirmait que toutes les chemises cousues le vendredi attiraient les poux. Mais lui-même n’était-il pas superstitieux quand il affirmait que tout lui réussissait ce jour-là ? Il est vrai que c’était le jour de sa promotion au cardinalat, de son élection à la papauté et de son intronisation. Au Moyen Age, les autorités ecclésiastiques trouvèrent un subterfuge pour ancrer dans les masses l’idée que le vendredi n’était pas un jour maléfique : c’était de faire signer ce jour-là les « lettres de rémission ». On appelait ainsi les actes par lesquels un inculpé était définitivement déchargé du crime qui lui était imputé, soit parce qu’il avait prouvé son innocence, soit parce qu’il avait réussi à prouver que son acte avait été commis en état de légitime défense. Cela correspondait donc en gros à un non-lieu ou à un acquittement, mais devait être décidé par le roi et non par les juges. Or, à l’instigation de l’Eglise, le chancelier royal prit l’habitude de sceller le vendredi ces lettres tant attendues de tous ceux qui avaient eu maille à partir avec la justice, assez expéditive à l’époque. Avec ce vendredi et ce 13 aussi craints, on comprend aisément que le vendredi 13 soit le jour de l’année le plus soumis au destin. En fait, pour les astrologues, le vendredi 13 n’a pas de valeur particulière en soi, ni maléfique ni bénéfique. Tout dépend de sa tonalité astrale, cette dernière étant fonction de la planète gouvernant le premier jour de l’année. Nous venons d’aborder deux superstitions prenant leur source dans l’histoire religieuse. D’autres sont, en fin de compte, l’émanation du bon sens. Ainsi, quand on passe sous une échelle, on a plus de chances de recevoir quelque chose sur la tête qu’en faisant un détour pour l’éviter. Mais il n’en va pas toujours ainsi.

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    A-t-on remarqué que les Etats-Unis semblent voués au 13 ? Ils furent fondés avec 13 Etats. Sur leur premier drapeau, les « stars and stripes » étaient au nombre de 13. Leurs armoiries portent 13 étoiles au front L’aigle central tient, d’une serre, un rameau d’olivier, et de l’autre 13 carreaux de Jupiter. Chaque aile de l’aigle a 13 plumes. Recouvrant presque entièrement le corps du rapace, on distingue un écusson à 13 rayures.

    Durant la période de l’entre-deux-guerres, un Club des Treize s’était fondé à Paris. Il s’agissait d’une réunion très fermée de 13 hommes d’affaires importants, anciens officiers combattants… et anti-superstitieux. Statutairement, ils devaient se réunir tous les vendredi 13 (c’est-à-dire deux ou trois fois l’an) pour déjeuner, à 13 heures, dans le 13e arrondissement, et, dans la mesure du possible, dans un restaurant situé au numéro 13 d’une rue quelconque. A l’issue du premier déjeuner, l’un des convives mourut d’apoplexie (peut-être d’indigestion ?) en rentrant à son bureau. Le Club des Treize avait vécu.

    ***

    De tels exemples, on pourrait en citer à l’infini. Pour démontrer quoi ? Rien. Rien ; sinon qu’il y a des conjonctures vraiment étranges dans la vie de tous les jours. Touchons du bois, quand même et gardons l’œil ouvert et le bon si possible…

     

    Tyron – Mai 2010


  • Commentaires

    1
    yoyoskydiver33
    Mardi 1er Juin 2010 à 03:07
    mort du coureur cycliste tom simpson sur le ventoux,le 13 7 58,portant le dossard 49,la 13 eme etape,sa femme ayant révé sa mort,mais n'ayant pu le joindre au telephone pour lui dire d'arreter le tour......avec de mutiples coincidences de chiffres sur son classement avec le chiffre 13 et,le7,(7par 7=49,4plus9=13) il etait 13eme au general,il avait fait 13eme la veille,etc.....j'ai du en oublier ????
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