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    Ray Harryhausen  
    Un des grands pionniers des effets spéciaux au cinéma, Ray Harryhausen, connu pour son travail dans des films tels que "Jason et les Argonautes" (1963) et "Le choc des Titans" (1981), est mort mardi 7 mai 2013 à l'âge de 92 ans à Londres, a annoncé sa famille. 
    Les commentaires laudatifs ont afflué en provenance d'Hollywood dès l'annonce de la disparition de cet homme né en 1920 à Los Angeles, créateur de la Dynamation (technique de combinaison des prises de vues réelles et de miniatures) dans les années 50. 
    "Ray nous a tous grandement inspirés dans l'industrie" des effets spéciaux, a ainsi réagi George Lucas, le réalisateur de la célèbre série "La Guerre des Etoiles". 
    "L'art de ses premiers films, avec lesquels la plupart d'entre nous ont grandi, nous a tellement inspirés. Sans Ray Harryhausen, il n'y aurait probablement pas eu de Star Wars", a-t-il ajouté. 
    Quant au réalisateur néo-zélandais Peter Jackson, il a dit de sa saga "Le Seigneur des anneaux" que c'était son "film Ray Harryhausen", car "il n'aurait jamais été fait, pas par moi en tout cas" sans l'apport de ce maître des effets spéciaux.
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    CANNIBALISME

    UN TABOU ULTIME VENU DU FOND DES ÂGES

     

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    Ces derniers mois, les exemples d’hommes anthropophages se sont multipliés dans divers pays. Enquête sur un crime jugé comme le plus abject dans l’humanité et qui, pourtant, n’est pas inscrit dans le code pénal français.

     

    Un homme dévore le visage de son prochain à Miami en mai 2012 et voilà la planète qui s’enflamme sur l’arrivée des zombies. Deux jours plus tard, à Baltimore (Etats-Unis), un étudiant tue, dépèce et ingère des parties du corps de son colocataire et c’est la consternation. Les faits divers survenus ces derniers mois à travers le monde impliquant le cannibalisme sont-ils fréquents ? Assurément pas. Mais les cas existent. Et nous rappellent que l’anthropophagie fait partie de l’histoire de l’humanité.

    Tuer et manger son prochain. Voilà un crime- non prévu comme tel dans le droit pénal français- qui fait probablement partie des derniers tabous de l’être humain occidental, terrible interdit à la fois fascinant et repoussant. C’est au cinéma que l’on doit les images les plus marquantes de cannibalisme. C’est au cinéma que l’on doit les images les plus marquantes de cannibalisme. Au premier chef, Le Silence des agneaux et son personnage principal, Hannibal Lecter, sont instantanément entrés dans l’histoire des salles obscures, peut-être même celle de notre inconscient. De la même manière, chaque nouveau fait divers impliquant un cannibale attire l’attention d’un public massif.

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    Un million d’exemplaires pour les photos du cannibale japonais

    « En 1981, le mensuel Photoss’était procuré les images de l’identité judiciaire du fameux cannibale japonais Issei Sagawa, qui avait tué et consommé une étudiante néerlandaise à Paris. Ils avaient tiré leur numéro à un million d’exemplaire », rappelle Georges Guille-Escuret, ethnologue et spécialiste du cannibalisme. Issei Sagawa vit aujourd’hui au Japon, sous surveillance policière. Il a écrit de nombreux best-sellers racontant son histoire. « Il n’y a pas de sujet plus scabreux que le cannibalisme. Cette phobie fait que celui qui s’y intéresse est souvent suspecté de fascination morbide. Mais si l’anthropologie est une science, alors elle doit désactiver cette angoisse » assure le chercheur. Le cannibalisme trouve ses racines dans les périodes les plus reculées de l’histoire. Principalement sous forme rituelle. Ainsi, à l’époque où les jésuites tentaient d’évangéliser l’Amérique centrale et du Sud, les religieux ont été en contact avec des aztèques. Ils décrivent ainsi le supplice des prisonniers de guerre, capturés sur le champ de bataille. Pour ces derniers, relate George Guille-Escuret en citant les manuscrits jésuites : « C’est une fin honorable d’être tué et mangé par son ennemi. Ma seule inquiétude est d’être tué par un novice, comme un fils de chef. »

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    Issei Sagawa

    « Pas de pire insulte »

    Manger son ennemi pouvait servir alors de rite de passage et comme un moyen de « monter en grade » dans une société particulièrement stratifiée. Le cannibale traite ici son ennemi comme son alter ego, « tué mais pas vaincu ». De la même manière aux Fidji, rappelle l’ethnologue, « il n’y avait pas de pire insulte faite à son ennemi vaincu que de laisser son corps sur le champ de bataille plutôt que de l’emmener afin de la manger ». Mais l’acte pour un être humain de manger son semblable n’est en rien un fait ancestral, qui remonterait, comme on pourrait le croire, à l’époque où l’homme vivait telle une bête. Son apparition relève d’une situation exceptionnelle dans une société, profondément liée à deux éléments : le régime politique et la démographie. Une population trop ou pas assez importante peut mener à ces faits. En Occident, le cannibalisme est le crime le plus grave, depuis l’Antiquité. Zeus, le plus grand des dieux grecs, a réussi à survivre à son père Chronos (le temps) qui dévorait ses enfants. Avec l’apparition de la religion chrétienne, l’anthropophagie devient sacrilège car l’homme est fait à l’image de Dieu et toucher à sa chair revient à insulter Dieu.

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    -En 1972, des rugbymen anthropophages-

    Le seul cannibalisme « acceptable » est celui de la subsistance. Ainsi, l’épisode connu d’une équipe de rugbymen uruguayens dont l’avion s’était écrasé dans la cordillère des Andes, en 1972. Les survivants avaient été contraints de se nourrir sur des cadavres, au prix de traumatismes profonds. Mais comme, dans nos contrées, le cannibalisme a disparu, le crime de dévorer son semblable est devenu inimaginable. C’est pour cette raison que les cannibales les plus connus provoquent une telle fascination. Il existerait quatre types de cannibalisme criminel. Sexuel, agressif, spirituel et de plaisir. Plusieurs exemples rappellent qu’un cannibale peut manger sa victime pour satisfaire un appétit sexuel. Le pire spécimen, l’Américain Albert Fish. Surnommé le « Vampire de Brooklyn », il aurait tué et mangé des dizaines de victimes, toutes des enfants, après les avoir torturés et violés. Il fut jugé et condamné à la chaise électrique, en 1936. Son cas inspira notamment le « maître de l’horreur », le romancier Stephen King.

    Parmi les cannibales d’agressivité, le cas d’Ed Kemper, au début des années 1970, aux Etats-Unis. Brimé par sa mère qui le forçait à dormir dans la cave, il a commencé à tuer des auto-stoppeuses, en mangeant des parties du corps de deux d’entre elles, pour « les posséder pour toujours », a-t-il affirmé lors d’entretiens. Ed Kemper a fini sa course tragique en assassinant sa mère pour utiliser sa tête comme cible pour fléchettes… Condamné à la prison à vie, il est toujours détenu en Californie. Pour ce type de tueur, dénigrer, dominer, blesser et humilier la victime offre un contrôle ultime, sa motivation principale.

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    Le cannibalisme spirituel existe de longue date, et un fait divers récent survenu au Brésil l’illustre parfaitement. Quant à l’anthropophagie de plaisir, le cas du Japonais Sagawa est éloquent. Il voulait goûter de la chair humaine et a affirmé par la suite que « rien n’est plus délicieux ». De nombreuses recherches restent à mener dans le domaine particulier qu’est la cannibalisme criminel moderne. Il existe de nombreuses théories mais peu d’entre elles expliquent totalement pourquoi certaines personnes mangent de la chair humaine. Georges Guille-Escuret, le chercheur du CNRS, précise que « dans toute société hiérarchique disposant d’un Etat, le cannibalisme cesse d’exister ». S’il a ainsi disparu de la surface de la Terre, sous sa forme ritualisée, des réminiscences subsistent et font régulièrement la « une » des journaux à sensation. Pour exorciser ce crime qui dépasse l’imagination.

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    Source- magazine « 100% Vrai faits divers » n°1 sept-octobre 2012


     

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  • Ray Bradbury

    L'un des plus grands auteurs d'anticipation et de SF du XXème Siècle est décédé le 5 Juin 2012.

     
     
    L'auteur d'œuvres  cultes tels que Chroniques martiennes et Fahrenheit 451 a marqué la littérature mondiale.
     
    Il fut assez souvent visionnaire  et avait une façon très personnelle d'appréhender le futur et l'avenir. Ray Bradbury avait 91 ans. Les hommages affluent, et celui du Président Obama met en exergue combien cet écrivain et poète du fantastique fut une voix importante durant ses sept décennies d'activité littéraire :
     
    "Son talent de conteur a redessiné notre culture et élargi les frontières de notre monde. (...) Ray a compris que notre imagination pouvait améliorer la compréhension entre les hommes, être un outil de changement et une expression de nos valeurs les plus précieuses " (Communiqué officiel)
     
    Steven Spielberg, quant à lui, a déclaré qu'il fut son principal inspirateur pour ses films de science-fiction.
     
    Une œuvre immense
     
    Si Bradbury était l'un des plus grands, il fut également l'un des plus prolifiques avec  une trentaine de romans, environ cinq cents nouvelles, mais aussi des poèmes, des contes, et des scénarios (notamment ceux du film Moby Dick, et de nombreux épisodes des séries Alfred Hitchcock présente, La 4ème dimension).
     
    Parues en 1950, ses  Chroniques Martiennes sont rapidement un best-seller : Bradbury y décrit la tentative des Terriens de coloniser la planète Mars.
     
    Fahrenheit 451, paru en 1953, est son autre chef-d'œuvre : l'auteur narre les mésaventures d'un pompier, Montag, qui a pour mission de brûler tous les livres de la ville.
     
    Le titre correspond à la température de combustion du papier...
     
    Prédictions et anticipations
     
    À plusieurs reprises, Ray Bradbury a déclaré qu'en écrivant, il tentait d'empêcher un avenir possible et non de le prédire.
     
    Pourtant, Bradbury est l'auteur de prédictions alarmantes que l'on doit considérer comme des avertissements, voire des critiques de notre culture - et il ne s'est pas souvent trompé.
     
    Dans Fahrenheit 451, il fait de nombreuses prédictions sur notre civilisation post-moderne : il y anticipe et dénonce le  consumérisme,  le divertissement généralisé et l'abrutissement de la population.
     
    Il décrit une société où les individus restent chez eux et sont obsédés par le divertissement : les personnages ont rarement des amis, et s'ils sortent de chez eux, c'est pour aller regarder la télévision chez leurs "relations".
     
    L'un des personnages, Clarisse, jeune fille de 17 ans, est considérée comme différente parce qu'elle aime la vie, les fleurs, marcher sous la pluie, et avoir des conversations profondes avec Autrui. Dans  sa nouvelle The Pedestrian, (Le Promeneur - 1954), il reprend ce thème : le protagoniste Leonard Mead est arrêté parce qu'il se promène et ne possède pas de télévision
     
    Toujours dans  Fahrenheit 451, Bradbury fait montre de ses capacités prophétiques. Dans le livre, l'épouse de Guy Montag, le héros,  passe ses journées avec des écouteurs dans les oreilles et regarde un écran de la taille du mur du salon (ce qui correspond exactement à nos baladeurs et autres MP3, et à nos écrans plats géants).
     
    « Il n'y a pas besoin de brûler des livres pour détruire une culture. Juste de faire en sorte que les gens arrêtent de les lire » Fahrenheit 451.
     
    En fait, l'écran sert aussi à communiquer avec l'extérieur via le mur numérique - ce qui prédit une des utilisations d'Internet et/ou les visio-conférences
     
    Bradbury décrit dans ce chef-d'œuvre une Amérique où les gens sont accros aux médias électroniques destinés à l'information et au  divertissement, où la lecture et la culture sont accessoires voire délaissées. 
     
    Selon une étude récente, les Américains passent en moyenne 5,2 heures par jour à regarder la télévision, 3 heures par jour en ligne et une autre heure avec leurs téléphones mobiles.
     
    Dans cette société où la solitude règne (cf. le titre significatif de l'une de ses nouvelles  Alone Together),  et où la technologie est omniprésente, Bradbury a décrit comment il craignait que les téléviseurs changent  le monde. C'est un drame actuel : en effet, des millions d'individus souffrent de la solitude et de l'isolement social, malgré les moyens de communication! Bradbury avait bien anticipé ce fléau sociétal.
     
    Il avait prévu une société où les écrans TV sont omniprésents !
     
    L'idée de la surveillance électronique a largement été traitée par Bradbury bien avant que les caméras n'envahissent nos villes. Car aujourd'hui , les caméras en circuit fermé sont devenus incontournables dans les villes à travers le monde.
     
    Bradbury dénonce également la couverture médiatique des événements en direct, les nouvelles sensationnalistes, l'immédiateté de l'évènement.
     
    Toujours dans  Fahrenheit 451, il décrit des guichets automatiques bancaires, qui présentent une ressemblance frappante avec nos distributeurs automatiques.
     
    Par ailleurs, Bradbury semble être l'un des premiers à avoir décrit l' Effet Papillon dans la nouvelle Sound of Thunder : comment changer une petite chose peut avoir des effets imprévisibles sur ce qui va arriver. Il narre l'histoire d'un homme sur un safari qui attrape un papillon : la mort de l'insecte change radicalement l'avenir...
     
    Ray Bradbury fut un pionnier de la science-fiction, au même titre que H.G. Wells et a inspiré plusieurs générations qui ont vu émerger des monuments de la SF tels que Philip K. Dick et William Gibson, qui se sont inspirés de sa capacité à construire des mondes crédibles peuvent décrire et anticiper un avenir pas si lointain.
     
    «Tout ce que l'on rêve est fiction et tout, ce que l'on accomplit est science, toute l'histoire de l'humanité n'est rien d'autre que de la science-fiction. » Ray Bradbury, lors d'une interview à la BBC en 1995.
     
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    ET VOUS, QUEL SERAIT VOTRE DERNIER REPAS ?

     

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    Ou cela arrivera-t-il ? Quand ? Dans quelles circonstances ? Chacun d’entre nous s’est déjà posé ces questions concernant sa mort. Les condamnés à la peine capitale, eux, connaissent la réponse.

     

    Ils savent ce qui les attend et doivent prendre leurs dispositions pour affronter cette ultime et suprême épreuve. Aux Etats-Unis, ils peuvent choisir leur dernier repas à condition que le coût n’excède pas une quarantaine de dollars. Et bien que dans une telle situation un petit verre ne serait pas de trop, aucun alcool n’est autorisé. Certains ne peuvent rien avaler, d’autres se gavent sans vergogne. Des attitudes qui en disent long sur leur capacité à éprouver- ou non- un quelconque sentiment de culpabilité. Ou de crainte. Voilà pourquoi nous vous invitons à présent, expérience morbide mais instructive, à partager les ultimes agapes de criminels « célèbres »…

    ***

     

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    JONATHAN WAYNE NOBLES

    Exécuté par injection létale le 7 octobre 1998 à 18h18, au Texas.

    Nobles a massacré deux jeunes filles. L’une a reçu 28 coups de couteau. L’autre a été violée, à demi étranglée puis noyée dans sa baignoire. Le condamné est mort en fredonnant « Silent Night » (Douce Nuit en français).

    Dernier repas : Une hostie. Jonathan Wayne Nobles a juste réclamé l’eucharistie.

    * 

    02

    RICKY RAY RECTOR

    Exécuté par injection létale le 24 novembre 1992 dans l’Arkansas.

    Après avoir abattu un homme en discothèque, Rector a tiré et tué le policier qui tentait de l’arrêter.

    Dernier repas : Steak, poulet frit et tarte à la noix de pécan. Détail horrible et cocasse à la fois : Ricky Ray Rector n’a pas mangé son dessert qu’il a déclaré vouloir garder « pour plus tard ».

    * 

    03

    YOSVANIS VALLE

    Exécuté par injection létale le 10 novembre 2009 au Texas.

    Dealer de drogue, Valle a abattu un homme dont il cambriolait la maison. Avant de mourir, il a remercié le directeur de la prison et l’aumônier puis déclaré : « Je me sens bien. J’aime ma famille, Jésus. Je suis prêt. »

    Dernier repas : Un hamburger, du riz, des tomates, des jalapenos (des petits piments mexicains), du fromage, des oignons, le tout arrosé de vinaigrette.

    * 

    04

    JOHN WAYNE GACY

    Exécuté par injection létale le 10 mai 1994 à 0h58, dans l’Illinois.

    Homosexuel contrarié, il a tué 33 personnes- pour la plupart des hommes jeunes- en les étranglant après les avoir menottés, torturés et violés. Ses derniers mots furent : « Kiss my ass ! », ce qu’on peut traduire par « Va te faire foutre ! ».

    Dernier repas : Une douzaine de crevettes frites, une barquette de poulet frit, des frites et une livre de fraises.

    * 

    05

    ANGEL MATURINO RESENDIZ

    Mise à mort par injection létale le 22 juin 2006 à 20h05, au Texas.

    Resendiz a égorgé au moins 15 personnes à travers les Etats-Unis, en assortissant ses crimes de sévices sexuels. « Je sais que j’ai laissé le diable diriger ma vie », a-t-il dit avant de mourir.

    Dernier repas : Seulement des bonnes paroles. Angel Maturino Resendiz a refusé toute nourriture.

    *

            

    STANLEY TOOKIE WILLIAMS

    Exécuté par injection létale le 13 décembre 2005 à 0h35, en Californie.

    Chef du gang des Crips, une bande redoutable, Williams a abattu quatre personnes dont il cambriolait le domicile. Durant son incarcération, ce fou de la gâchette est devenu un militant de la paix et de la non-violence et certains ont même songé à proposer sa candidature pour le prix Nobel de la paix !

    Dernier repas : Bouillie d’avoine et lait.

    * 

    07

    KARLA FAYE TUCKER

    Mise à mort par injection létale le 3 février 1998 à 18h45, au Texas.

    Surprise alors qu’elle volait la moto d’un voisin, Karla Tucker a tué deux personnes à coups de hache.

    Dernier repas : Salade du jardin avec sauce ranch, une pêche, une banane. Un menu étonnamment sain et équilibré. Peut-être Karla Tucker espérait être sauvée in extremis par une mesure de grâce. Elle a voulu garder la ligne jusqu’au bout.

    * 

    08

    ODELL BARNES JUNIOR

    Exécuté par injection létale le 1er mars 2000 à 18h34, au Texas.

    Barnes a battu, poignardé puis achevé d’une balle dans la tête une infirmière dont il essayait de cambrioler la maison.

    Dernier repas : Rien. Le condamné, tel un prêcheur repenti, s’est contenté de souhaiter « Justice, égalité et paix dans le monde ».

    *

     

    09

    LARRY ALLEN HAYES

    54 ans, tué par injection létale le 10 septembre 2003, au Texas.

    Il a abattu sa femme à leur domicile, puis une employée d’épicerie de 18 ans quelques minutes plus tard. Il a dit qu’il espérait être pardonné avant de recevoir la piqûre fatale.

    Dernier repas : Deux doubles bacons cheeseburgers et du ketchup, des frites, des beignets d’oignon, une salade de chou, des gombos frits, des tomates, deux Coca light, du lait et un pot de glace « rocky road », chocolat, amandes grillées et guimauve.

    * 

    10

    TIMOTHY MC VEIGH

    Exécuté par injection létale le 11 juin 2001, à 19h04, dans l’Indiana.

    Vétéran de l’armée américaine, extrémiste notoire. Timothy Mc Veigh voulait se venger du gouvernement américain et de sa politique. On lui doit l’attentat au camion piégé qui a fait 168 victimes à Oklahoma City… Lui-même est parti les yeux ouverts, en fixant sans ciller la caméra placée au-dessus de la table d’exécution.

    Dernier repas : Deux pots de glace à la menthe et aux copeaux de chocolat.

    *

    -Quelques infos-

    Au Texas, l'administration devait donner au détenu le repas qu'il demande sous réserve qu'il se trouvait à leur disposition dans le garde-manger de la prison. Cette tradition fut abolie en septembre 2011 suite au condamné à mort Lawrence Brewer (affaire James Byrd, Jr.) qui avait demandé un dernier repas « pantagruélique ». Les condamnés Texans ont désormais le repas normal des prisonniers. En Floride, le coût du repas ne doit pas dépasser 40$ ; dans le Tennessee, ce coût est réduit à 20$. En Californie, un agent pénitentiaire est chargé d'aller acheter le repas dans un magasin proche si besoin est.

    L'injection létale est une méthode d'exécution qui consiste à injecter un ou plusieurs produits à un condamné afin de lui enlever la vie. Depuis 1982, plusieurs milliers de personnes auraient ainsi été exécutées par injection mortelle dans le monde : trois au Guatemala, six en Thaïlande, sept aux Philippines, plus de 1105 aux États-Unis et jusqu’à plusieurs milliers en Chine.

    Le condamné est installé et sanglé sur une table matelassée. Dans certains États, les tables sont remplacées par des fauteuils, un peu comme ceux présents chez les dentistes, pour que le condamné soit plus confortablement installé. Deux cathéters sont ensuite placés sur son bras, ils serviront à injecter les produits (le second ne sert qu'en cas d'urgence). Le matériel utilisé est stérilisé, car il est possible que le condamné obtienne un sursis même après que les cathéters ont été installés. En général un ou plusieurs techniciens formés sont chargés d'insérer les cathéters et plusieurs autres de préparer et injecter manuellement les produits dans une pièce séparée, dissimulés par un miroir semi-réfléchissant. Une série de trois injections est nécessaire pour exécuter le condamné :

    La première, du thiopental sodique ou du pentobarbital, est destinée à anesthésier le condamné. Il provoque l'inconscience en trente à quarante-cinq secondes à dose normale et en dix à forte dose ;

    La seconde, du bromure de pancuronium, est destinée à paralyser les muscles, ce produit n'est pas nécessaire pour que l'exécution soit effective, il sert juste à rendre la mort plus digne pour le condamné et les témoins en évitant qu'il ne bouge dans son inconscience ;

    La troisième, du chlorure de potassium, provoque un arrêt cardiaque.

    Ces injections sont chacune suivies par l'injection d'une solution saline pour éviter les mélanges. Le déroulement de ces trois injections a été durant une certaine période entièrement automatisé au moyen d'un engin mis au point par Fred Leuchter, mais la fiabilité douteuse de l'équipement a entraîné son abandon progressif au profit de l'injection manuelle, réputée plus sûre. De plus, il arrive dans certains cas que des problèmes de dosage surviennent. La personne chargée des injections est alors obligée de recommencer depuis le début.

    Le condamné décède généralement au bout de sept minutes environ.

    ***

    Il ne vous reste plus que 4 heures à vivre. Quel serait votre dernier repas ?

    Vous pouvez laisser votre avis dans les commentaires ci-dessous. Merci !

     

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    Source- Le Nouveau Détective N° 1510 du 24 août 2011

    Wikipedia, l’encyclopédie en ligne.

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  •  … IL Y A ENCORE DES CANNIBALES

    UNE PRATIQUE QUI EXISTE DEPUIS TOUJOURS SUR TOUT LES CONTINENTS…

     

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    Le bouillon dégageait un arôme sucré. On voyait ses « yeux » larges à sa surface, car il n’était pas question, ce jour-là, de passer si peu que ce soit l’écumoire. Toute la famille avait assisté à sa présentation dans le plus profond recueillement. L’instant était venu, enfin, pour la mère ou pour la plus âgée des sœurs, d’en emplir un plein bol et de le porter, dévotieuse, à l’aîné des garçons. Celui-ci entamait son repas, épié par les autres, avec plus ou moins de vaillance.

     

    Parfois il était pris d’une nausée, torturé d’un haut-le-cœur, car pour du bouillon gras, s’en était. Mais il se ressaisissait et reprenait, stoïque, sa lente ingestion. Ou bien il renâclait, il renonçait, il « calait ». Et c’était la catastrophe : il s’entendait déchoir, séance tenante, de son droit d’aînesse, victime de cet Esaü de la Bible qui paya, un jour, du même prix, sa fringale de lentilles. Mais qu’avait-elle donc de si important cette tasse de consommé ? Un détail dans la recette, simplement : on l’avait obtenu par cuisson lente d’un corps d’homme, celui du père décédé. Ce breuvage seul pouvait transmettre au nouveau chef de famille le courage, la sagesse et toutes les qualités, toutes les vertus du défunt. N’était-ce pas une raison suffisante pour mettre le feu papa à feu doux ?

    Ainsi procédait-on, dans nombre de familles de la Chine antique, chaque fois que le deuil la frappait en la personne de son chef vénéré et incontesté. C’était un banquet funéraire plutôt frugal, mais riche de signification, de pouvoirs, et d’ailleurs imposé par les dieux. Ce cannibalisme-là n’avait rien de spécialement gastronomique ; c’était un rite pieux, au contraire, basé sur des certitudes que l’on retrouve dans bien des contrées du globe, en bien des époques de l’Histoire. Car le cannibalisme – l’anthropophagie comme les ethnologues préfèrent l’appeler – à beaucoup sévi de par le monde. Avec ses aspects spécifiques et traditions propres pour chaque groupe. Dessins humoristiques aidant, les Européens s’en font souvent une idée fausse et saugrenue qu’ils en arrivent à nier sa réalité. Il s’agit toujours de gros Noirs (c’est donc de l’humour  noir ?) employés à tourner à la broche, ou à mitonner dans une marmite, un explorateur blanc proprement ficelé, avec tous ses vêtements encore et son casque bien vissé sur la tête. A croire que le cannibalisme est contemporain de l’ère coloniale. Alors qu’il est antérieur… à l’homme lui-même. A condition d’admettre, bien sûr, que l’homme descende du singe. Les anciens singes, oui, se dépeçaient les uns les autres, s’étripaient à quatre mains et se dévoraient entre-eux. Leurs descendants ont renoncé, semble-t-il, à cette coutume patriarcale. Les hommes se mirent à en faire autant, et ce furent, sans doute, leurs toutes premières singeries d’une histoire qui ne finirait jamais. On a pu établir que la consommation de chair humaine avait une certaine importance dans le paléolithique, qu’on avait ouvert des boucheries anthropophagiques, ou leurs équivalents, à l’âge de pierre, soit 12000 ans avant notre ère.

    Des preuves formelles ont été recueillies sur l’époque du Néolithique (la période de l’ère quaternaire qui va de 5000 à 2500 avant J.-C., grâce à des fouilles pratiquées sur l’emplacement d’antiques cités lacustres. On devait constater, enfin, avec une certaine stupeur de ce type. Des hommes de tous les groupes ethniques, de toutes les origines, se sont entredévorés, au point qu’il faudrait réclamer l’internationalisation du vieux dicton : « L’homme est un loup pour l’homme ». L’étude de ces questions peut s’effectuer, à ce compte, continent par continent. Des preuves de « cannibalisme européen » ont été recueillies à Cheveau, en Belgique : des ossements d’adolescents et de femmes ramenés au jour portaient des traces évidentes de cuisson, de préparation culinaire. En Yougoslavie, sous une roche de Zagreb, on a découvert les restes de 21 hommes ou femmes dont il était évident qu’ils avaient été, en d’autres temps, « inscrits au menu ». On a pu noter, plus spécialement, que les os de grande dimension étaient fracturés et brûlés, que le crâne avait été fendu pour permettre l’extraction de la cervelle, ce morceau de choix. En ce qui concerne les Romains, c’est plutôt aux textes qu’il faut se référer. On pense qu’ils pratiquaient surtout les sacrifices humains – à caractère alimentaire – au temps des moissons, des récoltes, des vendanges pour témoigner d’une certaine idée d’opulence. L’Empereur et historien Gallien (du IIIème siècle de notre ère) a laissé des récits extrêmement précis à cet égard. Nous trouvons plus proche encore : au IVème siècle, les Attacottes, peuplade bretonne, se nourrissaient volontiers de chair humaine. En gourmets, semble-t-il, et avec une prédilection pour les seins des vierges et les fesses des adolescents.

    Au 8ème siècle, sur les territoires qui constituent les actuelles Roumanie et Yougoslavie, on procédait dans un tout autre esprit : on mangeait – quitte à les déterrer – les cadavres des suspects de vampirisme. C’était, paraît-il, un vaccin pour ne pas devenir vampire soi-même. La même croyance se retrouvait dans les Balkans, au 18ème siècle. Mais il existait déjà, sur ces territoires, un long passé de cannibalismes : à l’époque du Moyen Age, des sorciers et des sorcières mangeaient en cachette la chair de jeunes enfants. Mais pas entièrement : ils gardaient la graisse pour les mystérieuses onctions pratiquées dans les cérémonies de sabbat. Les 13ème siècles italien vit les « hérétiques » des deux sexes s’assembler de nuit pour chanter des hymnes. Mais, à un moment donné, ils ne chantaient plus ; ils éteignaient les chandelles et s’accouplaient dans l’obscurité, au hasard d’une bizarre partie de « catch catch ». Les hérétiques se retrouvaient neuf mois après cette première réunion. Ils s’appliquaient à déterminer le premier-né d’entre ces enfants issus de la nuit d’orgie et de folles passions, aveugles par définition. Quand on l’avait trouvé, on se le passait de main en main, sans trêve ni répit, jusqu’à ce que lassé de ce jeu il préférât vendre l’âme. Son dernier soupir avait beaucoup de valeur : celui qui tenait l’avorton dans ses bras au moment du décès devenait le « Grand Pontife » pour toute la durée d’un nouvel exercice. On l’acclamait, on brûlait le petit corps, on mêlait ses cendres à du vin, et tout le monde s’en envoyait une gorgée en signe de joyeux avènement. Quant aux autres rejetons nés de « l’accouplement sacré » on les épargnait. C’était pour mieux les mangés, ces enfants. Mais quelques mois plus tard, au cours d’agapes rituelles. L’odeur de la chair fraîche paraît s’être installée, plus spécialement, au cours des siècles passés, sur le bassin méditerranéen. Mais il serait injuste d’ignorer les Gitans, en leur perpétuelle errance. Ils ont aussi leur mot à dire, en pareille matière, et voici ce qui se passait chez eux, il n’y a pas si longtemps encore (mais l’a-t-on vraiment prouvé ?) pour assurer la pérennité des dynasties :

    Quand la reine disparaissait, celle qu’on désignait pour lui succéder devait déguster, d’abord, un morceau de l’intestin prélevé sur la chère disparue. Le sens de ce geste était, cette fois encore, d’hériter de la sagesse et de l’expérience. Le « nouveau monde » est moins prodigue d’exemples ; mais il en existe malgré tout. Au Mexique, on servait volontiers des morceaux (fins) de chair humaine aux seigneurs locaux, sur des plateaux d’or et d’argent. Tête des conquérants espagnols quand ils furent conviés à de telle félicités ! Au Brésil, les Catagnas des rives du Magui mangeaient leurs morts après les avoir accommodés selon des recettes éprouvées et très élaborées. C’était la meilleure manière, disaient-ils, de conserver d’eux un aimable et même savoureux souvenir. Et l’on s’épargnait la peine d’avoir des cimetières. En Asie, les points chauds du cannibalisme furent toujours, par tradition, la Birmanie, l’Inde, l’Insulinde et la Chine. Marco Polo (1254-1323) s’étonnait déjà de certaines tribus du Nord, dans l’actuelle Birmanie, qui, disait-il, mangeaient la chair de tous les hommes qui n’étaient pas morts de mort naturelle. Et de préciser que les guerriers de ces mêmes territoires n’aimaient rien tant que de boire le sang chaud de leurs ennemis défaits au combat. En Inde et dans le Pakistan les choses prennent encore un aspect différent : il semble bien que le cannibalisme s’y soit encore pratiqué, dans certaines régions au 19ème siècle, d’une façon quasi usuelle. Au temps, donc, de la présence britannique. Il est vrai que dans le même temps on épargnait les vaches, sacrées ou non. Les Kafirs, au nord-ouest du sous-continent, mangeaient un morceau du cœur de l’ennemi qu’ils venaient de tuer et buvaient un peu de son sang. C’était, bien sûr, sa force, son courage, qu’ils entendaient lui ravir. Quant aux pratiques de telle ou telle secte, dans ces territoires qui en comptent par centaines, que ne pourrait-on en dire ?

    En 1931, trois Brahmanes d’une grande piété furent traînés en justice : on les accusait d’avoir déterré le corps fraîchement inhumé d’un enfant, de l’avoir accommodé selon certaines préparations, et mangé enfin. Les accusés avouèrent ces faits dans leur intégralité. Mais ils affirmèrent bien haut qu’il s’agissait d’un rite religieux. Lequel ? On ne l’a jamais su. Car aucune des religions indiennes ne préconise de tels usage ; et toutes, ou presque, recommande à leurs adeptes le régime végétarien. C’est avec la lointaine Océanie, semble-t-il, que la pratique du cannibalisme s’apparente le mieux avec l’art de mettre les petits plats dans les grands. Là-bas on ne dévore pas ses victimes, on les déguste, en raffinés que l’on est. Nous le disons au présent, car il semble que ces parties fines n’aient pas encore totalement disparu. Mais allez savoir ! Les préférences vont à la triperie. Les morceaux les plus recherchés sont le foie, le cœur et la langue. Mais aussi la main droite (pour les non gauchers). Le fin du fin est d’arroser le tout d’une rasade de sang frais du meilleur cru. On ne néglige pas le reste pour autant, mais on le classe, par tradition, dans le « second choix ». Le symbolisme, l’animisme ressurgissent avec le monde des Canaques. Chez eux, les mains, le cœur et le cerveau des victimes sont réservés aux guerriers. Mais encore faut-il se ravitailler, faire son marché comme l’on peut. Dumont d’Urville, dont les voyages se situent au début du dernier siècle, rapporte qu’à l’Île de Fiva, dans l’archipel des Fidji, les habitants se faisaient la guerre d’un village à l’autre, uniquement pour faire des prisonniers et les manger. Aux époques de grandes fêtes ils souffraient souvent d’une pénurie, ou, en tout cas, d’une insuffisance de prisonniers pour célébrer dignement l’évènement. Alors ils faisaient la part du feu (de cuisson) : ils massacraient leurs épouses pour augmenter les réserves et ne pas risquer de rester sur leur faim. La pratique était admise, respectée, approuvée. Il se trouva même un jour de quasi-disette où le vieux chef Thamao exigea que fussent immolées sans plus de manières les trente premières femmes rencontrées. Celles-ci trouvèrent tout à fait normal de participer à ce quasi « service public ». Elles savaient qu’une fois immolées les membres de leurs familles ne seraient pas les derniers à leur rendre honneur, si l’on ose s’exprimer ainsi. Ce fut, d’ailleurs, le cas.

    Le capitaine Cook avait aussi sa part de bonnes adresses, de cannibalisme quatre étoiles. Mais il les trouvait ailleurs. Il nous parle des Papous et de leur art de répartir les bons morceaux au lendemain d’un affrontement : le foie, le cœur et les muscles pour les hommes, qui n’en auront jamais de trop, après tout. Et puis, tout au bas de l’échelle des valeurs, des cervelles pour les femmes qui en ont grand besoin comme chacun sait. Hélas, ces cervelles étaient impures, dans bien des cas : elles transmettaient un virus, la rickettsiose, assez semblable à celui de la sclérose en plaques. Bons princes, les farouches guerriers renoncèrent, un beau matin, à rester anthropophages. Mais ne quittons pas le monde austral. Il possède ses histoires contemporaines : en 1961, en Nouvelle-Guinée, deux indigènes ont dégusté un jeune anthropologue, Michaël Rockefeller. C’était à peu près au moment où les Balubas d’Afrique inscrivaient à leur menu deux soldats de l’O.N.U. sans aucun respect pour leur casque bleu. L’Afrique, d’ailleurs, pour conclure l’énumération, reste, au dire des spécialistes, la terre de prédilections des mangeurs d’hommes. Mais les convives n’ont pas toujours les mêmes motivations. Si l’on en croit le naturaliste le Vaillant (1753-1824) dans plusieurs contrées les indigènes mangeaient leurs vieux parents, une fois atteint un certain nombre de lunes, pour leur éviter ces hospices qu’ils n’avaient pas inventés. Dans la partie méridionale, l’une des plus grandes satisfactions des jeunes guerriers était de savoir que, s’ils venaient à mourir au combat, ils ne seraient pas mangés par le vulgum pecus mais par les chefs seulement, honneur sans pareil. Plus au nord, on peut citer des tribus qui, la guerre finie, dévoraient leurs prisonniers pour être sûrs non seulement qu’ils ne s’évaderaient pas mais encore que leurs fantômes ne viendrait pas se venger. Il y aurait long à dire, enfin, sur les négociants spécialisés dans la fourniture de chair humaine. On hésite à employer les mots de « chevillards » ou autres grossistes.

    Mais, où que l’on soit, que de manières de considérer le cannibalisme ! Pour certains il s’agit, en mangeant le corps, de détruire l’âme et de se tenir, du même fait, à l’abri des esprits. Pour d’autres il s’agit avant tout de « récupérer », de s’approprier le bien d’autrui. Dans la seconde catégorie s’inscrivent des vieillards d’un peu partout qui mangent les seins de jeunes femmes en guise d’aphrodisiaque, et des aïeules qui réservent le même sort à certains morceaux virils qui ne sont bas que par l’emplacement. Ces recettes de jouvence ne valent rien du tout. Nous le précisons fermement, dans notre souci de n’éveiller aucune fâcheuse vocation. Car il reste un risque sérieux de voir le cannibalisme renaître. On y pense, plus spécialement, depuis de récentes expériences de laboratoires réalisées sur les « planaires ». Ces « planaires » sont des vers plats dotés de cerveaux assez évolués. On les a soumis, en laboratoire, à un entraînement de forme classique des réflexes conditionnés : au bout de quelques séances une lumière qui scintillait suffisait à les faire agir de telle ou telle manière. Mais on les a massacrés, ensuite. Et l’on a donné leur chair en pâture à quelques uns de leurs semblables. Le résultat fut stupéfiant : ces mangeurs acquirent eux-mêmes les réflexes conditionnés ; ils avaient acquis de la mémoire, de l’intelligence par simple ingestion et digestion.

    Alors on se prend à trembler : va-t-on s’entredévorer de plus belle, en notre siècle, avec ce souci nouveau de se voler l’intellect ? Encore un peu et c’est parmi les membres de l’Institut que l’on emploiera le plus souvent l’expression « numéroter » ses abattis ».

    *

    Aura2

    Source- Nostra n°212 d’avril 1976

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