• Les univers parallèles

     

    Portes vers le passé et le futur

     

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    En 1901, au château de Versailles, aux jardins du Trianon : deux anglaises en promenade prétendent se retrouver au beau milieu du XVIII° siècle, au temps de Marie-Antoinette. Albert Einstein aurait dit à propos de l'’énigme du Trianon, l’'une des plus célèbres de la parapsychologie : « Ces dames ont trébuché dans le temps. » Quant à Jean Cocteau, il estimait que, si un jour les avions volaient à la vitesse de la lumière, ils atteindraient un univers « dont une porte s’'est ouverte par erreur le 10 août 1901 pour miss Moberly et miss Jourdain ». Mais il existe d’autres endroits propice aux aventures temporelles, d’'autres lieux, des portes s’'ouvrent aussi sur le passé et le futur.

     

    1- L’'affaire du Trianon :

     

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    Le 10 août 1901, dans l’'après-midi, miss Moberly et miss Jourdain visitent le château, puis le parc de Versailles. Les voici qui dépassent le Grand Trianon et cherchent à gagner le Petit Trianon, mais sans connaître précisément l'’itinéraire. Le temps est couvert. Elles aperçoivent alors sur le pas d’'une porte une femme qui secoue une nappe blanche. A côté, une charrue et d’'autres outils qui semblent abandonnés. Plus loin, deux hommes, des jardiniers semble-t-il, coiffés de tricornes et vêtus de vestes vert-de-gris, se tiennent près d’'une brouette. Les demoiselles leur demandent leur chemin : ils disent de continuer tout droit.

     

     

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    versailles et son petit trianon

     

    L’'atmosphère se fait pesante. Les deux visiteuses ressentent une impression grandissante d'’inquiétude. Le paysage devient comme irréel, semblable à une tapisserie. Un homme est assis sur les marches d’'un petit kiosque. A l'’approche des deux demoiselles, il tourne la tête : son visage est sinistre, repoussant. Puis un autre homme arrive en courant. Comme le précédent, il est coiffé d’'un sombrero. Il leur dit : « Mesdames, il ne faut pas passer par là. Par ici, cherchez la maison. » Plus loin, apparaît le Petit Trianon : devant le bâtiment, une dame semble lire ou dessiner. Ses cheveux sont blonds ; elle porte une robe drapée et un fichu sur les épaules. Ensuite, un jeune homme indique leur chemin aux deux Anglaises et les accompagne. Elles quittent alors les jardins du Trianon.

     

    La véritable question qui se pose depuis près d'’un siècle est de savoir si les deux demoiselles ont réellement rencontré des personnages et un paysage d’'une autre époque et si la femme blonde était bien Marie-Antoinette, reine de France et épouse de Louis XVI. Mais l’'histoire ne s'arrête pas là ; miss Jourdain retournera seule à deux reprises sur les lieux. Le 2 janvier 1902, elle voit deux hommes vêtus de tuniques qui remplissent une charrette de fagots, puis entend des voix de femmes alors qu’en même temps retentit une étrange musique. Et le 12 septembre 1908, elle assiste à la dispute de deux femmes. Les deux protagonistes ont raconté leur histoire dans leur livre: Une Aventure, dont la première édition parut à Londres en 1911.  L’'une des éditions françaises, quasi introuvable, préfacée par J. Cocteau et présentée par le parapsychologue Robert Amadou, a été publiée en 1978 aux éditions du Rocher sous le titre: Les Fantômes de Trianon.

     

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    Mais il y eu d’'autres témoins par la suite :

     

    En 1908, une famille anglaises, les Crooke, aurait rencontré par deux fois une femme en train de dessiner. En 1935, le français Robert Philippe, futur professeur de dessin, se promène avec ses parents. Il engage la conversation avec une femme qui disparaît ensuite. D'’autres témoignages britanniques ont été signalés en 1928, 1937, 1938, 1949… Le 21 mai 1955, un avoué londonien et son épouse rencontrent à Trianon une femme en robe jaune accompagnée de deux hommes vêtus de costumes du XVIII° siècle.

     

    Des analyses troublantes :

     

    Les recherches menées par les deux Anglaises sur leur aventure ont montré les points suivants : La « dame » évoque le portrait de Marie-Antoinette peint par Wertmüller. Les gardes du XVIII° siècle portaient bien des tenues vertes ( ce n’étaient donc pas des jardiniers ). Il n’'y avait pas de charrue à Trianon en 1901. L'’homme qui courait avait indiqué une « maison » : or, la reine appelait le Petit Trianon sa « maison de Trianon ». La porte de la chapelle par laquelle sortit le jeune homme n’avait pas été ouverte depuis 1892. La musique entendue par miss Jourdain en 1902 serait caractéristique des partitions composées vers les années 1780.

     

    Plusieurs hypothèses…

     

     

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    On a évoqué une hallucination ou une « mislocation », c’est-à-dire une fausse localisation des objets à la suite de perceptions confuses et d'’interprétations erronées. Faut-il alors envisager un rêve éveillé ? Peut-être, surtout s’il est associé à de la télépathie. Auraient-elles captées un rêve ? Celui de Marie-Antoinette… L'’intérêt de cette étrange histoire est qu’elle rayonne dans toutes les directions. Si A. Einstein s’y est intéressé à cette énigme, c'’est parce que, selon la théorie de la relativité, il ne serait pas impossible de voir de nos jours Marie-Antoinette dans les jardins de Versailles. Mais à une condition : être très loin de la Terre. En effet, un observateur se trouvant à deux cents années-lumières de notre planète et braquant un télescope vers la Terre, y verrait alors nos ancêtres d'’il y a deux siècles. Autre hypothèse évoquée, l’'univers parallèle. Nous vivons dans un univers à quatre dimensions : la longueur, la largeur, la hauteur et le temps. Les trois premières peuvent être parcourues dans les deux sens. Le temps, lui, ne peux l’'être que dans un sens seulement et à une vitesse constante.

    On peut donc imaginer un autre univers, un autre espace-temps, où le temps pourrait, lui aussi, être parcouru dans les deux sens et à vitesse variable. Supposons ensuite que ces deux univers, comparables à deux trains roulant sur des voies parallèles, entrent parfois en collision et que des portes ou des brèches s’ouvrent alors, permettant de passer de l’'un à l’'autre. On appelle ainsi ces portes des « points de conjonction spatio-temporels ».

     

    On a supposer que le site de Versailles serait propice à des phénomènes de ce type. Les conditions atmosphériques y seraient spéciales ; des courants telluriques parcouraient le sol. Ne serait-ce pas d’'ailleurs la connaissance de telles particularités qui aurait incité le roi Louis XIV à choisir ainsi Versailles comme capitale de son royaume ? 

     

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    Mais Versailles n’est pas le seul endroit propice aux aventures temporelles….

     

     

    Dans son livre : Invitation au château de l'’étrange, l’'ethnographe Claude Seignolle raconte la bien étrange histoire arrivée à un certain Robert Philippe, devenu par la suite professeur d’'histoire de l’'art.

     

     Voici les faits :

     

    Alors que, jeune étudiant, il se promenait avec ses parents, un matin de juin, dans les jardins de Trianon, il s’'éloigna un instant pour allumer une cigarette. En relevant la tête, il eut la surprise de voir à ses côtés une jolie jeune femme, habillée à l'’ancienne, le regardant droit dans les yeux. Etonné, il balbutia quelques phrases de circonstance et, ne trouvant rien d’'autre à dire, demanda à cette étrange inconnue, qui semblait absorbée par la beauté du jardin, si elle était une habituée des lieux. Elle lui répondit que oui, et même qu’'elle habitait là. Le jeune homme s’'écria alors : « Mais, Trianon n’'est pas habité, c'’est fermé ! » ; le jeune femme sourit et lui répondit : « Oui, mais pas pour moi ! » Sa cigarette venait de s’'éteindre ; le temps de baisser la tête pour la rallumer et la jeune fille s’'était envolée ! Ses parents, par contre, étaient bien là, postés au bout de l’'allée… et ils étaient tout étonnés de l’'avoir vu parler tout seul pendant quelques instants.

     

     

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    Toujours dans son même livre, une autre histoire, celle de Jean Romier, 24 ans et étudiant en médecine. En 1925, il profita d’'une belle journée pour aller réviser ses cours dans les jardins du Luxembourg, à Paris. Ce lieu allait s'’avérer être, comme Versailles, une de ces étranges portes vers le passé. Le futur médecin était penché sur ses notes quand vint s’'asseoir près de lui un vieil homme en redingote ( en 1925, ce n’'était pas un costume extravagant ).

     

    La conversation se noua autour de quelques sujets futiles et,  au bout d’'une petite heure, le vieillard invita l’'étudiant à un concert de salon qu’il donnerait le jeudi suivant dans sa maison de famille de la rue de Vaugirard. A la date et l’'heure dites, Jean Romier se rendit chez Mr Alphonse Berruyer, le vieil homme, qui l'’attendait avec une dizaine d’'autres invités. Cette soirée se déroula dans une douce atmosphère baignée par la musique de chambre. Vers 22 h, le jeune homme salua ses hôtes un à un et descendit dehors. A peine avait-il fait quelques pas dans la rue qu’il ressentit le désir de fumer une cigarette. Il s’'aperçut alors qu’il avait oublier son briquet chez son hôte. Il remonta et sonna à la porte, mais personne n’ouvrit. Alors que quelques minutes seulement ne s'’étaient écoulé depuis son départ… Finalement, le concierge, alerté, monta : « Monsieur Berroyer ? Connais pas ! Voilà vingt ans que cet appartement est inoccupé ! » Plus le jeune homme s’'expliqua, plus l’'affaire devint confuse. Elle se termina au commissariat du quartier en présence d’'un certain M. Mauger, propriétaire de l’'appartement en question. Le récit du jeune homme, pris pour un cambrioleur, étonna quand même tout le monde. Oui, l’'appartement avait bien été occupé par M. Berroyer, aïeul de M. Mauger, mais il était mort depuis plus de 20 ans !

     

     

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    jardin du luxembourg

     

    On se décida à ouvrir les portes de l’'appartement : il n’'y avait plus trace du mobilier cossu entrevu quelques heures auparavant par l’'étudiant. Le parquet était recouvert de poussière, mais il reconnu, à son grand étonnement une photographie disposée sur une console : il reconnu le jeune séminariste avec lequel il avait pris plaisir à discuter. M. Mauger lui dit : « Cela m’'étonnerait beaucoup que vous ayez pu parler avec lui ce soir : c’'était mon grand oncle, mort en Afrique où il était missionnaire ! », « Mais ce n’'est pas possible répondit le jeune homme. Il y a à peine trois heures, nous étions là, près de la cheminée, à discuter en fumant ! » Comme pour asseoir sa conviction, il s’'approcha du tablier de marbre de la vieille cheminée. Là, couvert de poussière, reposait son briquet !

     

     

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    Si le « passage temporel » emprunté au jardin du Luxembourg reste d’'usage hasardeux, il n’'en va pas de même, d’'autres portes vers le passé qui semblent s'’entrouvrir de façon régulière, sinon permanente. Il en est ainsi dans la vaste forêt d’'Andaine, près de Juvigny-sous-Andaine ( Orne, France ). Il est fréquemment arrivé que des promeneurs ou chasseurs égarés s'’y retrouvent dans une clairière, attirés par les lueurs de grands feux visibles de loin. La scène entr’aperçue est toujours la même et personne n’a jamais osé en aborder les acteurs. Là, des hommes aux mines patibulaires, vêtus de la façon la plus fruste- de peaux de bêtes principalement !- , festoient, dévorant une carcasse animale. Leurs maisons, des huttes et des cabanes plantées autour de la place commune éclairée par un unique brasier, animent ce paysage semblant sortir tout droit d’'un livre d’'école consacré à la préhistoire. Tous ceux qui, avant de préférer retourner se perdre dans la forêt, ont observé un moment cette scène, sont convaincus d’avoir échoué en pleine préhistoire.

     

     

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     Or, il se trouve que la forêt d’'Andaine, riche en polissoirs, était à l'’âge du bronze parsemée de petits villages forestiers. Autre porte vers le passé dont les manifestations sont constantes : les ruines de l’'ancienne abbaye de Lez, près de Saint-Martin-Lys ( Aude ). Il est fortement déconseillé de se promener entre les vieilles pierres dans les nuits des 15 au 16 août et des 1er au 2 novembre. Ce paysage abandonné, romantique à souhait, est alors l’'objet, à peine le soir tombé, d’'un phénomène étrange par sa constance. D’'abord, on entend des cloches distinctement tinter, puis des chants liturgiques collectifs qui semblent s’'élever des ruines, les voix se répercutant en écho entre les vieux pans de murailles. A la fin du XIX° siècle, l’'ingénieur Ernest Cros, physicien habitant la région, voulut en avoir le cœur net et passa l’'une des nuits fatidiques au milieu des ruines. Il ne put que constater ce bond dans le temps, la présence de ces voix- comme si, au même endroit, deux périodes pourtant très éloignées dans le temps se superposaient et se chevauchaient. En bon rationaliste, il ne put que mettre le phénomène sur le compte de « règles physiques inexpliquées ». Mais la vérité est sans doute tout autre. En 1573, l’'abbaye fut prise par des huguenots qui en faisaient le siège. C’'était au soir du 15 août. Ils passèrent la nuit à massacrer les 200 moines de la façon la plus ignoble. Les corps mutilés furent retrouvés le surlendemain par des paysans au lieu-dit la Plage. Depuis, les vestiges de l’'abbaye semblent franchir les barrières du temps deux fois par an. L'’un de ces passages a lieu à la date anniversaire des faits, comme si les deux calques, celui du passé et celui du présent, avaient besoin d’une superposition exacte pour entrer en syntonisation. L'’autre date, le 1er novembre, c’est la Toussaint, la nuit des défunts- moment ou s’'accomplit, selon les chrétiens, une complète connivence entre le monde visible et le monde invisible.

     

     

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    A Verviers, en Belgique, il arrive aussi que les paysans du hameau se retrouvent, certains soirs de juin, au milieu d'’une exacte répétition de la bataille de Waterloo, comme si elle n’'avait jamais cessé de se jouer, quelque part dans les replis de l'’espace et du temps. Sur une plage de Dieppe en Normandie, deux pêcheuses à pied qui arpentaient la grève eurent la surprise de se retrouver projetées d’'un coup dans une réplique exacte du « débarquement ». En fait, en 1942, les alliés avaient procédé à un test en grandeur nature des capacités de défense des Allemands, organisant un faux débarquement. Ce fut une boucherie. Presque tous les jeunes soldats qui, trompés, étaient persuadés de participer à une véritable invasion, y laissèrent leur vie. C'’est cette scène d'’horreur qui, sous ces terribles pressions, semble avoir fait voler en éclat une des cloisons séparant entre elles les strates du temps. …Un cas semblable est encore régulièrement observable, près de Saint-Martin-de-Ré, sur l’'île de Ré, près du vieux pont du Fénau. En 1627, une tentative de débarquement anglais y fut réduite à néant. Depuis, il est arrivé à des témoins de se retrouver projetés cette année-là, mais dans une superposition cette fois imparfaite des deux époques, les manifestations étant seulement sonores. Qui ne serait surpris, en un lieu désert, d’'être enveloppé de cris de guerre et de terribles gémissements de mourants ? Encore un cas, ici près de Montlaur ( Aude ), le paysage qui entoure la vieille métairie des Ilhes s’'anime étrangement certains soirs ; cliquetis d’armes, jurons incompréhensibles, hurlements de douleur : ici se rejoue la grande bataille qui eut lieu au VI° siècle de notre ère près du mont Alaric.

     

    Dans les plaines de Saint-Etienne-du-Vigan ( Haute-Loire ), le phénomène bat tous les records de longévité, puisque c’est une bataille datant de la guerre des Gaules qui s’y déroule encore épisodiquement. L’'archéologie est venue depuis démontrer que de très âpres combats avaient dû y avoir lieu vers 52 avant notre ère. Dans presque tous les cas analysés ici, c'’est le visiteur qui est projeté vers le passé et non pas les temps anciens qui viennent à lui. Ce qui a toujours marqué les témoins de telles scènes, c’'est, qu’'à leur grand soulagement, les combattants du passé un moment entrevus- parfois de très près ! – ne semblaient même pas les voir. Pourtant, il existe un endroit où ces manifestations ont donné lieu à mort d'’hommes. Ainsi, dans les paysages marécageux d’'Auray ( Morbihan ), on peut parfois avoir la malchance de tomber en pleine guerre de Cent Ans. Il s’y déroula, en 1364, un très sauvage combat. Les témoins visuels ayant assisté et survécu à ces scènes parlent toujours de chevaliers en armes, couverts de sang, marchant et titubant les uns vers les autres, armes à la main. Ces émergences du passé, sorte de kaléidoscope nocturne, seraient l’'unique cause d'’inexplicables décès par crise cardiaque survenus sur des paysans de la région. On les retrouva raides morts, au petit matin, dans les sinistres marécages bretons…

     

     

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    Vous voilà prévenus, alors si le coeœur vous en dit, osez et tenter l’'aventure dans ces lieux étranges, du voyage dans le temps. Mais attention car …il n’'est pas dit que le voyageur dispose toujours d’un billet de retour !

     

    La taverne de l’'étrange- 7 août 2006

     


     

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  • Commentaires

    1
    visiteur_Syx
    Dimanche 5 Novembre 2006 à 21:02
    Salut, cet article assez flachant^^ d'o?ens-tu tes sources? le sujet m'int?sse :)
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    visiteur_Lafaucheuse
    Mardi 29 Avril 2008 à 10:51
    Bonjour Tyron,

    Chaque fois que je viens sur ton site, c'est un pur r?l. Bravo pour cet article, et continue ?ous apporter tous ces tr?rs!

    A bient?
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