•  

    LE MYSTERE DU CHEMIN DES ETOILES

     

     

    Au milieu du XXe siècle, dans nos campagnes de France, on entend fréquemment encore évoquer la Voie Lactée sous le nom de Chemin de Saint-Jacques. Cette appellation n’est pas gratuite : depuis près de deux millénaires, les hommes ont remarqué la correspondance qui existe entre la route antique qui, au sol, court des Pyrénées à Saint-Jacques-de-Compostelle et notre galaxie, la Voie Lactée, qui en indique la direction dans le ciel.

     

    En fait, Saint-Jacques et les étoiles, au fil des siècles, mélangent leurs images comme si le christianisme, en poussant par centaines de milliers les pèlerins de l’Europe tout entière sur cette chaussée vénérable, avait fait en sorte de récupérer avec un succès éclatant du reste, le mouvement qui bien auparavant, sur ce chemin marqué par les étoiles, conduisait déjà les initiés, dans leur marche irrésistible vers l’Ouest, jusqu’aux limites extrêmes du grand océan.

    Fils de Zébédée et de Marie-Salomé et frère de saint Jean l’Evangéliste, Jacques le Majeur était l’un des trois élus parmi les douze apôtres que Jésus surnomma Boanergès c’est-à-dire Fils du Tonnerre, probablement à cause d’un tempérament aussi résolu qu’impétueux. Porté par sa fougue et son enthousiasme, il aurait bientôt traversé les mers pour venir évangéliser l’Espagne et c’est à Iria Flavia, maintenant Padron, à l’embouchure de la rivière Ulla et dans la région même où se trouve le cap qui constituait alors le bout du monde qu’il finit par aborder. Pendant sept années, il parcourt la péninsule ibérique sans rencontrer grand succès auprès des païens (seul un chien fut sensible à sa bonne parole) avant de retourner à Jérusalem où en l’an 44, le huitième jour des calendes d’avril, Hérode Agrippa le fait périr par le glaive. Après son martyre, ses compagnons, par crainte des juifs, furent contraints de quitter la Palestine, emmenant sa dépouille sur une barque sans gouvernail qui devait pourtant les conduire sur les rivages de Galice, dans le royaume d’une méchante reine nommée Louve et à l’endroit même où l’Apôtre avait accosté quelques années plus tôt. En dépit des intrigues et vilains travers de la terrible souveraine et à son grand étonnement, le sarcophage de l’Apôtre confié à la fantaisie d’un char attelé de taureaux indomptés, vint s’arrêter à cinq lieues de la mer, dans la cour de son propre palais. Dans ces conditions, elle ne pouvait faire autrement que de dédier celui-ci à saint Jacques et de faire édifier un mausolée en un lieu connu plus tard sous le nom d’Arcae Marmoricae parce qu’on y construisit en l’honneur du saint une série impressionnante d’arcs de marbre. Et puis, pendant plus de sept cents années, avec le déferlement des hordes barbares et plus tard des Arabes sur toute l’Espagne, le silence et l’oubli s’étendirent sur la tombe de Jacques le Majeur.

    Jusqu’au jour où un ermite appelé Pélage (son nom prouve que c’était un homme de la mer) et quelques bergers dont on disait d’ailleurs qu’ils savaient communiquer avec les astres retrouvent le sarcophage, enfoui sous les broussailles, grâce à la présence d’une étoile qui brillait chaque nuit au-dessus d’un plateau désert. En souvenir de cette lueur céleste, ce lieu sauvage et désolé se voit attribuer le toponyme de Compostelle ce qui, selon l’étymologie populaire et en dépit des dénégations des philologues, indique qu’il s’agit du Campus Stellae ou Champ de l’Etoile. Il est d’autres explications comme celle du compost des alchimistes dont l’Etoile apparaissait à la surface du creuset au cours des premières phases de la réalisation du grand œuvre (n’oublions pas Maître Nicolas Flamel installé sous les piliers de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie et le récit initiatique de son voyage en Galice, sur la tombe de l’Apôtre). Ou bien la formule qui rattache les deux éléments du nom à la collision ancienne d’un astre avec notre planète. Ou encore, secrète et plus dogmatique en même temps, l’idée selon laquelle on aurait voulu évoquer la présence du Maître de l’Etoile qui pourrait être saint Jacques mais qui pourrait aussi bien s’identifier au chef de ces énigmatiques compagnons surgis par delà l’océan « des bords mystérieux du monde occidental ». Enfin et traditionnellement, il y aurait une effective correspondance entre Compostelle, le chemin de l’Ouest et le Champ des Etoiles, cette Voie Lactée qui, dans notre ciel, est comme la route qui mène à la constellation du Grand Chien. En tout cas, très vite, le saint à l’Etoile acquiert une merveilleuse réputation et déjà les premiers pèlerinages commencent à s’organiser.

    En 844, à la bataille de Clavijo, près de Logrono, Ramire II, à la tête d’une poignée d’Espagnols, livre aux Maures un combat difficile sinon désespéré. Soudain apparaît dans les nuées, au-dessus des troupes qui s’affrontent, un guerrier casqué et masqué dont la cuirasse est si brillante qu’elle resplendit au soleil à peu près comme la moderne combinaison d’un homme de l’espace. Sous son cimier lumineux, il brandit une arme qui flamboie et pour les chrétiens il ne fait pas de doute que ce cavalier du ciel survenu à point nommé pour galvaniser leurs énergies et les conduire à la victoire est évidemment Jacques le Matamore, c’est-à-dire le massacreur des Maures. Et c’est ainsi que saint Jacques accède au titre de Patron de l’Espagne, que Santiago devient le cri de guerre et de ralliement des Espagnols et que commence la reconquête… Il n’en reste pas moins que tout au long des chemins qui mènent à Compostelle, plantés tels des jalons « comme les cailloux semés par le Petit Poucet » s’égrènent montagnes, ruisseaux, villes, villages ou lieux-dits dont les dénominations évoquent curieusement le monde des étoiles. En France déjà, sur le chemin qui venait de Trèves par Vézelay et Périgueux, il existe dans les Pyrénées-Atlantiques, à quelques kilomètres au sud-ouest d’Orthez, un petit village appelé l’Hôpital d’Orion. Dès le début du XIIe siècle, il y avait là un hospice destiné aux pèlerins qui se rendaient en Galice mais, bien avant cette époque, le lieu portait le nom d’Orion comme cette constellation qui fait partie de notre galaxie. Une petite église construite au siècle suivant dans un style où le roman se mêle heureusement au gothique se dresse toujours dans ce calme vallon. Sur les modillons de la corniche, on remarque notamment une francisque sur un fond d’étoiles. Plus au sud, entre Saint-Jean-Pied-de-Port et le col de Roncevaux, c’est-à-dire à proximité de la portion du chemin issue de la réunion des trois principales voies françaises, Orion est aussi le nom d’un torrent qui est un affluent de la Nive et d’une forêt dont les frondaisons trouvent place dans la mythologie des Basques. Entre Saint-Palais et Ostabat, là où convergeaient justement ces trois voies, il y a au flanc de la montagne un monument : c’est une stèle archaïque où se retrouve la double animation du voyage vers Compostelle puisqu’elle porte très symboliquement en son centre une croix inscrite dans une étoile à cinq branches. Au bord de la route venant du sud de la France, un autre gîte d’étape, l’Hôpital-Saint-Blaise, possède à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Pau, une église unique en son genre : ses arcs dessinent, à la croisée du transept, une étoile parfaite dont les nervures ménagent, selon la haute tradition des constructeurs du Moyen Age, un espace vide, le fameux oculus magique. Dans les murs, les ouvertures ne sont pas fermées par des vitraux mais par des sortes de claustra de pierre dont l’un au moins reproduit encore le dessin d’une étoile.

    Dans tout le Pays Basque, on retrouve dans les noms de lieux le radical Lizarra (ou ses dérivés) ce qui bien entendu, dans la langue du pays se rapporte toujours à l’étoile. Que penser ainsi de Mauléon-Licharre, au sud de Sauveterre-de-Béarn, qui dispose de part et d’autre du Saison ses coquettes maisons et dont la deuxième partie de l’intitulé pourrait être la déformation du basque Lizarra ? Passant la frontière par le col d’Ibaneta, plus connu probablement sous l’appellation de col de Roncevaux, on trouve en descendant vers Burguete une très vieille croix en pierre rongée par le temps et les intempéries dite croix des Pèlerins. En sa partie haute, ce monument porte de façon encore très apparente, l’image d’une étoile à douze pointes dans laquelle certains spécialistes ont voulu reconnaître le dieu-soleil des Basques. Et l’on arrive en Navarre, dans cette Navarre dont Pampelune est la capitale et qui perpétue également dans la pierre et le métal, dans ses armes et blasons le souvenir des étoiles. Dans la région de Pampelune, un lieu-dit se dénomme Lizarraga ce qui veut dire à peu près poussière d’étoiles. Au nord-ouest de cette zone, deux cols portent respectivement les noms de Lizarraga (encore une fois…) et de Lizarrusti. Plus loin encore, en allant vers l’ouest, il y a des Izarra, un Astray qui fait naturellement penser aux astres et même en Galice, un Aster et puis, de l’autre côté des monts du Léon, il y a Liciella. Mais surtout, à près de cinquante kilomètres au sud-ouest de Pampelune, il y a Estella, la ville de l’Etoile surnommée aussi Estella-la-Bella par les pèlerins de Compostelle ou Jacquets en vénérant au passage la Vierge du Puy dont le moderne sanctuaire se dresse actuellement à l’emplacement même où en l’an 1085, des bergers informés par une pluie d’étoiles, découvrirent en creusant le sol, la statue entièrement recouverte d’argent. Toujours dans le même alignement général, c’est-à-dire dans cette zone orientée d’est en ouest comme la projection au niveau du sol de la voie céleste, voici la ville de Léon et les magnifiques vitraux de sa cathédrale qui montrent un pèlerin de Saint-Jacques muni d’une étoile et non pas de la fameuse coquille dont l’origine est apparemment beaucoup plus récente.

    Tout ceci et bien d’autres exemples encore permettent d’affirmer la réalité d’un véritable Chemin des Etoiles dont la largeur pourrait atteindre environ cinquante kilomètres, étalé d’est en ouest sur le Roussillon et la zone nord de l’Espagne, depuis Perpignan jusqu’à l’océan Atlantique, entre le cap Finistère et l’île de la Toja. De toute évidence, le tracé de cet axe est bien antérieur à notre ère, mais le souvenir de ce Chemin des Etoiles s’était maintenu avec tant de force sourde dans la conscience collective des foules européenne (sans même parler des initiés qui ne l’avaient jamais oublié, ni abandonné) que le christianisme a pu considérer comme « rentable » de reprendre à son compte cette tradition de la marche vers l’Ouest, vers le soleil couchant qui avait gardé après tant et tant de siècles d’aussi puissantes et profondes racines. C’est ainsi qu’on est amené à l’idée que seuls des êtres exceptionnels et connaissant en tout cas bien mieux que les hommes du Moyen Age l’astronomie, la géographie et leurs techniques d’application ont été en mesure de jalonner ainsi un axe de 1500 km de longueur. Et cet axe avait bien sûr une signification et une utilité comme le confirme la force de cette tradition qui exigeait l’emploi de cette route et qui s’est perpétuée bien au-delà même des grands pèlerinages à Saint-Jacques-de-Compostelle. On se demande alors d’où arrivaient ces voyageurs aux pouvoirs extraordinaires qui, d’après certaines chroniques ou relations des pèlerins, suivaient à contresens c’est-à-dire d’ouest en est le Chemin de Saint-Jacques et n’avaient pas été remarqués par leurs compagnons au cours du trajet aller. Peut-être venaient-ils de la mer et étaient-ils, par exemple, les héritiers d’une civilisation supérieure telle que celle des Atlantes. En tout cas, décrits comme une cuirasse souple et d’une blancheur éblouissante, leurs vêtements pouvaient être en fait une combinaison étanche destinée à la vie marine.

    Il y a quelques dizaines d’années, on pouvait voir encore, sur la côte de Galice, une très vieille chaussée de pierre qui s’enfonçait en pente douce dans la mer… De tout temps, on disait que c’était le chemin des géants, de ces mêmes géants, débonnaires et dangereux à la fois mais surtout incompréhensibles pour les humains que l’on rencontre dans les contes et les légendes qui fleurissent d’un bout à l’autre du Chemin de Saint-Jacques. On raconte qu’Hercule, après avoir été dérobé le troupeau de bœufs du géant Géryon, débarqua avec les bêtes en Galice et construisit ensuite à côté de La Corogne un phare qui fonctionne d’ailleurs toujours (du moins dans les années soixante-dix) et est connu sous le nom de Tour d’Hercule. A l’autre bout du chemin, près de Saint-Jean-Pied-de-Port, on aperçoit dans la montagne, sur la frontière, à 1404 m d’altitude une tour circulaire d’environ vingt mètres de diamètre répertoriée sur les cartes sous le nom de redoute d’Urculu. Les quelques investigations faites dans les années 70 autour de cette construction qui font penser aux « nuraghi » de Sardaigne font croire que son origine pourrait se situer aux âges mégalithiques. En tout cas, Urculu est un nom qui se justifie mal en langue basque et c’est invinciblement qu’on évoque là aussi Hercule et l’éventualité d’un très ancien culte pyrénéen au demi-dieu grec. Ce pourrait être alors une plate-forme qui aurait permis aux gens venus du ciel et non pas de la mer de descendre sur terre pour accomplir telle ou telle mission dont les hommes garderont religieusement le souvenir dans leurs mythologies respectives. La première destination du Chemin des Etoiles était-elle religieuse et de même essence que celle que lui donne aujourd’hui le christianisme ?

    On peut le croire sans écarter pourtant, pour des êtres venus d’ailleurs, l’hypothèse qui fait de cette voie où se brassaient les idées et les hommes un moyen de connaissance et de communication avec les Terriens. La question reste posée mais comme le disait un chroniqueur de haute époque, on croisait sur cette route des géants et des gens étranges qui n’étaient pas des Sarrazins et qui portaient des habits de lumière.

    MAIS QUI ETAIENT-ILS DONC ?

     

     
    Partager via Gmail Pin It

    5 commentaires
  •  

    MAIS OU SONT LES FUNERAILLES D’ANTAN ?

    LE DEUIL N’A PAS TOUJOURS ETE UNE CHOSE SIMPLE

     

    A la Toussaint, chaque année, comme chaque automne, les chrysanthèmes refleurissent les tombes dans les cimetières et les familles viennent s’incliner sur la dernière demeure de leurs défunts. Cette cérémonie traditionnelle est, aujourd’hui, une des dernières marques que nous réservons aux disparus.

     

    La mort, en effet, semble de plus en plus faire peur aux humains, au point qu’on l’ignore le plus possible et que les morts s’en vont vers leurs dernières demeures dans l’affliction de quelques-uns, peut être, mais dans l’indifférence de la majorité. Et surtout, en faisant le moins de bruit possible et dans la discrétion la plus totale. Ce ne fut pas toujours le cas, loin de là. Et jusqu’à il n’y a encore guère longtemps, les morts quittaient notre vallée de larmes dans un grand renfort de pleurs, de cris et de marques ostensibles de chagrin. Mais ces manifestations de deuil ont énormément varié au cours des siècles, et suivant les civilisations.

    Dans les peuplades primitives, la mort d’un chef était souvent accompagnée de mises à mort ou de mutilations d’autres membres de la tribu, comme pour accompagner le mort dans l’au-delà. Aux Îles Sandwitch, on continua, pendant longtemps, à arracher une dent à tous ses sujets quand le grand chef mourait et on sait qu’il n’y a pas si longtemps, on immolait encore sur le bûcher les veuves des grands maharadjahs aux Indes, en même temps qu’on incinérait le corps de leurs marins. Heureusement, ces marques extrêmes étaient rares. On se contentait,  souvent, de sacrifices moins spectaculaires, comme chez les Hébreux qui déchiraient complètement leurs vêtements et se couvraient la tête de cendre. Chez les Egyptiens, on préférait se raser les sourcils et se couvrir la tête de terre et de boue. Les Grecs, eux, se coupaient la barbe et les cheveux, tandis que les Romains, en revanche, laissaient pousser l’une et les autres pendant tout le temps du deuil. Les Perses aussi se rasaient entièrement et tondaient, dans le même temps, tous les animaux de leur maison. A Délos, également, on se coupait les cheveux et on les plaçait dans le cercueil autour du défunt. Si le noir nous semble la couleur même de l’affliction par son analogie avec les ténèbres, symboles de tristesse, tous les peuples ne pensent pas de même. Les Chinois préfèrent le blanc car ils croient que les morts, en quittant notre terre, deviennent des génies bienfaisants, ou encore le bleu et le gris. Les Japonais aussi pleurent leurs morts en blanc, car pour eux, paradoxalement, le noir est symbole de la joie. En Turquie, et dans la plupart des pays musulmans, on préfère le bleu ou le violet, au Pérou et en Ethiopie le gris.

    Dans l’ancienne ville d’Argos, on s’habillait de blanc pour honorer les morts et on se livrait à d’interminables festins. Les Egyptiens, eux, revêtaient des vêtements couleur feuille morte, ils couvraient leur poitrine de fleurs et leur visage de boue. Les Perses préféraient le marron. Quant à la Lycie, en Asie Mineure, on y voyait, curieusement, les hommes s’habiller en femmes pendant tout le temps du deuil. Aux Caraïbes aussi, l’accueil de la mort était assez étrange. On s’y coupait également les cheveux et on y jeûnait plusieurs jours, mais après, quand l’âme du défunt avait définitivement quitté la terre, c’était une incroyable débauche à laquelle se livrait toute la population. Les Chinois, eux, montraient davantage de dignité et… de constance. Chez eux, le deuil durait, jadis, trois ans. Et pendant tout ce temps, la vie s’arrêtait pour celui qu’un deuil affligeait. Si c’était un magistrat, il cessait d’exercer ses fonctions ; si c’était un plaideur, il suspendait ses procès. Les époux ne devaient pas avoir de commerce charnel entre eux pendant tout le deuil et les fiancés devaient attendre la fin de ces trois années d’affliction pour se marier. Les Juifs, avaient, autrefois, des manières étonnantes de porter le deuil. Ce deuil durait un an pendant lequel les enfants qui avaient perdu leur père ou leur mère devaient porter sans arrêt les vêtements qu’ils avaient le jour de leur mort, même si ces habits étaient, au bout de l’an, usés jusqu’à la corde. Par la suite, jusqu’à la fin de leur vie, les enfants devaient jeûner le jour anniversaire de cette mort. S’il s’agissait seulement d’oncles, de tantes… ou d’enfants, le deuil des juifs ne durait alors que six mois pendant lesquels ils ne se lavaient pas (!), ne se parfumaient pas, ne se coupaient pas les ongles, ne se rasaient pas et n’avaient aucun commerce charnel les uns avec les autres. Curieusement, pour un mari ou pour une femme, le deuil ne durait qu’une semaine. Mais l’époux ou l’épouse s’enfermait alors seul chez lui et, assis par terre, pieds nus, il se livrait au jeûne et aux pleurs sans discontinuer jusqu’au septième jour.

    En France, les premiers chrétiens trouvaient fort déplacés toutes les marques extérieures déployées par les Juifs ou les Romains pour pleurer leurs morts, et ils enterraient eux-mêmes leurs défunts avec beaucoup de discrétion. Ce n’est qu’à la fin du Moyen Age que l’on vit réapparaître les marques extérieures du deuil, au XIVe siècle et, en particulier, dans l’entourage de la cour. Au début, les rois de France portaient le deuil en violet. C’est Louis XII qui, en 1514, introduisit la mode du noir à la mort de sa femme, la reine Anne de Bretagne. Et très vite, le deuil royal revêtit un apparat proprement démentiel. Les reines de France portaient le deuil de leur mari en robe blanche, c’est pourquoi on les appelait souvent les « dames blanches ». Mais elles devaient vivre une année entières dans une chambre entièrement tapissée de tentures noires. Tout autour d’elles, étaient drapés de noir : les meubles, les fenêtres, les objets usuels et le lit lui-même. Et même les couverts à leur table ne pouvaient être alors que d’ébène du noir le plus profond. Quand elles sortaient, après les quarante jours de claustration obligatoire, leurs carrosses aussi étaient drapés de noir, ainsi que la livrée de tous leurs serviteurs. Au XVIIe siècle, on adoucit un peu cette rigueur extrême et c’est en gris qu’Anne d’Autriche porta le deuil de son époux, Louis XIII. Elle lança, ainsi, la nouvelle mode des chambres de deuils gris perle qui fit fureur. Plus tard, c’est le violet que préféra Louis XIV pour tendre de deuil ses appartements. Ce « deuil » mobilier, comme on l’appelait, disparut pourtant peu à peu et, à la Révolution, dans les familles nobles, quand un membre de la famille mourait, on se contentait de draper de noir les antichambres, tous les sièges et le dessus de la grande porte. Napoléon 1er essaya bien de remettre en vigueur, dans sa famille, l’usage du sévère deuil de la cour. Mais sans grand succès. Le clergé, lui, n’avait vraiment jamais suivi ce déploiement de fastes lugubres. Il ne doit, en effet, porter le deuil que pour le pape et, dans ce cas, les cardinaux troquent leur pourpre pour le violet et les évêques agrémentent le violet de drap noir.

     Dans l’armée, c’est au bras que les officiers portaient le crêpe de deuil et un ruban noir au pommeau de leur épée. Et dans le peuple et la bourgeoisie ? Le deuil était-il réellement suivi ? On peut dire que jusqu’à il y a à peine un siècle, ces marques funèbres furent assez scrupuleusement respectées, surtout dans nos provinces. Avec une hiérarchie très codifiée. On distinguait, ainsi, pour tous les proches (parents, enfants, époux) le grand deuil qui durait un an. Pendant six semaines, les femmes portaient un voile de grand deuil couvrant le visage et un châle de deuil sur les épaules. Pendant six mois, ensuite, elles portaient le même voile rejeté en arrière du chapeau, puis, pendant six autres mois, le voile dit « de côté », accroché en écharpe au côté du chapeau. Après cette année seulement, les veuves ou les orphelins pouvaient commencer à agrémenter leur toilette d’un peu de mauve, de gris ou de violet pendant une nouvelle année. A côté de ce grand deuil existait le demi-deuil de six mois pour les grands parents, les frères et les sœurs ou le petit deuil de trois mois pour les oncles, les tantes, les cousins et les cousines. C’est ainsi que, dans nos campagnes, on voit encore de ces pauvres vieilles qui n’ont guère quitté la robe noire depuis des dizaines d’années car, les deuils succédant aux deuils dans leur famille, elles ont fini par en faire une sorte d’uniforme.

    Aujourd’hui, les marques extérieures du deuil ont pratiquement disparu. On ne voit même presque plus de crêpe au revers des vestons et des manteaux, une fois l’enterrement terminé, et toutes les maisons de coutures spécialisées dans le deuil et le demi-deuil ont fermé leur porte. Pourtant, à la campagne, subsistent encore, dans de nombreux villages, des marques curieuses du deuil. Ce sont les ruches que l’on enrubanne de crêpe noir à la mort de leur maître. Si on oubliait, en effet, de les prévenir ainsi, la tradition prétend que les abeilles pourraient en mourir… ou bien s’enfuir chez le voisin !

     

     

     
    Partager via Gmail Pin It

    votre commentaire
  •  

    QUE PENSER DU VENDREDI 13 ?

    Superstition, coïncidence ou influence réelle…

     

    Lucrère, l’illustre poète latin, et Plutarque, historien grec, invectivèrent magistralement contre la superstition. Cependant, pourrait-on affirmer que leurs arguments étaient péremptoires ? Ne convient-il pas de méditer également cette réflexion, signée de Napoléon : « Je n’aime pas les esprits forts ; il n’y a que les sots qui défient l’inconnu. » Quoi qu’il en soit, les gens superstitieux pourraient excepter de références de poids- s’il en fallait- en citant les personnages célèbres qui crurent fermement aux jours, aux nombres, aux signes, aux couleurs fastes ou néfastes. Objectivement, voici des faits authentiques et dûment contrôlables.

    La croyance à un pouvoir maléfique (encore que certains, mais ils sont rares, le jugent plutôt bénéfique) du nombre 13 n’existe que dans la civilisation chrétienne. Selon les historiens des superstitions, elle remonterait d’ailleurs au dernier repas du Christ lors de la Pâque célébrée avec les apôtres. Pâques vient du latin pascha, lui-même issu de l’hébreu pessah, qui signifie « passage » et qui évoque la sortie d’Egypte avec la traversée de la mer Rouge. Moïse imposa la célébration de cet anniversaire le soir du quatorzième jour de Nizan, le premier mois du printemps. Peu de temps avant la Passion, Jésus voulut célébrer cette fête avec ses disciples. « Le soir venu, lit-on dans l’Evangile selon saint Marc, Jésus vint avec les douze apôtres. Comme ils étaient à table et mangeaient, Jésus dit : « Oui, je vous le dis, l’un de vous va me livrer, un qui mange avec moi ». Ils commencèrent à s’attrister et à lui dire un par un : « Est-ce moi ? » Il leur dit : « L’un des douze, un qui trempe au plat avec moi. Car le fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui, mais malheur à l’homme par qui le fils de l’homme est livré ». De là l’origine de la crainte du nombre 13, parfois également appelé « nombre de Judas ». Quand on se trouve treize à table, dit-on, l’un des convives mourra dans l’année, à l’instar du Christ. Cette croyance a donné naissance à un curieux métier de la Belle Epoque, au temps de la grande mode des dîners en ville, celui de « quatorzième ». Quand une maîtresse de maison s’apercevait qu’elle n’avait que treize invités, elle s’empressait de louer auprès d’une agence spécialisée un quatorzième, personne de bonne éducation sachant se bien conduire dans le monde mais à court d’argent, qui conjurait le mauvais sort par sa présence.

    *

    Superstitieux comme on l’était à son époque, Christophe Colomb considérait le vendredi comme un jour favorable à ses entreprises. Aussi, est-ce le vendredi 3 août 1492 qu’il quitta le port de Palos, pour la prodigieuse aventure océane qui allait le conduire à la découverte du Nouveau Monde. Le vendredi 12 octobre 1492, il abordait à San Salvador. Le vendredi 4 janvier 1493, il prit le chemin du retour et, le vendredi 15 mars 1493, son entrée dans le port de Barcelone était saluée comme un des évènements les plus importants de l’histoire moderne.

    *

    Dans la vie fabuleuse de Napoléon, 5 vendredi (dont un vendredi 13) ont été de grandes dates. Le vendredi 23 avril 1779, il entrait à l’école de Brienne ; le vendredi 13 décembre 1799, il était nommé Premier Consul ; le vendredi 18 mai 1804, il accédait à l’Empire. Mais le vendredi 11 août 1815, il partait définitivement pour l’exil. Son destin avait tourné. Enfin, le vendredi 7 mai 1838, le roi Louis-Philippe recevait, de l’Angleterre, la dépouille de l’Aigle.

    *

    Avant d’engager un combat naval, l’amiral Nelson ne manquait jamais de vérifier si le fer à cheval qu’il avait fait clouer au sommet du grand mât, était bien en place.

    *

    Victor Hugo, dans son « Journal », ne dissimulait pas qu’il appréhendait le nombre 13. Il note, par exemple, qu’il quitta Paris le 13 février 1871 pour se rendre à Bordeaux où siégeait l’assemblée nationale. Dans son wagon-salon, il compta 13 voyageurs. A Bordeaux, on lui avait réquisitionné un appartement au n°13 de la rue Saint-Maur. Au cours de la nuit du 13 mars 1871, relisant ses mémoires, il relevait ces coïncidences bizarres, quand on vint lui annoncer la mort subite de son fils Charles. Une autre fois, ayant 14 invités à dîner, et l’un d’eux s’étant excusé au dernier moment, il fit monter son cocher, afin de n’être pas 13 à table.

    *

    Gabriele d’Annunzio a conté que, le vendredi 13 décembre 1907, il fut victime d’un grave accident au théâtre Argentina, à Milan. Il en attribuait la responsabilité à la conjonction du vendredi et du 13, d’autant plus volontiers que, ce matin-là, précisait-il, son courrier contenait 13 lettres, l’après-midi, il avait pris un fiacre portant le numéro 13, la course lui avait coûté 13 lires, au déjeuner, ils étaient 13. Après cela, comment s’étonner de découvrir, sous la dédicace d’un de ces livres, expédié d’Arcachon, en 1913, la date ainsi libellée : « Arcachon, le 2 janvier 1912+1 » ?

    *

    Alexandre Dumas, Théophile Gautier et Sainte-Beuve se trouvaient, un soir, au fameux dîner Magny. Au moment de s’asseoir, ils s’aperçurent qu’ils étaient 13. Ils refusèrent de prendre place avant que le restaurateur leur eût confié son garçonnet pour faire le quatorzième.

    *

    Jules Massenet (nom composé de 13 lettres) redoutait, cela est notoire, le nombre 13. Il évitait surtout de l’écrire, aussi n’y avait-il jamais de page 13 dans ses manuscrits. Il passait de la page 12 aux pages 12 bis et 14. Pour éluder les 13 lettres de son nom, il signait « Massenet », tout court, et ses cartes de visites portaient seulement « Monsieur Massenet ». N’empêche qu’il mourut un 13, en 1912 (1+9+1+2=13).

    *

    Edmond Rostand (nom composé de 13 lettres), croyait à l’influence bénéfique du 13. Il débuta avec les Musardises (titre de 13 lettres). Elu au 13e fauteuil de l’Académie française, il en fut le 13e titulaire.

    *

    L’infortuné président de la République française, Paul Deschanel (nom composé de 13 lettres) s’était marié un vendredi 13. Sa candidature à l’Elysée avait été présentée par la chambre, un 13.

    *

    Par contre, Gaston Doumergue, le « président souriant », avait été élu un vendredi 13 (juin 1924), et il était le 13e président de la République, dans la 13e législature. Son septennat fut heureux.

    *

    La célèbre cantatrice Lily Pons a maintes fois déclaré qu’elle était certaine de l’influence favorable du 13, et plus encore du vendredi 13. Autant que possible, elle s’arrangeait pour que les actes importants de sa carrière eussent lieu sous ces auspices. Jusqu’au numéro minéralogique de sa voiture qui était, aux USA : « L.P. – 13 ». C’était une faveur de son admirateur et ami, le président Roosevelt.

    *

    Plus près de nous, la capsule Apollo XIII victime d’un accident, avait pris son envol un 13, à 13 heures 13.

    *

    Joe Vandekhoever, un fermier américain de l’Illinois, est décidément voué au nombre 13. Né le 13 novembre 1913, il servit durant la Seconde Guerre mondiale en Europe comme ambulancier et son véhicule sauta sur une mine le 13 février 1945, lui occasionnant de profondes blessures aux jambes. Le 9 avril 1982, il ressentit de lancinantes douleurs au-dessous du genou droit. Un examen radiologique révéla que des éclats de mine, en se déplaçant, irritaient la rotule. Le chirurgien qui devait l’opérer le lendemain eut un empêchement et ne put faire son intervention que le 13. Et quand Joe Vandekhoever sortit de son anesthésie, ce fut pour voir sur une assiette placée sur sa table de chevet treize petits éclats d’acier !

    *

    Le pape Sixte-Quint condamna à plusieurs reprises toutes les superstition ayant trait au vendredi, comme celle qui affirmait que toutes les chemises cousues le vendredi attiraient les poux. Mais lui-même n’était-il pas superstitieux quand il affirmait que tout lui réussissait ce jour-là ? Il est vrai que c’était le jour de sa promotion au cardinalat, de son élection à la papauté et de son intronisation. Au Moyen Age, les autorités ecclésiastiques trouvèrent un subterfuge pour ancrer dans les masses l’idée que le vendredi n’était pas un jour maléfique : c’était de faire signer ce jour-là les « lettres de rémission ». On appelait ainsi les actes par lesquels un inculpé était définitivement déchargé du crime qui lui était imputé, soit parce qu’il avait prouvé son innocence, soit parce qu’il avait réussi à prouver que son acte avait été commis en état de légitime défense. Cela correspondait donc en gros à un non-lieu ou à un acquittement, mais devait être décidé par le roi et non par les juges. Or, à l’instigation de l’Eglise, le chancelier royal prit l’habitude de sceller le vendredi ces lettres tant attendues de tous ceux qui avaient eu maille à partir avec la justice, assez expéditive à l’époque. Avec ce vendredi et ce 13 aussi craints, on comprend aisément que le vendredi 13 soit le jour de l’année le plus soumis au destin. En fait, pour les astrologues, le vendredi 13 n’a pas de valeur particulière en soi, ni maléfique ni bénéfique. Tout dépend de sa tonalité astrale, cette dernière étant fonction de la planète gouvernant le premier jour de l’année. Nous venons d’aborder deux superstitions prenant leur source dans l’histoire religieuse. D’autres sont, en fin de compte, l’émanation du bon sens. Ainsi, quand on passe sous une échelle, on a plus de chances de recevoir quelque chose sur la tête qu’en faisant un détour pour l’éviter. Mais il n’en va pas toujours ainsi.

    *

    A-t-on remarqué que les Etats-Unis semblent voués au 13 ? Ils furent fondés avec 13 Etats. Sur leur premier drapeau, les « stars and stripes » étaient au nombre de 13. Leurs armoiries portent 13 étoiles au front L’aigle central tient, d’une serre, un rameau d’olivier, et de l’autre 13 carreaux de Jupiter. Chaque aile de l’aigle a 13 plumes. Recouvrant presque entièrement le corps du rapace, on distingue un écusson à 13 rayures.

    Durant la période de l’entre-deux-guerres, un Club des Treize s’était fondé à Paris. Il s’agissait d’une réunion très fermée de 13 hommes d’affaires importants, anciens officiers combattants… et anti-superstitieux. Statutairement, ils devaient se réunir tous les vendredi 13 (c’est-à-dire deux ou trois fois l’an) pour déjeuner, à 13 heures, dans le 13e arrondissement, et, dans la mesure du possible, dans un restaurant situé au numéro 13 d’une rue quelconque. A l’issue du premier déjeuner, l’un des convives mourut d’apoplexie (peut-être d’indigestion ?) en rentrant à son bureau. Le Club des Treize avait vécu.

    ***

    De tels exemples, on pourrait en citer à l’infini. Pour démontrer quoi ? Rien. Rien ; sinon qu’il y a des conjonctures vraiment étranges dans la vie de tous les jours. Touchons du bois, quand même et gardons l’œil ouvert et le bon si possible…

     

    Tyron – Mai 2010

    Partager via Gmail

    1 commentaire
  •  

    NOS ANCETRES AVAIENT INVENTE AVANT NOUS DES « INVENTIONS » MODERNES<o:p></o:p>

     

    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

     

     

    Elle est belle, l’'histoire officielle des sciences et des techniques ! Tout est simple, tout est explicable rationnellement dans ce que racontent les manuels. Des hymnes de louanges au dieu Progrès. En fait, si l’'on prend le temps de fouiller dans l’'histoire authentique, on s’'aperçoit bien vite que la vérité est difficile à saisir. Il y a encore des énigmes qui ne sont pas près d’être percées. On ne compte plus les inventions prétendument contemporaines qui furent connues il y a des siècles, voire des millénaires. Pourquoi ont-elles disparu ? Mystère. Sans doute est-ce parce que la technologie est parfois plus importante que l’'invention elle-même.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Prenons par exemple le cas de James Watt. Après qu'’il eut inventé une machine à vapeur capable d’'entraîner des roues, ses collaborateurs le pressèrent de mettre en service un système de traction à vapeur. Il n’'en fit rien, sachant bien que la traction animale serait supérieure tant qu'’on ne parviendrait pas à fabriquer industriellement des rails. Il fallut qu’'on inventât des laminoirs pour qu’'enfin naisse le chemin de fer. C'’est peut-être pour des raisons semblables que des inventions du passé ont sombré dans l'’oubli. Mais elles ont néanmoins existé. Voici un peu plus de cinq millénaires, les hommes découvrirent l'’usage du cuivre et bien vite, s'’aperçurent qu'’en y ajoutant de l’'étain ils obtenaient du bronze, un alliage plus solide. Puis une quinzaine de siècles avant notre ère, le fer apparut.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    Progressivement, on sut le rendre plus dur en le transformant en acier et il fallut encore attendre quelques siècles pour apprendre à le tremper. Cela, c’'est en gros, l’'histoire officielle de la métallurgie. Mais l’'histoire réelle est quelque peu différente. Même s’'ils ne savaient pas produire d'’une façon industrielle, nos ancêtres connaissaient des métaux et des alliages beaucoup plus subtils. Et comme on sait, grâce aux vestiges de fours anciens, qu'’ils ne pouvaient dépasser des températures de l’'ordre de 1200 degrés, on est obligé de conclure que c’'est à des procédés alchimiques qu'’ils recouraient. L’'aluminium a envahi la vie courante. On la trouve partout, des cuisines jusqu’'aux engins spatiaux. Or, sa métallurgie est relativement récente. Il est extrait de l’alumine, la base de toutes les terres argileuses. C’'est donc le métal le plus répandu à la surface du globe et, pourtant, il était encore ignoré au début du XIXe siècle.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    DU BRONZE D’'ALUMINIUM IL Y A 1700 ANS<o:p></o:p>

     

    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

     

    Vers 1807, Sir Humphrey Davy, célèbre chimiste et physicien anglais, inventeur de la lampe de mineur qui porte son nom, découvrit le potassium et le sodium, puis soupçonne l’'existence de l'’aluminium sans pouvoir l’'isoler. Cinquante ans encore furent nécessaires pour qu’'on l’'obtienne grâce à une méthode chimique assez rudimentaire. Ce n’'est qu’'après la découverte de l’'électrométallurgie et surtout du procédé électrolytique de Paul-Louis Héroult, en 1865, qu’'on put enfin le produire d’'une manière industrielle. Quant au bronze d’'aluminium, alliage d’'aluminium et de cuivre, il est encore plus récent puisqu’'il a été inventé par Henri Sainte-Claire-Deville dans les années 1890. Or, il faut réviser complètement ces notions historiques que l’'on enseigne encore dans tous les instituts de métallurgie : les Chinois connaissaient le bronze d’'aluminium dès le IIIe siècle de l’ère chrétienne ! C'’est vers la fin des années 50 que l’'archéologue Yan Hang  fit dans un champ funéraire de la province de Kouang-Sou  une surprenante trouvaille. Dans la tombe du seigneur de la guerre Chu Chu, contemporain des empereurs T’sin, il trouve une ceinture funéraire ornée de plaques ajourées dans un métal qu’il ne put pas identifier tout d’'abord. Ces objets furent envoyés à des fins d’'expertise à l'’institut de physique appliquée de l'’académie des sciences qui les soumirent à une analyse spectrale.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p> 

    Et là, il fallut se rendre à l’'évidence : ces ornements étaient ciselés dans un alliage comprenant 85 % d’'aluminium, 10% de cuivre et 5% de manganèse. Bien sûr, la métallurgie du cuivre et du bronze existait dans l’'antiquité. Mais, pour réaliser ce bronze d’'aluminium, ramollir le cuivre ne suffisait pas, il fallait encore le porter à  un état proche de l’'ébullition, c'est-à-dire 2300°. A l'’époque où vivait Chu Chu, les maîtres de l'’alchimie chinoise comme Cho Tu-po, Ko-Houng et surtout Wai Po-yang, auteur du traité fondamental, le Ts’an-t’ong K’l, cherchaient plus le « cinabre intérieur », c’est-à-dire l’'immortalité, que le « cinabre extérieur », correspondant à la simple transmutation des métaux. Mais les prédécesseurs de l’'époque des « royaumes combattants » étaient passés maîtres dans l’'art de la forge alchimique. Il suffit de voir dans les musées les étonnants miroirs divinatoires de bronze pour s’'en rendre compte. Sans doute ont-ils aussi maîtrisé la métallurgie de l’'aluminium, secret qui s’'est perdu pendant seize siècles. Changeons d'’époque et de siècle. La lecture de vieux papyrus égyptiens nous enseigne que les prêtres d’'Hermès Trismégiste savaient tremper le cuivre. Fort bien, mais au XXIe siècle, nous ignorons encore cette technique et notre cuivre reste flexible. Deux siècles avant notre ère, le roi Euthymène, grand rival d’'Antiochus de Syrie, régnait sur la Bactriane, l’'actuel Turkestan. Les pièces de monnaie qu’'il fit frapper intriguèrent les archéologues par leur aspect. Une analyse chimique a révélé qu’elles contenaient du nickel, comme la nôtre, mais, nous n’'avons maîtrisé la métallurgie du nickel que depuis peu. Enfin, dans « le matin des magiciens » Louis Pauwels et Jacques Bergier rapportent la découverte par l'’anthropologue J. Alden Mason sur l’'Attiplano péruvien d’'ornements en platine fondu, métal dont le point de fusion est de 1730°.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    Qu’'était donc l'’orichalque des Anciens ? Nul ne le sait avec précision. Chez les Grecs, ce mot désignait tantôt le cuivre pur, tantôt le laiton ou l’'airain (bronze). Mais il y avait d'’autres mots pour désigner ces métaux, alors pourquoi se servir de cet orichalque dont l’'étymologie, « airain de montagne », ne veut rien dire d’'explicite ? N’'aurait-ce pas été, ainsi que prétend une vieille légende, le métal des Atlantes, sans doute oxydable puisqu'’il n’'est pas parvenu jusqu'’à nous. Les Anciens avaient remarqué que si l’'on frottait de l’'ambre sur de la laine cette matière attirait les petits objets. C’'est dû tout simplement à un phénomène d’'électricité statique et c’'est pourquoi l’'électricité tire son nom de l’'ambre, qui se dit elektron en grec. La connaissance des phénomènes électriques est en somme toute récente. La première pile fut inventée dit-on, par Volta en 1800. Elle était constituée par des piles (d'’où sont appellation) de disques de cuivre et de zinc isolés les uns des autres par des rondelles de drap trempées dans l’'eau acidulée. Le musée de la compagnie General Electrique, aux Etats-Unis, renferme une pile qui, lorsqu’'on y ajoute de l’'eau acidulée, produit un courant électrique suffisant pour argenter de petits objets par galvanoplastie. Opération toute simple, croyez-vous. Oui, mais cette pile se présente sous la forme d'’un vase de terre cuite contenant des cylindres de cuivre et des barreaux de fer isolés par de l’'asphalte. Elle a été construite aux environs de III° siècle de notre ère et découverte en 1936 par l’'archéologue Wilhelm Koenig en Irak, en effectuant des fouilles près de Khujut Rabua, sur le site abritant une ancienne communauté de mages persans.

     

     

    <o:p></o:p>

    Sous le règne de Philippe le Bel vivait à Paris un cabaliste juif du nom de Rabbi Ye’hiel.

    <o:p></o:p>

    Lorsque les persécutions obligèrent ses co-religionnaires à prendre la route de l’'exil, lui seul put rester à Paris par dérogation royale. On voyait chez Ye’hiel un clou fiché dans un mur de son laboratoire et relié par un fil a un marteau de la porte d’'entrée. Quand des visiteurs mal intentionnés frappaient à sa porte, il touchait le clou et, aussitôt, tous ceux qui avaient le malheur d’'être en contact avec le marteau recevaient une violente décharge capable de les jeter à terre. En outre, Ye’hiel avait chez lui un flacon de cristal qui émettait une vive lueur et lui permettait de s’'éclairer la nuit. Il l’'aurait même montré au roi, lit-on dans de vieilles chroniques. Le cabaliste possédait-il les secrets de l’'électricité ? Certainement, sinon comment expliquer ces étranges phénomènes.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    Est-il exclu d'’imaginer que certains hommes préhistoriques ont été à même de découvrir l’'énergie nucléaire ? Cela semble une galéjade, mais pourtant il existe des piles atomiques naturelles transformant l’'uranium 238 en uranium 235, cet isotope qui permet le déclenchement des réactions atomiques. En prospectant des gisements uranifères de la région d’'Oklo, au Gabon, des géologues se sont en effet aperçus que l'’un d’entre eux contenait en très grandes proportions cet uranium 235, ce qui allait à l’'encontre de toutes les théories scientifiques. Les spécialistes estiment que cette mine est vieille d’'un million d’'années. Et peut-être davantage, antérieurement même à l’'apparition de l’'homme sur la Terre. Est-ce vraiment un phénomène naturel ou peut-on penser que des voyageurs venus d’'une autre planète, ayant besoin du précieux isotope, ont déclenché le processus d’'enrichissement, tout comme nos techniciens  en blouse blanche de Fontenay-aux-Roses n’ont su le faire qu'’en 1948, année de « divergence » » de la pile Zoé ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p> 

    L'’ARCHE D'’ALLIANCE UN CONDENSATEUR D’'ENERGIE ?<o:p></o:p>

     

     

    Cette petite Zoé, aujourd’hui bien dépassée, n’a-t-elle pas eu un ancêtre dans l’Arche d’Alliance, le coffre sacré dont Jéhovah aurait dicté le plan à Moïse sur le mont Sinaï ?

     

     

    <o:p></o:p>

    Citons in extenso la partie de l'’Exode qui fait mention, cela vaut la peine : « Tu feras, en bois d’'acacia, une arche longue de deux coudées et demie, et même largeur et hauteur. Tu la plaqueras d'’or à l'’extérieur et à l'’intérieur, et tu garniras son pourtour d’'une moulure d’'or. Tu fonderas, pour l'’arche, quatre anneaux d'’or et tu les fixeras à ses quatre pieds. Tu feras aussi des bornes en bois d’'acacia que tu revêtiras d’'or et tu engageras dans les anneaux fixés sur les côtés ces barres qui serviront à son transport. Les barres resteront dans les anneaux de l'’arche et n’'en seront point ôtées. Tu feras aussi un couvercle d’'or pur. Tu façonneras au marteau deux chérubins d’'or aux deux extrémités du couvercle, de façon qu’'ils fassent corps avec lui. Ils auront les ailes déployées vers le haut… » Et Jéhovah ajoute, mais nous reviendrons là-dessus : « Tu déposeras dans l’'arche le témoignage que je donnerai. »

     

     

    <o:p></o:p>

    Nulle part, dans les religions antiques, y compris dans les rites hébraïques antérieurs à la sortie d’'Egypte, on ne trouve de tels objets liturgiques. Il s'’agit donc de quelques choses de totalement inédit dans l’'histoire. La nature des parois : sandwich de substance résineuse (le bois d'’acacia) entre deux plaques de métal bon conducteur (l’'or pur) correspond parfaitement à un appareil électrique, un condensateur en l’'occurrence. Les indices abondent : les barres de bois nécessaires pour porter l’'arche, le choc frappant ceux qui touchaient l’'arche ainsi que le rapporte la Bible, les chérubins aux ailes déployées pouvant faire office d'’antennes. Serait-ce un condensateur d’'électricité statique ou un capteur d’'électricité atmosphérique ? Dans ce dernier cas, Moïse, héritier des secrets des prêtres égyptiens, aurait connu le secret de la conservation de l’'énergie électrique, ce que nous ignorons encore.

    <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p> 

    Mais qu’'est-ce-que ce fameux « témoignage » de Jéhovah ? S’'il s’'agissait réellement des Tables de la Loi, comme on le dit, pourquoi attendre que l’'arche soit construite avant de les donner à Moïse ? Parce qu’'il y a danger à s’'en approcher avant qu'’il soit enfermé dans son abri, Rappelons que Moïse institua un corps sacerdotal particulier, les lévites, chargés de la garde de l’'arche, ils ne restaient jamais longtemps près du vaisseau sacré, se relayant sans cesse et quittant Jérusalem pour la campagne après chaque tour de garde. A l'’âge de cinquante ans, ils prenaient leur retraite, fait unique dans les annales de l'’époque. La garde de l'’arche était donc dangereuse ? Auquel cas, la seule explication possible, c’'est qu’'il s’'agissait en réalité d'’un réacteur atomique dont Moïse aurait volé le secret aux Egyptiens, d'’où l’'ardeur mise par les armées du Pharaon à se lancer à sa poursuite. Et le « témoignage » de Jéhovah ne serait que le noyau radioactif permettant de déclencher la réaction. Cela expliquerait également les étranges malaises de ceux qui ne prenaient pas de précaution. Au temps du grand prêtre Héli, les Philistins s’'en emparèrent pendant quelques jours et furent atteints, dit la Bible, d’'hémorroïdes. Selon Louis Charpentier, se serait une erreur de traduction et il faudrait lire hémophilie ou leucémie, maladie due au rayonnement. Le roi Salomon redoubla même de précautions puisqu’'il interdit au grand prêtre de s'’en approcher plus d'’une fois par an.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    C’est peut-être aussi une erreur de traduction qui a fait prendre pour de l’or le plomb plus apte à protéger de la radioactivité.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p><o:p></o:p>

    A quoi servait cette pile atomique ? On sait que les Hébreux l’'emportaient dans leurs expéditions militaires, mais rien ne prouve que c’'était en tant qu’'arme. Il est possible que cet appareillage réalisant la désintégration de la matière et la transformation isotopique ait été considéré uniquement comme le symbole du grand œuvre, des secrets de l’'alchimie. Exactement comme les appareils électriques du XVIIIe siècle qui n’'avaient pas d'’usage pratique et ne servaient qu’'à satisfaire la curiosité des habitués des cabinets d’'amateurs. Qu’'est donc devenue cette arche énigmatique. C’'est pour elle que Salomon fit construire par Hiram, l’'ancêtre de la franc-maçonnerie, le temple de Jérusalem où elle était conservée dans le saint des saints. On en perd la trace à partir du sac de la ville par Nabuchodonosor, mais il est certain qu’elle ne figurait pas dans le butin des Babyloniens. En 1118, neufs chevaliers, parmi lesquels Hugues de Payns, se rendirent à Jérusalem, avec l'’accord du pape et de l’'abbé de Cîteaux, sinon sur leur ordre.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p> 

    Après un entretien secret avec Baudoin II, roi de Jérusalem, ils reçurent l’'autorisation de s'’installer dans les ruines du temple et n’'en sortirent pas avant longtemps, s’'y livrant à de mystérieuses besognes. Ces chevaliers furent les fondateurs de l’'Ordre du Temple, dont Hugues de Payns fut le premier grand maître, leur mission était-elle de retrouver l’'arche dont on connaissait en haut lieu le secret ? Certains historiens, dont Louis Charpentier, déjà cité, semblent le croire. Selon d’'autres théories, c’'est l’'arche qui serait le vrai Graal et non le vase dans lequel Joseph d’Arimatie bu le sang du Christ. C'’est elle que les chevaliers de la table ronde ont recherchée en vain. Au début du XVIIe siècle, les Rose+Croix – les vrais  prétendaient disposer d’'une arme capable de raser des villes entières qu'’ils appelaient le « cosmolotthrentes ». Est-ce qu’il s’'agissait d’une bombe A dont la fabrication aurait été rendue possible grâce à l'’arche ? Si l’'on croit une autre thèse l’'arche aurait été sauvée par les gnostiques et transmise par eux aux cathares, dont elle aurait constitué le « secret » tant cherché. En 1972 lors de mes propres recherches, j’'ai été amené à passer la nuit dans les ruines du vieux château, (a cette époque l'’accès au château ne posait pas de problème) dans l’'attente des premiers rayons du soleil du solstice d’été. La clarté lunaire baignait les vénérables parois de pierre, mais certaines lueurs paraissaient anormales, comme si elles étaient dues à une phosphorescence. Je pris d’'abord cela pour une illusion d’'optique et, de toute façon, je n’'avais pas de compteur Geiger qui m’'aurait permis de déceler une trace de radioactivité, même légère. Le lendemain matin, en inspectant le sol de la salle basse du Donjon, je découvre quatre trous cylindriques disposés en carré d’environ deux coudées et demie de coté. (Ils sont peut-être encore existants en 2008 ?)

     

     

    <o:p></o:p>

    A quoi servaient-ils ? Aucun spécialiste d'’architecture médiévale n’'a pu me le dire. Etait-ce le réceptacle des pieds de l’'arche ? Rien ne me permet de l’affirmer, mais qui sait ?

     

    Bien d’'autres secrets sont perdus à jamais. De quelle nature était la « pierre magique » des anciens Vikings ? A l’'étude des Sagas, il se pourrait que ce soit un générateur de lumière polarisée. Il est également possible que les Egyptiens connaissaient un procédé pour émettre de la lumière monochromatique, c'est-à-dire un faisceau laser. Dans ce cas, ils auraient été parfaitement capables de faire des hologrammes, de projections d'’images virtuelles en relief.<o:p></o:p>

     

    LE LASER D’'ARCHIMEDE<o:p></o:p>

     

    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    Archimède se flattait de pouvoir brûler une flotte ennemie assiégeant Syracuse en concentrant sur elle les rayons du soleil à l’'aide de miroirs. N’'est-ce pas plutôt encore d’'un vrai laser qu'il s’'agit ? Cessons d’'énumérer toutes les inventions disparues, le feu grégeois qui n'’était certainement pas fait seulement de poix et de naphte, les calculatrices précolombiennes dont il ne reste que les « quipos », la tête parlante du pape Sylvestre, le globe volant muni d'’une hélice horizontale que l’'on voit sur une peinture ancienne du musée de Chantilly, les milliers de procédés de techniques et de tours de main oubliés. La place me manque pour cela. Regrettons cependant que certaines inventions n’'aient pas été photographiées. Au Ve siècle, cela aurait été possible, puisque, bien que l’'histoire officielle fasse remonter l'’invention de la photo aux travaux de Niepce et de Daguerre, il existe dans un monastère du mont Athos un parchemin établissant qu’'au Ve siècle un moine du nom de Panselinos n’'en ignorait rien. Il introduisait dans une sphère creuse munie d’'une lentille de verre des plaques de cuivre exposées à des vapeurs chimiques et révélées à l'’aide de mercure. C’'est-à-dire exactement comme en Daguerrotypie. En 1923, le Suisse Rudolf Steiner fonda sa propre secte après avoir rompu violemment avec la théosophie dont il avait été l’'un des plus importants disciples. Pour lui, il y avait deux mondes, correspondant aux deux magies, la noire et la blanche. L'’initiation à cette dernière permettait de connaître les secrets de l’'univers. C'’est une thèse banale, mais, au lieu de se consacrer à des pratiques magiques tout aussi banales, Steiner s'’en servit pour découvrir ou retrouver des secrets perdus. C’'est à lui que l’'on doit entre autres les engrais permettant de faire de l’'agriculture biologique et, en médecine, le recours aux oligo-éléments métalliques comme agents thérapeutiques. On est en droit de se demander s'’il existe de vraies inventions. Inventer, c’'est peut-être se souvenir. Par la magie, la tradition du grand oeuvre ou, inconsciemment, ce que les savants appellent l’'intuition.

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    Se souvenir du passé ou du futur ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    Si le temps n'’était pas cette succession d'’instants, comme l’'affirment les physiciens, s'’ils connaissaient des sinuosités, des contours, des « plis », se souvenir du futur ne serait pas une utopie réservée aux seuls auteurs de sciences-fictions.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    <o:p> </o:p><o:p></o:p>

    Sources : Recherches personnelles de mes 50 ans sur le terrain<o:p></o:p>

    Et l'’aide de Jean-Luc BERAULT !

     

     

    claude burkel
     

    <o:p></o:p>

    <o:p>La taverne de l'étrange- 9 novembre 2008</o:p>

    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

     

     


     

     

    Partager via Gmail Pin It

    3 commentaires
  •  

    A LA RECHERCHE DU SON PERDU

     


     

    Un texte de Thierry Van de Leur 

     

    Un jour, la matière nous parlera... R.T.L, mardi 30 mai 2007, à 7 heures. « Des scientifiques du CNRS ont constaté que les ondes sonores provoquaient de légères modification de la matière, ils ont constitué une table de correspondance entre les modifications de la matière et le son qui en était à l'origine. Ils ont ainsi réussi à faire parler la matière. Preuves à l'appui, les auditeurs ont pu écouter un enregistrement de piètre qualité, certes, en latin, d'une messe prononcée du temps de Charlemagne, grâce aux pierres de la cathédrale qui fonctionnent comme des capteurs sonores. Grâce à une poterie grecque datant de 2 siècles avant. J-C, les auditeurs ont pu entendre un enregistrement de la voix du potier alors même qu'il fabriquait son amphore. Le tour et l'argile avaient enregistré la voix du potier comme sur une bande magnétique. Entendre très distinctement des sons vieux de 2000 ans est une expérience magique que l'on ne peut oublier... »

     

    Malheureusement ceci n'est qu'une fiction qui reflète le rêve de nombreux scientifiques de part le monde depuis l'essor des technologies modernes.

     

    LA VOIX DU PASSE

     

    Une légende chinoise raconte qu'il y a plus de 2000 ans, un Chinois aurait enfermé dans une boîte un message verbal de son chef pour le porter à son empereur afin de lui annoncer la victoire sur les ennemis. Au 16° siècle, Rabelais, dans Pantagruel, imagina que l'on pourrait faire « geler » les paroles. Au 17° siècle, Cyrano de Bergerac, dans L'histoire comique des états et empires de la lune, parle d'une « boîte magique, munie d'aiguilles, permettant d'entendre à volonté divers textes et musiques... »

     

    En 1636, première mesure de la vitesse du son par l'abbé Marin Mersenne qui détermine la relation entre les fréquences et les notes de la gamme grâce au phénomène de l'écho. Dès 1807, le physicien anglais Thomas Young réalise un dispositif permettant d'enregistrer les vibrations d'un corps sonore sur un cylindre. Un corps vibrant sous l'action des sons doit être muni d'un fin stylet qui touche la surface d'un papier recouvert de noir de fumée. Le papier défile sous le stylet dont les mouvements inscrivent ainsi des courbes correspondant à la forme des oscillations sonores.

     

     

    Au milieu du siècle dernier, le grand chercheur français Lissajous utilisa ce procédé, perfectionné par Léon Scott, en employant un papier enroulé autour d'un cylindre animée d'un double mouvement, celui de rotation et celui de lent déplacement le long de son axe. De la sorte, le tracé du stylet suit sur le cylindre une trajectoire en forme de spirale. Notons que ce même mouvement devait être, par la suite, utilisé aussi bien dans le phonographe que dans le bélinographe.

     

    En 1857, Edouard-Léon Scott de Martinville perfectionne ce procédé et invente un appareil, le « Phonautographe », constitué d'une membrane vibrante, placée au bout d'un tube acoustique, qui transmet les vibrations sonores à un stylet qui les grave sur un cylindre enduit de noir de fumée. Mais ce dispositif ne permet pas de relire les courbes ainsi dessinées. En 1865, James Maxwell, physicien anglais, découvre les ondes électromagnétiques. En 1876, aux Etats-Unis, Alexander Graham Bell (1847-1922), physicien d'origine écossaise à qui l'on doit aussi le téléphone, invente le microphone.

     

     

    Dans un pli cacheté déposé le 30 avril 1877 à l'Académie des Sciences à paris, Charles Cros (1842-1888) inventeur, poète et écrivain français, décrit un procédé qui permet de déposer par photogravure sur un disque métallique, les courbes sonores obtenues par le « Phonautographe », de façon à les lire avec une pointe solidaire d'une membrane élastique. Charles Cros, en fait le véritable inventeur de l'enregistrement sonore, avait appelé son appareil le « Paléophone » soit: « la voix du passé ».

     

    Le 12 août 1877, Thomas Edison invente un appareil très simple actionné par manivelle, où le son est enregistré sur un cylindre en étain: le « phonographe », il y enregistre une petite comptine pour enfant: « Mary had a little lamb » (Marie avait un petit agneau), premier enregistrement jamais réalisé (dont il ne reste aucune trace). Thomas Edison dépose le 19 décembre 1877 un brevet sur les différentes méthodes d'enregistrement et, l'année suivante, un autre décrivant en détail le Phonographe, qui reprend l'essentiel du travail de Charles Cros.

     

     

    Ce dernier permet de graver quelques minutes d'effets sonores sur un cylindre recouvert d'une feuille d'étain, par repoussage. La première phrase enregistrée (dont il ne reste également aucune trace) est « What God hath wrought » (Ce que Dieu a créé). Edison dépose enfin un nouveau brevet exposant une technique de duplication des enregistrements par moulage et un procédé d'enregistrement magnétique du son. Thomas Edison devient ainsi l'inventeur officiel du Phonographe.

     

    Dans le même temps, l'allemand Werner von Siemens (1816-1892) dépose le brevet du haut-parleur électronique. En 1946, aux Etats-Unis, la firme Columbia édite le premier micro-sillon sur un 33 tours/mn; ce sont des oeuvres de Mendelssohn et Tchaïkovski. Depuis l'invention du Phonographe il n'a fallu qu'un siècle pour atteindre la perfection sonore que nous connaissons. En 1998, l'ère de la « dématérialisation » du son commença avec la création des MP3...

     

    LE PREMIER ENREGISTREMENT SONORE DE L'HUMANITE

     

    En 1887, Edison a créé un phonographe amélioré utilisant des cylindres de cire solide et un stylet dont la pointe est en saphir. C'est ce type d'appareil qui a servi à réaliser le 11 septembre 1888, le plus vieil enregistrement survivant du monde. Il consiste en un message de Lord Stanley of Preston (1841-1908), gouverneur général du Canada de 1888 à 1893, destiné aux habitants et au président des Etats-Unis Benjamin Harisson. Cet enregistrement historique eut lieu au Crystal Palace, à Sydenham, au sud de Londres, à l'occasion du « Haendel Festival ». Nul ne sait où est passé l'enregistrement original; heureusement une copie avait été réalisée en 1935.

     

     

    C'est au cours du même festival que la voix de la célèbre cantatrice canadienne Emma Albani (1847-1930) aurait été captée par ce même appareil rudimentaire. Le Crystal Palace qui servit d'écrin à cette première mondiale, fut conçu pour l'Exposition Universelle de 1851, à Hyde Park. Il fut démonté en 1854 et remonté au sommet de Sydenham Hill à 11 kilomètres, où il fut transformé d'abord en Musée des Sciences et des Arts puis en salle de concert. C'est elle qui était destinée à recevoir l'enregistrement historique du 11 septembre 1888. Le Crystal Palace fut malheureusement détruit par un incendie le 30 novembre 1936. Les premiers exemplaires de phonographe ont été offerts à des personnalités importantes telles que le Colonel Gouraud (en Angleterre), ou encore Gustave Eiffel, à Paris.

     

    A l'Exposition Universelle de Paris de 1889, où chaque pays est représenté par un pavillon, l'invention de Thomas Edison, le phonographe, remporte un vaste succès. Le public se précipite au stand situé au pied de la tour Eiffel pour entendre, écouteurs aux oreilles, les airs de Carmen, les notes des marches militaires et, surtout, les chansons à la mode restituées par le phonographe. Gustave Eiffel, s'était fait aménager un petit appartement au sommet de la tour Eiffel pour y accueillir ses hôtes de marque dans le cadre de réceptions intimes. La rencontre avec le physicien Thomas Edison, qui offrira à Gustave Eiffel un modèle de son phonographe présenté à l'Exposition Universelle interviendra le 10 septembre 1889.

     

    Cette scène historique a été reconstituée au sommet de la Tour par la Société Nouvelle d'Exploitation de la Tour Eiffel, avec des personnages en cire. Gustave Eiffel est représenté en compagnie de sa fille Claire. D'autres personnes sont dépêchées à travers le monde pour enregistrer des personnalités telles que Brahms, Tchaïkovski, Aton Rubinstein, etc. Incroyablement, bon nombre des enregistrements de ces personnes ont survécu et peuvent maintenant être écoutés grâce aux technologies modernes. Un des enregistrements survivants de 1888 est un cylindre en cire blanche envoyé à Edison par le Colonel Gouraud (son représentant en France).

     

     

    Ce cylindre contient un enregistrement de piano appelé « Soft Piano Solo by Mrs Eyre », dont la qualité est surprenante pour l'époque, d'autant plus qu'il était relativement difficile d'enregistrer le piano tout en restituant le son fidèlement. Une explication pourrait être la cire elle-même: dérivée d'un savon métallique, elle était bien plus molle que les cires utilisées plus tard, et permettait donc une gravure plus facile. Edison se désintéresse très vite de sa nouvelle trouvaille « qui ne rapporte pas d'argent ». Le monde scientifique réserve à cette invention un accueil mitigé, voire incrédule et cette trouvaille n'aura, pendant longtemps, aucune application scientifique. Ainsi, durant dix ans, on se contente de reproduire l'invention primitive sans lui apporter de perfectionnements notables.

     

     

    En 1907, soit 19 ans après le premier enregistrement historique du Crystal Palace, dans le sous-sol de l'Opéra Garnier, à Paris a eu lieu officiellement l'enfouissement des « Voix Célèbres ».

     

    Aux Etats-Unis de 1907 à 1930, plus de 10000 enregistrements sur cylindre de cire ont été effectués pour conserver la mémoire des langues des Indiens d'Amérique du Nord. Des enregistrements contenant les plus belles voix de chanteurs d'Opéra furent ainsi « protégées » pour les siècles futurs.

     

    Plus tard, en 1911, à l'initiative de Ferdinand Brunot, furent créées à la Sorbonne, à Paris, les « Archives de la Parole ». Le 24 décembre 1913, à 11h, Apollinaire fut la première personnalité française à venir graver sa voix sur des disques de cire « Pathé Saphir ». Dreyfus, Maurice Barès et Cécile Sorel suivirent... Les « Archives de la Parole » furent rebaptisées le « Musée de la Parole » à l'occasion de son déménagement au 19, rue des Bernardins (5ème arr), puis en 1938 fut enfin créée la « Phonothèque Nationale ». Pour enregistrer en amateur à l'époque, il fallait pratiquement loger la tête dans le pavillon du phonographe.

     

     

    Les vibrations sonores ébranlant ainsi le pavillon de façon optimale, se communiquaient à une membrane qui portait un stylet gravant la cire d'un cylindre mû par un mouvement d'horlogerie. A plus de 30 centimètres du pavillon, on était certain de rater l'enregistrement. C'est pourquoi beaucoup de voix paraissent faible. Toutefois, le phonographe, encore à cette époque, avait un tel caractère de nouveauté et de mystère, que confier sa parole lors de ces séances d'enregistrements fut vécu comme un honneur.

     

    DERNIERES DECOUVERTE...

     

    Construite seulement quelques mois après le premier phonographe d'Edison, l'horloge parlante de Frank Lambert utilisait déjà une technique d'enregistrement sur un support permanent: un cylindre en plomb (remplaçant la fragile feuille d'étain placée sur un mandrin à sillons). L'enregistrement encore présent sur le cylindre de plomb n'a été rendu public que lorsque Aaron Cramer a décidé de le publier sur internet. Il s'agirait donc là du plus ancien enregistrement sonore survivant du monde. La voix enregistrée est celle de Frank Lambert, mais d'autres voix ont pu être enregistrée sur le cylindre, car il ne travaillait pas seul. Une petite portion semble contenir les mots « Your Attention! » (Votre Attention)!). Enregistrée à vitesse plus élevée, elle est localisée juste avant le décompte horaire expérimental et semble avoir été enregistrée par dessus les mots « One O'Clock » de ce décompte.

     

     

    Cela aurait pu être un essai d'annonce des heures, comme par exemple « Your Attention! Two o'clock! » (Votre attention! Deux heures!). Bien que ces mots puissent être corrects, il est probablement impossible de déterminer cette voix... Edison lui-même? Il faut noter une chose remarquable entre toute, à savoir que tous les éléments rentrant dans la composition du premier phonographe ayant débouché sur le premier enregistrement historique de la voix humaine existaient déjà du temps d'Henry IV (1610). Cela signifie concrètement que l'invention d'Edison aurait pu intervenir bien des siècles plus tôt et peut-être changé toute notre histoire...

     

    LA SPIRALE

     

    Depuis la toute première reproduction du son sur cylindre de cire par Edison, tout enregistrement sonore ou visuel se fait en spirale. A chaque perfectionnement technique que ce soit audio ou vidéo, il semble impossible d'éliminer cette forme symbolique (disques vinyle, cassettes, C.D). Cette constatation se poursuit jusqu'au coeur de l'électronique qui fait fonctionner ces supports. Ainsi la spirale des selfs, des transformateurs, du bobinage des hauts-parleurs, des piles accus etc. La spirale est donnée comme symbole du savoir et du développement spirituel, mais aussi des cycles cosmiques d'évolution dans le temps. Toutes ces techniques enregistrent le temps et cherchent à le conserver pour enfin le restituer à travers des spirales. On retrouve principalement des spirales, sur de nombreuses poteries...

     

    LES POTERIES QUI PARLENT

     

    En 1992 le professeur Georges Charpak (prix Nobel de physique) faisait part de son intention d'ausculter des poteries anciennes à l'aide d'un rayon laser afin d'y déceler éventuellement des sons qui y seraient enregistrés depuis des siècles. Il déclara avoir fait mettre de côté, pour cela, quelques pièces du musée du Louvre et compter sur l'aide d'acousticiens parmi les meilleurs du monde. Nul ne sait si Georges Charpak put concrétiser cette théorie qui fut déjà évoquée dans les années 70.

     

    Les premiers enregistrements sonores ont utilisé la gravure des ondes de pression sonores sur la surface de cylindres en rotation régulière, ceci par l'intermédiaire d'une pointe actionnée par les vibrations d'une membrane sensible aux vibrations de l'air. Depuis l'Antiquité, la fabrication d'une poterie, consiste généralement à tourner de l'argile humide en la façonnant avec les mains, lui imprimant des sillons circulaires ou en hélices, ceci avec la pointe d'un stylet en bois.

     

     

    La poterie est l'un des plus anciens artisanats du Proche-Orient; son apparition dans l'Est méditerranéen remonte à 6000 ans, avec le modelage à la main. L'invention du tour date de trois mille quatre cents ans environ. Au début, la mise en forme continue à se faire par façonnage manuel, et le tour sert à terminer le travail. Puis, vers 2600 avant J.C, le tour devient l'instrument indispensable au potier durant tout le processus de la mise en forme. Théoriquement, on devrait donc pouvoir un jour accéder à des sons datant de 4500 ans!

     

    Pendant la gravure de ces sillons, le potier était souvent environné de bruits divers et, par conséquent, il n'est pas absurde de penser que le stylet a vibré sous l'influence de ces sons et que ces vibrations sont sans doute conservées dans l'argile cuite. Dès lors, il devrait être possible de les restituer aujourd'hui. Une telle hypothèse contient manifestement une grande charge émotionnelle. En effet, il devrait être particulièrement émouvant d'entendre, à plusieurs siècles d'intervalle, ne serait-ce que l'aboiement d'un chien, les cris d'enfants ou, mieux encore quelques paroles discernables. Peut-être pourrions-nous même enfin connaître la prononciation exacte de certains mots latins, grec ou celtes.

     

    ARCHEOACOUSTIQUE

     

    Par « archéo-acoustique », on entend la récupération de sons d'une époque antérieure à l'invention de l'enregistrement sonore. Ceci sous-entend que des sons auraient étés enregistrés par inadvertance. Peu de choses ont été écrites à ce sujet et seulement de très rares expériences ont été faites. C'est une idée non prouvée et toujours dédaignée. A ce jour aucun ancien son antérieur à 1888 n'a été entendu, et les seules expériences effectuées ont été des tentatives pour reproduire les conditions dans lesquelles de tels enregistrements auraient pu se produire. Tentatives malgré tout couronnées de quelques succès encourageant, si l'on en croit les publications de certaines recherches.

     

    EXPERIENCE DE WOODBRIDGE

     

    La première publication sur ce sujet date de 1969, dans laquelle Richard Woodbridge relate 4 expériences. La 1ère montrait qu'il pouvait récupérer le bruit produit par le tour d'un potier à partir d'une poterie, en utilisant une cellule piézo-électrique tenue à la main et munie d'une pointe de bois, connectée directement à des casques audio. La 2ème expérience dégageait le ronflement du moteur qui entraînait la roue du potier. Les expériences suivantes, plus intéressantes, mettant en jeu une toile que l'on peint pendant qu'on l'expose aux sons d'une musique militaire produite par des haut-parleurs. Certains des coups de pinceau avaient un aspect strié, et on pouvait déceler de « courtes bribes de musique ». Pour la 4ème expérience, le peintre prononça le mot « bleu » pendant un coup de pinceau, et après une longue recherche, on pouvait réentendre le mot en frottant la toile avec une pointe spéciale.

     

    EXPERIENCE DE KLEINER ET ASTROM

     

    En 1971, des expériences similaires ont eu lieu en Suède, à Göteborg, conduites par le professeur en archéologie Paul Astrom et le professeur en acoustique Mendel Kleiner. Leurs expériences étaient consacrées à l'analyse des forces agissant sur une pointe en contact avec une surface tendre, et à l'étude de la possibilité d'un enregistrement contemporain sur un cylindre de glaise avant sa cuisson.

     

    Les résultats sont plutôt encourageants pour ceux qui veulent entendre les sons de l'Antiquité. L'étude des pointes montrait que la force maximale apparaîtrait aux fréquences qui portent sur les consonnes d'un discours, donc celles qui apportent l'information maximale. Ainsi, des expériences ont montré que le son peut-être enregistré de nos jours grâce à la technologie moderne dans de la peinture, sur une toile, ou sur une surface de glaise.

     

     

    Mais si on veut récupérer des sons vieux de plusieurs centaines d'années, on aurait à rechercher des objets à la surface desquels des sons auraient été enregistrés accidentellement. Pour ce faire il faut une surface assez tendre pour recevoir une empreinte de la faible énergie d'un son, ensuite qui soit solidifiée avant que cette empreinte ne soit barbouillée au delà de toute reconnaissance possible. Cette surface devrait avoir été formée pendant un mouvement, puisqu'il faut un axe des temps le long duquel il faudrait rechercher un son enregistré. Perpendiculairement à cet axe des temps, il faut un mouvement produit par les vibrations sonores.

     

     

    Ce pourrait être un mouvement de l'outil utilisé pour travailler la surface, comme dans le cas du tour de potier ou de la surface elle-même, comme dans le cas de la toile peinte. Si l'on veut en tirer quelque son à travers le bruit, la surface « enregistrée » devrait avoir traversé les ravages du temps dans son état original, vierge de toute substance adoucissant les marques de surface. Tout ceci nous laisse un nombre très restreint d'objets précieux utilisables pour l'expérience archéo-acoustique.

     

    Une oeuvre souvent citée dans les journaux comme source possible de sons « récupérables » est La Joconde de Léonard de Vinci, ancienne de 500 ans. Néanmoins, elle ne semble offrir aucune possibilité d'entendre des voix puisqu'elle est peinte sur du bois, matériau probablement trop rigide pour avoir pu vibrer.

     

    EXPERIENCE DE LEGOUT

     

    Jacques Legout a lui aussi procédé à de nombreux essais fin 1997. A chaque fois, il n'a obtenu qu'un bruit de fond plus ou moins intense, provenant évidemment de la texture légèrement granuleuse de la poterie et de sa section irrégulièrement circulaire. Jamais les sons écoutés n'ont ne serait-ce que suggéré le timbre d'une trompette, le tintement d'une cloche ou des paroles quelconques. Une observation des sillons à la loupe ne révèle, en effet, aucune ondulation comme on en voit sur un disque vinyle. Certainement que la main et le bras du potier tenant le stylet sont d'une inertie trop grande pour vibrer selon des sons.

     

    La cuisson, qui libère une grande quantité d'eau, « gomme-t-elle » les infimes ondulations qui auraient pu être gravées ? D'autre part, lorsqu'un potier fait un sillon circulaire sur une poterie, il se contente rarement d'un seul passage, donc des enregistrements éventuels sont en surimpressions et chaque passage a une durée qui ne dépasse pas une seconde. Enfin, les stylets, le plus souvent en bois, ont généralement des pointes assez larges donc un diamètre supérieur à la longueur d'onde de la gravure. Voilà beaucoup d'obstacles à la lecture d'enregistrements sonores sur les poteries.

     

    DA VINCI VOICE

     

    Des chercheurs japonais s'y sont pris d'une autre manière pour accéder aux voix de Mona Lisa et de Léonard de Vinci. Ils ont analysé leur morphologie et intégré les informations dans un programme informatique spécifique, afin de reconstituer leurs timbres sonores. Cette technologie acoustique qui permet de simuler le fonctionnement des cordes vocales est utilisée dans les enquêtes criminelles. Les résultats ont été présentés sur le site japonais de Microsoft à l'occasion de la promotion publicitaire du film Da Vinci Code au Japon. Les acousticiens pensent être parvenus à reconstituer à 90% l'empreinte vocale unique des voix en question.

     

     

    L'ingénieur Mastumi Suzuki, estime que Mona Lisa mesurait 1,68 mètre, une taille bien au-dessus de la moyenne. Elle avait un timbre de voix relativement bas pour une femme. Etant donné la largeur de son nez, elle devait également avoir une voix un peu nasillarde. Les spécialistes se sont basés sur la voix d'une italienne pour définir le timbre de voix et les intonations exactes correspondantes. Pour sa part, la voix de Léonard de Vinci a été reconstituée à partir du célèbre autoportrait du peintre italien, qui le représente avec sa longue barbe blanche à environ 60 ans. Sa mâchoire, grande et carrée, correspond à un timbre de voix doux et bas. Les « voix » de la Joconde et de Léonard de Vinci peuvent être écoutées sur Internet.

     

    LES DISQUES MILLENAIRES

     

    En 1936, des fouilles archéologiques menées à la frontière de la Chine et du Tibet dans le massif montagneux de Bayan Kara-Ula ont mis à jour 716 disques de pierre de 30 à 50 cm de diamètre. Ces disques percés au milieu ressemblent à des disques modernes de phonographes. Ils sont gravés d'un sillon se déroulant en spirale des bords au centre. Leur ancienneté est estimée à 12.000 ans environ et ils contiennent des traces de métal. Le philologue Vjatscheslav Zaitsev a rapporté que cela pourrait être une forme d'écriture et que ces disques vibraient dans certaines conditions d'expériences comme s'ils portaient une charge électrique. Le rapport intégral concernant ces disques est conservé dans les Archives Historiques de Taipeh (Taïwan) et à l'Académie de Pékin.

     

    ARCHIVES AKASHIQUES

     

    Ce que l'on nomme « Archives akaschiques » serait une sorte de « mémoire de l'univers et du monde » conservée sur une espèce de fine pellicule qui entourerait la Terre. Absolument tous les évènements importants ou non qui se produisent à tout moment sur notre planète seraient enregistrées à jamais sur cette « bande magnétique virtuelle » qui échappe au Temps et à l'Espace.

     

    Ils se fixeraient en permanence à la verticale exacte et ces informations pourraient théoriquement être récupérées par un procédé non-matériel inconnu, à n'importe quel endroit de la planète, à condition toutefois de se trouver géographiquement exactement au même endroit. Pour des raisons inexplicables, il se produirait par moment des connexions accidentelles avec cette « bande virtuelle », et des visions du passé pourraient avoir lieu chez certaines personnes particulièrement réceptives. Ces « Archives akashiques » pourraient expliquer certaines visions du passé, ou certaines impressions de « déjà vu » auxquelle nous avons tous été confronté un jour.

     

    Un Bénédictain de l'Abbaye de San Giorgio Magiore de Venise, le Père Ernetti a prétendu, sans pour autant le prouver, être depuis 1956, en possession d'un appareil susceptible d'accéder aux informations contenues dans les « Archives akaschiques ». Le « Chronoviseur », ainsi appelait-il ce procédé, était capable selon lui, de capter l'image et le son. L'appareil, dont l'existence hautement controversée est plus que douteuse il faut bien en convenir, a été selon lui mis au point avec l'aide de 12 physiciens. Le principe: toutes les énergies sont éternelles et peuvent être reconstituées. L'onde sonore qui est une énergie formée de lumière se dissout en lumière.

     

    Les sons sont générateurs de lumière et peuvent se convertir en lumière et vice versa. Ils ne se détruisent pas parce que cette énergie contribue à la formation de tous les autres agrégats énergétiques matériels. En raison de cela, ils peuvent être captés et reconstitués. La seule preuve en faveur de l'existence de cet appareil serait une saynète du poète latin Quintus Ennius dont on ne possédait que des bribes et que le Père Ernetti aurait réussi à reconstituer en se « connectant » sur cette époque.

     

    LA SALLE DES « DISQUES »

     

    Le Sphinx de Guizeh serait détenteur de l'ultime secret de la Vie, donc de la destinée humaine. Il est censé protéger sous ses pattes, une salle souterraine secrète (Hall of Records) où se trouverait stocké sous forme de disques, le grand secret de l'Humanité, « depuis la construction de la terre jusqu'en... 1998 ». Cette affirmation émane du grand médium américain Edgar Cayce qui l'a faite en 1923 et réitéré en 1933. « Cette salle se trouve là où la ligne d'ombre tombe entre les pattes du Sphinx... »

     

    SONS « MADE IN » EGYPTE

     

    Dans leur livre « Le grand secret du signe de vie » - Editions Mézarek, Guy Gruais et Guy Claude Mouny démontrent que les Pharaons et leurs prêtres possédaient une technologie leur permettant d'enregistrer le son et l'image. Cette technologie de communication transparaît en décodant notamment certains hiéroglyphes, idéogrammes ou pictogrammes mal connus et considérés comme « magiques ». Après cette démonstration, les fresques représentant Pharaon se mettent à « parler », et la réalité des séances d'enregistrements devient d'une évidence troublante.

     

     

    Certes, cette technologie est probablement restée secrète au sein des Temples impénétrables où seuls les prêtres et Pharaons avaient accès. Le peuple n'en a jamais eu connaissance. Peut-être même est-elle restée au stade expérimental, comme l'électricité qu'ils n'étaient pas censés connaître non plus. Où cette technologie se trouve-t-elle à présent dissimulées ? Sous le Sphinx ? Détournée par certains archéologues ? Volée par les pilleurs de Tombe qui ont sévi pendant de nombreux siècles ?

     

    MEMOIRE SONORE PREHISTORIQUE

     

    Il semble bien que les artistes préhistoriques qui réalisèrent les fresques retrouvées dans de nombreuses cavernes de par le monde aient voulu laisser le son en même temps que l'image. En effet, de récentes études menées par Steven Waller de « l'Américan Rock Art Association » révèlent que les hommes préhistoriques utilisaient l'acoustique des cavernes pour donner vie et force à leurs fresques. Steven Waller qui a enregistré les échos de grottes du monde entier à remarqué que les sons renvoyés par les parois imitaient les bruits des animaux représentés par les peintures rupestres. L'intensité sonore correspond étrangement à la présence de décors muraux. Les parois délaissées par les artistes préhistoriques sont celles qui restent muettes, sans échos.

     

    LA VOIX DE NEANDERTHAL

     

    De son côté, Jean Louis Heim, en collaboration avec le laboratoire d'anthropologie du Musée de l'Homme de Paris et l'Institut de la Communication parlée de Grenoble, a réussi à reconstituer par ordinateur la voix que pouvait avoir l'Homme de Néanderthal, en prononçant certaines syllabes. On ne peut se contenter que de cela puisqu'on a aucune idée des mots ou des paroles prononcées par notre présumé ancêtre.

     

    LA MEMOIRE DE L'EAU

     

    En plus de sa capacité à fournir l'hydrogène, l'eau a des propriétés particulières qui peuvent avoir une influence sur la qualité de notre vie. Ces propriétés ont fasciné les chercheurs qui peu à peu en découvrent les mystères. En 1984, Jacques Benveniste célèbre pour ses travaux sur « la mémoire de l'eau », en travaillant sur les allergies, découvre qu'une solution hautement diluée déclenche une réaction comme si des molécules initiales étaient encore présente dans l'eau: l'eau conservait une trace des molécules présentes au départ des dilutions. Masaru Emoto a réussi à photographier des cristaux de glace formés à partir d'une eau.

     

    Il s'aperçoit que la perfection des formes obtenues varie en fonction de la pollution de l'eau utilisée. Il fait aussi diverses expériences: place un flacon d'eau distillée entre des hauts-parleurs, et l'imprègne de diverses musiques: Mozart enchante l'eau qui fait de superbes cristaux; par contre le groupe « heavy metal » aboutit à des cristaux informes. S'il inscrit des mots d'amour sur la bouteille, la réaction est positive (cristaux parfaits) si ce sont des injures ou l'expression de la haine les cristaux perdent leur forme! Ce qui explique pourquoi notre corps ou plutôt ses 75% d'eau réagit à la musique, aux sentiments ou aux paroles négatives.

     

    LA MEMOIRE DE LA PIERRE

     

    Des recherches d'un intérêt exceptionnel, fondée sur le principe de la désagrégation des sons, sont effectuées depuis de nombreuse années dans les laboratoires du couvent des bénédictains de l'île Saint-Georges à Venise où une équipe scientifique aurait mis au point des appareils électroniques permettant de reconstituer ou d'interpréter des sons provenant du passé, et enregistrés au coeur de la matière. Le procédé met en oeuvre la résonance des ondes telluriques (et non pas les courants telluriques), avec la conjonction des ondes harmoniques des molécules des pierres. Des fragments de paroles auraient ainsi déjà été reproduits sur bandes.

     

    TECHNOLOGIE DU SON KOTOKAMA

     

    A l'instar du Soleil, qui se lève chaque matin à l'Est, c'est de l'Orient que nous est parvenu la Lumière sur les raisons de l'occultation des mystères du Son et de son pouvoir. Les documents de Takeuti, au Japon, vieux de 3000 ans, décrivent en détail les évènements ayant marqué l'origine du monde actuel, et plus particulièrement l'occultation du principe originel du Son, nommé Kotokama.

     

    En japonais, kotokama signifie « mot-âmes » (équivalent littéral du « Verbe » occidental).

     

    Les « mots-âmes » sont les sons purs qui cristallisent les vibrations originelles que nous percevons

    ensuite comme couleur, son et forme, dans le monde manifesté. Avant que toute manifestation soit

    perceptible dans le plan matériel, son essence vibre, résonne sur les plans subtils : ainsi, chaque

    principe manifesté par la couleur, le son ou la forme, a une vibration « sacrée » qui contient son

    essence, et en permet la manifestation. Ces « mots-âmes » n'ont de signification dans aucune

    langue : ils sont le substrat vibratoire essentiel de toutes les langues.

     

    Ainsi, la maîtrise du Kotokama permet de décoder le sens originel des mots, quel que soit la

    langue à laquelle ils appartiennent. Ce principe a été conservé dans les traditions spirituelles du

    monde entier. Cependant, l'âme de cette pratique et les outils permettant de la faire vivre a été

    cachée depuis si longtemps que les hommes en ont perdu la trace... Le Verbe originel, commun à

    toutes les grandes religions, est aujourd'hui un mythe, qu'aucun être ne sait faire revivre... Dans ce

    système, il existe cinq sons principaux, qui sont les voyelles : A, E, I, O, U (SU).

     

    1- La vibration U est émise : la « toile de fond » de l'univers apparaît.

    2- La vibration SU déclenche l'apparition des éléments constitutifs de l'univers.

    3- La vibration I insuffle la vie dans la matière.

    4- La vibration A donne à chaque être créé la conscience de soi.

    5- La vibration E lui donne également l'intelligence et la perception.

    6- La vibration O permet la cohésion et la distribution de l'énergie dans les éléments

    constitutifs de l'univers.

     

    L'occident avait connaissance des sons qui guérissaient, ainsi pendant le Moyen Age des sons et

    chants spécifiques étaient utilisés pour mettre certains malades en transe et ainsi les guérir par des

    chants étonnants et répétitifs ayant un potentiel de guérison (dans certains cas).

     

    Si vous avez mal à l'estomac, le simple fait de chanter des sons suffisemment graves, provoque

    des vibrations dans votre estomac qui soulagent. On peut également soigner des maux de crâne en

    propageant la vibration à l'endroit souhaité. En technique d'improvisation théâtrale et de cri de

    guerre, les sons émis en commun soudent le groupe ; ils permettent de faire travailler les gens au

    même rythme. La persuation passe aussi par la voix c'est pour cela que les grands orateurs grecs

    aimaient parler fort contre les vagues...

     

    Avec quelquefois des cailloux en bouche pour les obliger a articuler... Le son est une onde de 

    courte distance. Chaque forme a son propre son. Comme message cosmique : une onde qui se

    ballade pourrait se métamorphoser en ... crop-circle. Celui-ci pourrait avoir un son qui serait

    capable d'activer lui-même un certain nombre d'évènements...

     

    Thierry Van de Leur

     

    Source : revue Top Secret N°35 février/mars 2008

     

     

    La taverne de l'étrange – 19 juillet 2008

    Partager via Gmail Pin It

    5 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique