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    Des chercheurs américains savent désormais pourquoi et comment les pierres se déplacent toutes seules dans la vallée de la mort en Californie.
     
    Ce phénomène existe depuis des décennies. Dans la Racetrack Playa, un large espace recouvert de sel dans la vallée de la mort (au nord-ouest), des pierres se déplacent toutes seules, laissant parfois des traces de plusieurs dizaines de mètres à travers la plaine. 
     
    Pourquoi? Comment? Depuis plus d'une décennie, des théories, parfois hallucinantes, ont vu le jour pour expliquer ce phénomène très étrange. Mais cette fois, des chercheurs de l'université de San Diego (Californie) tiennent le bon bout, comme on peut le lire sur le magazine scientifique "PLOS ONE". Il existe bel et bien une réponse scientifique.
     
    "On a parfois besoin d'un peu de chance"
    Pour commencer, les chercheurs ont placé des GPS sur 15 de ces pierres. Ils craignaient le fait de devoir attendre 5 à 10 ans pour connaître les premiers résultats de ce phénomène. Ils avaient même prévu "l'étude la plus soporifique au monde." Finalement, il n'aura fallu que deux ans pour voir les premières pierres bouger seules dans la vallée de la mort, comme ce fut le cas en décembre 2013.
     
    "La recherche a parfois besoin d'un peu de chance", admet le chercheur Richard Norris.
     
    Pluie, glace, vent, boue...
    Et que s'est-il réellement passé? Pour un tel "miracle", il faut plusieurs circonstances exceptionnelles. Primo: la plaine doit être recouverte par une fine couche de pluie. Ce n'est pas gagné puisque la Racetrack Playa est logiquement considérée comme l'une des zones les plus arides au monde. Secundo: la couche doit être assez profonde pour permettre la formation de glace flottante, sans pour autant immerger complètement la pierre. De ce fait, la froidure nocturne congèlera l'eau autour des pierres et des couches de glace seront formées. Elles doivent être assez fines pour se déplacer tout en étant assez solides pour pouvoir supporter le poids de la pierre.
     
    Une fois la glace fondue, elle sera brisée en plusieurs morceaux. Ces derniers seront emportés par le vent, entraînant également les pierres dans leur élan. Les traces laissées par les pierres sur le sol sont les marques laissées dans la boue lors de ces glissements.
     
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  • JOTTLINGS

    CES OBJETS QUI DISPARAISSENT…ET NE REAPPARAISSENT …PAS TOUJOURS !

     

    Nombreuses sont les personnes à avoir vécu ce phénomène et à l’avoir mis sur le compte de l’étourderie ou de la fatigue : vous déposez un objet sur un meuble, vous vous absentez et quand vous voulez le reprendre, il a tout simplement disparu comme par enchantement alors que vous êtes certain de l’avoir laissé à cet endroit précis. Ce n’est qu’après plusieurs heures, jours ou semaines que l’objet réapparaît, et pas toujours à l’endroit où vous l’avez laissé…

    JOTTLINGS - ces objets qui disparaissent et ne reviennent pas toujours !

     
    C’est dans les années 1980 que la SPR (Society for Psychical Research), Société britannique pour la Recherche Psychique, qui occupait déjà une position avant-gardiste en ce domaine dans le monde (place qu’elle a encore aujourd’hui), a jugé opportun d’inclure, dans sa palette de phénomènes soumis à étude dans le domaine du paranormal, une catégorie qui n’y figurait pas auparavant : les jotts ou jottles, mot intraduisible en français si ce n’est par la litote : « quelque chose qui arrive » ou… « rien qu’une de ces choses ».

    Il s’agissait, en l’occurrence, d’une expérience vécue un jour ou l’autre par tout un chacun : l’article (objet) que vous avez posé à un endroit bien précis se révèle absent (perdu) quand vous voulez le récupérer ; et ce, malgré une recherche en règle. Celle-ci terminée, de guerre lasse, vous abandonnez et, plus tard (jours, mois, années ?), vous tombez à l’improviste sur l’article, précisément là où vous l’aviez posé (et pas assez bien imprimé dans votre tête, ce qui aurait empêché le « jott ») et là où il n’était plus. Ou bien alors vous le dénichez ailleurs dans un endroit où vous aviez vérifié x fois qu’il n’y était pas !

    L’expérience n’est pas anodine par le fait même qu’elle survient la plupart du temps sans témoin. Elle vous laisse sur le coup dans sa phase perte exaspéré, contrarié mais, comme l’objet perdu n’est pas vital pour vous (sinon, c’est plus dramatique), elle est à peu près immédiatement négligée (on n’en tient guère compte), rejetée et, dans la plupart des cas, vite oubliée. Ce n’est que lorsque vous retombez par hasard sur l’article (phase retrouvaille) là où vous l’avez cherché sans succès que l’opération soulève une certaine émotion ; mais celle-ci est, elle aussi, vite oubliée, occultée par le plaisir d’avoir remis la main sur quelque chose qui finalement ne vous manquait pas tellement puisque vous avez pu sans problème vous en passer durant la transition. Rarement, vous vous livrez, même introspectivement, à une analyse mettant cela sur un moment de la distraction, d’une annonciatrice de la maladie d’Alzheimer ou autre négligence dont nous sommes plus ou moins coutumiers.

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    -UNE MANIFESTATION PARANORMALE-

    Pas besoin d’invoquer le paranormal : c’est pourtant ce que suggère la SPR (Society for Psychical Research) : y aurait-il des petits riens paranormaux qui réunis ensemble nous amèneraient à remettre en cause le paradigme en vigueur selon lequel un objet posé là ne peut se retrouver ailleurs à moins que quelque chose (vent, tremblement de terre, etc.) ou quelqu’un (un petit plaisantin de votre entourage ou un oiseau…) ait voulu vous faire une farce ou vous perturber.

    Il est vrai qu’il y a des cas très documentés qui ne se laissent pas aussi bien réduire et résoudre que ça ; d’où, dans ces cas-là, une discussion utile sur les causes possibles ; et hélas pour les esprits cartésiens, certaines font en effet appel au paranormal. Faisant suite à cette inclusion dans la liste des expériences à caractère paranormal par la SPR, près de 10 ans plus tard, l’instigatrice de cette initiative en publiait une classification dans l’organe de liaison gratuit distribué aux membres de la SPR, PSI Researcher d’octobre 1991 : il y était dit que les « jotts » appartiennent à deux grandes classes : les déplacements d’objets, qui sont les plus nombreux, et les « trucs bizarres » (oddjotts) qui sont d’autres sortes de « discontinuité » ; on peut les grouper en 7 types :

    1/TYPE « Promenade » : A et B :

    a/ un article (objet ou autres) disparaît d’un endroit connu et est retrouvé plus tard, inexplicablement, ailleurs parfois même en un lieu bizarre.

    b/ c’est l’alternative où l’article n’a pu être relocalisé immédiatement là où il fut finalement trouvé, parce que sa place a été vérifiée entre temps « vide ». Il a dû transiter par une place provisoire inconnue.

    2/TYPE « Retour », « Rentrée » :

    L’article disparaît d’un endroit connu et plus tard (aussi bien après 5 minutes que 5 ans), il est retrouvé à la même place. Ceci peut être un cas spécial du type 1b.

    3/TYPE « Envol » :

    Un article disparaît d’un endroit connu et n’y reviendra jamais. S’il revient, il réintègre la classe « retour ».

    4/TYPE « Arrivée », « Apparition », « Découverte », « Dénichage » :

    Un article connu de l’observateur mais inconnu quand à sa place est trouvé dans un endroit où l’on sait qu’il n’était pas avant. Cela peut être une « promenade » type b mais aussi une « reprise » type 6.

    5/TYPE « Chance », « Aubaine », « Coup de bol », « Fruit tombé » :

    C’est une « découverte » dans laquelle l’article est non identifié et non connu de l’observateur (voir aussi Reconduction ci-dessous).

    6/TYPE « Echange », « Reprise » :

    « Envol » suivi, plus tard, d’une découverte d’un article identique à celui qui s’était envolé.

    7/TYPE « Capotage », « Reconduction » :

    Comme la « Reprise » mais l’article arrive tout seul. En 1998, la fusion des catégories 6 et 7 était proposée, ce qui réduisait la gamme des différents « jotts » à 6 types. Le type 6 concerne donc un double évènement : un article disparaît et un autre apparaît « comme s’il avait pris sa place ».

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    Voici un témoignage paru dans le magazine Fate en mars 2003 de Rosemary Guiley :

    « Fin 1994, j’ai passé une semaine à Findhom en Ecosse où j’ai acheté une bague celtique. Elle était ajustée mais pas trop et ne glissait pas facilement. J’étais revenue à Londres où je restai avec des amis avant de me rendre quelques jours plus tard à Paris pour rencontrer Tom, l’homme qui allait devenir mon mari. Je portais cette bague à la gare ferroviaire d’Heathrow, j’en suis sûre en ayant admiré la forme sur le quai. Dans le wagon, consternation, elle n’était plus à mon doigt. M’avait-elle échappé sur le quai quand j’étais aux prises avec mes bagages ? De retour à Londres plusieurs jours après, je trouvai la bague posée sur le bureau de ma chambre. Mon amie me dit l’avoir trouvée au milieu de la chambre sur le sol juste après mon départ. Quelques mois plus tard, Tom et moi nous rendîmes dans le parc d’attraction de l’Etat du Maryland ; j’avais cette bague à mon petit doigt. Une nouvelle fois, je constatai soudain qu’elle n’était plus là ; j’insistai pour revenir sur mes pas et ayant fait chou blanc présumai que cette fois, je l’avais bien perdue définitivement. Or, à notre retour à la maison, la voilà qui tombe de l’intérieur d’une des jambes du jean que je portais ce jour-là. Au parc, je l’avais cherchée partout dans mes habits sans succès et avais marché de longues heures après le constat de sa disparition. Depuis, il n’y a plus eu de problème avec cette bague… »

    Rosemary invoquait le cadre « romantique » dans lequel elle baignait pour expliquer la survenue de ces « jotts ».

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    -LES JOTTS, PHENOMENES SINGULIERS MAIS COURANTS-

    Les « jotts » sont-ils à rapprocher d’autres manifestations paranormales ? On pense tout de suite à un mélange d’effet poltergeist, de télékinésie et d’« apport » : un poltergeist consiste à des troubles consistant en des bruits, des déplacements d’objets inexplicables qu’on a pu constater au voisinages d’adolescents plus ou moins travaillés par la puberté ou l’éveil de la sexualité. Ils (ou elles) sont responsables indirectement puisque n’agissant pas eux-mêmes normalement mais subissant les perturbations. La télékinésie (PK), tout le monde le sait, est une faculté métapsychique assez bien établie qui rend certains sujets aptes à provoquer des mouvements sans contact (appuyer sur le plateau d’une balance enfermée dans une boîte, tordre des morceaux de fer enfermés dans des tubes, etc.), bref il s’agit de l’influence de l’esprit sur la matière. Les « jotts », « psychokinèse émotionnelle », pourraient se produire lors d’états de conscience particuliers tels que des moments d’intense émotion ou de grande frustration ; cela conduirait, dans certaines conditions à ce que les objets perdus réapparaissent là justement où on ne les attend pas !

    On va voir que les rapporteurs de ces petits évènements les relient souvent à un état d’esprit particulier qu’ils avaient au moment de la disparition constatée. Moins connue et plus controversée est la notion d’apport, à connotation spirite. « Comme son nom l’indique, lit-on dans Le Journal Spirite, l’apport correspond à une forme matérielle déjà existante, quel qu’en soit l’endroit ; cette forme matérielle va être soustraite à son milieu, par la force et le désir de l’esprit, (va subir un changement moléculaire (?) la rendant provisoirement invisible et dématérialisée), pour ensuite retrouver sa forme et sa texture initiale, à un autre endroit et pour la circonstance à l’intérieur d’une séance spirite. Les « jotts » seraient des « apports » sauvages. Les « jotts » pourraient-ils être des objets sujets à « transportation » spontanée et involontaires : un « transport » à la Star Trek ? Ceux-ci seraient-ils les indicateurs à notre portée indiquant que tout cela n’est pas de la science-fiction mais de la réalité quotidienne non reconnue comme telle ? Un autre rapprochement peut être envisagé avec certaines coïncidences comme celles qui vous font entendre un mot inusité inconnu de vous à la radio ou à la télé qui va se retrouver sous la plume pour la première fois de l’éditorialiste de votre quotidien préféré. Des mesures de probabilités ont même pu être opérées sur ce genre de phénomènes qui accréditent leur existence sans les imputer au hasard.

    Nous n’en sommes encore pas là, hélas, pour les « jotts » qui n’ont pas fait l’objet d’études suffisantes et de prise en compte même par les partisans des sciences psychiques. L’initiatrice de cette décision d’inclure les « jotts » dans le corpus d’étude du paranormal de la SPR ne se prononce que pour dire qu’elle croit que derrière chaque « jott » se trouve un message de notre subconscient.

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    -ETAT DES LIEUX-

    Passons maintenant à un autre exemple parlant de « jotts ».

    Extrait du livre (2007) de Mireille Thibault (1) :

    « Une de mes filles avait en main un bracelet prêté par sa meilleure amie. La petite copine tenait beaucoup à ce bracelet, car il lui venait de sa parenté. Ma fille donc le porter une journée et le redonner le lendemain. Mais voilà que le lendemain matin le bracelet est introuvable. Encore une fois (c’est son second exemple personnel), la maison et le terrain sont fouillés, bien que ma fille ne se soit pas promenée partout. Aucun endroit n’est laissé au hasard. Peine perdue, le bracelet a disparu et nous sommes tous un peu découragés. Le soir, mes enfants partent avec leur père. Je me rends alors à ma chambre pour me changer et voilà que le fameux bracelet se trouve en plein centre de mon lit. Ariel, mon chat, le sent comme s’il trouvait curieux cet objet. Le bijou se trouvait donc là, comme le nez au milieu de la figure, et il est impossible que nous ne l’ayons pas remarqué lors de nos recherches. Il est peu plausible que notre chat se soit promené avec un bijou. Je suis certaine que vous auriez également plusieurs expériences de ce genre à rapporter. »

    (1)- Mireille Thibault, Le Phénomène des Maisons Hantées, Les Esprits et la Hantise, les Editions Quebecor, Montréal, 2007. Elle y consacre un chapitre aux « jotts ».

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    lmi
     
    Source- Le Monde de l’Inconnu n° 344 de juin/juillet 2010
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  • boeing malaisian airline

     Les portables des victimes fonctionneraient encore !   BOEING DE LA MALAYSIA AIRLINES — Les recherches se poursuivent mardi pour retrouver la trace du Boeing 777 disparu avec 239 personnes à bord. Des familles ayant tenté de joindre des proches affirment que les téléphones sonnent dans le vide.   Les téléphones sonnent dans le vide     Selon le Washington Post, des familles ont tenté de joindre leurs proches dans l'avion. Ils affirment que les portables sonnent et qu'ils sont toujours actifs.   Autre élément troublant, les familles ont également découvert que certains des passagers étaient encore connectés sur QQ, le service de messagerie instantanée chinois.   Le site china.org assure que 19 familles ont signé un communiqué commun demandant aux autorités chargées des recherches qu'elles tracent ces téléphones afin de tenter de localiser l'avion. La suite dessous :   http://www.lematin.ch/monde/asie-oceanie/portables-victimes-fonctionneraient-encore/story/23974659  

    Aura2
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  • Que se passe-t-il en cas de transplantation cardiaque, lorsque le cœur d’une autre bat dans votre poitrine ? L’aventure bouleversante vécue par l’actrice Charlotte Valandrey, et racontée dans son dernier livre, laisse entrevoir l’existence d’étranges ponts entre morts et vivants…

    01
    C’est une impression terrifiante. Charlotte fonce en voiture au cœur de la nuit, sous une pluie battante. A l’une de ses mains, crispée sur le volant, brille une bague. Mais soudain des phares l’aveuglent, elle perd le contrôle, elle ressent un choc terrible ! Et c’est à cet instant qu’elle se réveille en âge dans ses draps. Ce n’était qu’un cauchemar. Charlotte, c’est l’actrice Charlotte Valandrey, l’interprète de Myriam dans la série « Les Cordiers, juge et flic ».

    Cette nuit de décembre 2005, elle peine à retrouver le sommeil après son rêve. Des visions lui reviennent en mémoire, obsédantes. La voiture dans laquelle elle se trouvait n’était pas la sienne. Et cette bague qu’elle portait au doigt, juste avant le crash, elle n’en a jamais eu de semblable. Quel sens trouver à ces images ? En ont-elles seulement un ?

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    ELLE REVIT A SEPT REPRISES LA SCENE DE L’ACCIDENT

    A l’époque, la comédienne file le parfait amour avec un médecin. Elle savoure d’autant plus ce bonheur qu’elle est deux fois miraculée : non seulement elle survit depuis une vingtaine d’années au virus du SIDA mais, deux ans plu tôt, on lui a greffé avec succès un cœur. Sa carrière professionnelle s’en ressent. Etre séropositive et transplantée cardiaque, ce ne sont pas les meilleurs atouts pour se présenter à un casting. Et l’ex-petite prodige du cinéma français, révélée par le film Rouge Baiser, de Véra Valmont, a du mal à décrocher de nouveaux rôles. Mais Charlotte Valandrey est une battante, et un seul sourire de sa fille de 5 ans, Tara, suffit à lui faire trouver la vie magnifique. Quelques jours passent. Puis Charlotte fait le même cauchemar. Et ce n’est pas fini : elle va revivre à sept reprises, dans son sommeil, la scène terrible de l’accident… Dans le même temps, elle constate d’étranges changements dans son comportement. Elle qui n’a jamais bu de vin se met subitement à apprécier le bordeaux. Et alors qu’elle a toujours détesté la tarte au citron et les babas au rhum, voilà qu’elle ne peut plus s’en passer ! Mais le plus étrange se produit lors d’un voyage en Inde qu’elle fait en compagnie de son amie d’enfance, Lili

    « J’Y ETAIS DEJA VENUE AVANT, DANS UNE AUTRE VIE… »

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    Les deux femmes visitent le célèbre Taj Mahal, et Charlotte, dont c’est pourtant le premier voyage à Agra, a soudain l’impression que l’endroit lui est familier. « Je connaissais ce lieu, affirme-telle. J’y étais déjà venue avant, dans une autre vie ou dans un rêve… »

    La suite est encore plus troublante. Alors que les deux amies s’approchent du mausolée de marbre blanc, Charlotte propose à Lili d’aller voir le fleuve qui coule derrière le monument, en contrebas. Or le fleuve, de là où elles se trouvent, est invisible, et ne figure même pas sur leur guide. Un phénomène de voyance ? Non. Charlotte en est persuadée : c’est son cœur greffé, le cœur de « l’autre », qui parle maintenant en elle, et qui se souvient. A priori, cette idée d’un cœur transplanté qui garderait la mémoire de sa vie antérieure semble relever de la science-fiction. De retour à Paris, l’actrice consulte des revues médicales spécialisées. Et ce qu’elle découvre est sidérant. Il existe bien un phénomène que les scientifiques appellent la « mémoire cellulaire ». Les explications sont très techniques. En résumé, les cellules du cœur stockeraient des images, des sensations, des goûts de la personne pour laquelle il bat.

    QUI EST CETTE INCONNUE DONT LA MORT L’A SAUVEE ?

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    Rien n’a encore été formellement prouvé, mais des études menées aux Etats-Unis laissent apparaître plusieurs cas stupéfiants. Par la suite, après une transplantation, ces mêmes cellules pourraient envoyer les souvenirs du donneur dans le cerveau du receveur, où ils referaient surface… Une femme aurait eu la révélation, en rêve, du nom et du prénom de son donneur. Et une petite fille aurait « vu », dans un cauchemar, la scène au cours de laquelle son donneur avait été assassiné. Pourquoi la bague, l’accident de voiture, la visite au Taj Mahal ne viendraient pas de cette femme dont le cœur a sauvé la vie de Charlotte Valandrey ? Dans son premier livre, L’Amour dans le sang, l’actrice a raconté en détail cette transplantation de la dernière chance… Cela remonte à l’automne 2003. Charlotte suit alors, depuis des années, une trithérapie destinée à lutter contre le SIDA. Elle est fatiguée, son ventre se gonfle, son souffle est court. Verdict des médecins : le cœur est à bout de souffle. Sans une greffe, c’est la mort. Dans la nuit du 3 au 4 novembre, le téléphone sonne. Charlotte est attendue d’urgence à l’hôpital Saint-Paul, un établissement parisien réputé pour son service de cardiologie. On vient d’y recevoir un cœur compatible…

    Le lendemain, après des heures d’opérations, elle se réveille avec l’organe d’une autre personne dans la poitrine. Qui ? Elle l’ignore et ne pose pas encore la question. Car le combat est loin d’être gagné. Durant des mois, le risque de rejet est réel. Mais par bonheur, Charlotte Valandrey recouvre la santé.

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    Charlotte Valandrey chez Ruquier (On n‘est pas couché) le 13 octobre 2012

    Mais à présent, deux ans plus tard, ses cauchemars récurrents la conduisent à s’interroger : qui est cette inconnue dont la mort l’a sauvée ? Il lui semble que le seul moyen de se libérer de ses rêves affreux est de mettre un nom et un visage sur cette femme. Elle se rend donc à l’hôpital Saint-Paul. Mais les médecins lui opposent le secret médical. Impossible, depuis la loi de bioéthique de 2004, de fournir le nom d’un donneur d’organe. Tout au plus apprend-elle, par un cardiologue du service, qu’un cœur a été prélevé sur une accidentée de la circulation, dans la nuit du 3 au 4 novembre 2003. C’est peu. Mais la fidèle Lili, qui participe à l’enquête, trouve un indice supplémentaire dans les archives du Parisien. Un article relate un accident mortel qui s’est déroulé cette nuit-là, place de la Nation, dans le 12e arrondissement, durant un gros orage :

    « Un livreur a perdu le contrôle de son camion et percuté violemment un véhicule de marque Audi qui roulait en sens inverse. La conductrice, une femme de 30 ans, médecin, a été transportée dans le coma à l’hôpital Saint-Paul où elle a succombé à ses blessures. »

    Charlotte se rend au commissariat du 12e, où l’on refuse, là encore, de lui donner le nom de la victime. Retour à la case départ. Mais le destin veille. Une lettre va bouleverser sa vie.

    « JE CONNAIS LE CŒUR QUI BAT EN VOUS »

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    Le courrier, qui lui a été adressé chez son éditeur, Le Cherche midi, a tout de la lettre anonyme rédigée en lettres bâtons. Mais nulle menace, nul chantage. Le « corbeau » n’a rien d’autre à exprimer que son immense chagrin…

    « Chère Charlotte, je connais le cœur qui bat en vous, je l’aimais. Je n’ai pas le droit de vous contacter, mais je ne peux me résoudre au silence… Lorsque j’ai accepté que le cœur de mon épouse soit prélevé pour sauver une autre vie, je ne pensais pas connaître un jour l’identité de l’être receveur… »

    C’est qu’entre-temps, il y a eu ce livre, L’Amour dans le sang, dans lequel Charlotte Valandrey raconte sa greffe, dans la nuit du 3 au 4 novembre 2003. L’auteur de la lettre n’a eu qu’à faire le rapprochement, à son tour, entre l’accident de sa femme et la transplantation. C’est un homme inconsolable qui termine sa lettre par un post-scriptum destiné directement à son épouse morte : « Si jamais tu me lis, tu me manques douloureusement à chaque instant, j’hésite à te rejoindre. » Quelques semaines plus tard, Charlotte reçoit une deuxième lettre. « Je suis heureux de voir toutes ces images qui vous montrent en si bonne forme, écrit le mystérieux correspondant. Ma femme avait 29 ans. Lorsque je suis arrivé à l’hôpital, son corps vivait encore mais la mort cérébrale venait d’être déclarée. Voulez-vous sauver d’autres vies ? M’a-t-on demandé. J’ai dit oui. Ma femme était généreuse, elle croyait à la réincarnation. J’aimerais vous dire que j’admire votre courage et que ma femme est sûrement heureuse de vous avoir redonné la vie. »

    « JE VAIS ARRÊTER DE VOUS ECRIRE… »

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    On devine l’émotion de l’actrice, et son envie d’en savoir plus sur cette inconnue que son mari continue d’aimer par-delà la tombe. Mais la lettre ne présente aucun indice qui permettrait de remonter jusqu’à son auteur… Charlotte ne peut en déduire que peu de chose : l’homme habite Paris ou la région parisienne, il s’exprime dans un français parfait et écrit sur un papier rare que l’on ne trouve que dans certaines papeteries spécialisées… A tout hasard, elle en fait le tour, questionnant les vendeurs. Mais elle rentre bredouille. La troisième lettre anonyme que Charlotte reçoit met fin à ses derniers espoirs. « Je vais arrêter de vous écrire, lui annonce son correspondant. Je ne veux pas la confusion des sentiments… Je partirai bientôt à l’étranger pour quelques années. » Il n’y aura pas d’autre courriers.

    Fin 2006, enfin une bonne nouvelle : Charlotte a été choisie pour jouer dans la pièce de théâtre, La Mémoire de l’eau, de Shelag Stephensen, dans une mise en scène de Bernard Murat.

    « UNE ROMANESQUE INTERVENTION DU DESTIN »

    Le titre semble un clin d’œil du destin pour cette femme qui vit dans l’obsession de la « mémoire cellulaire ». Mais en commençant les répétitions, Charlotte est loin d’imaginer que ce rôle va lui permettre, de la manière la plus incroyable qui soit, de percer le mystère qui lui empoisonne la vie…

    « DANS SA LOGE, DES BOUQUETS DE VIOLETTES »

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    Le soir de la première représentation, au Petit Théâtre de Paris, la pièce est longuement applaudie. Un succès. De retour dans sa loge, Charlotte trouve un bouquet de violettes.

    -C’est un homme qui me l’a remis pour toi, lui dit son habilleuse. Impossible de le convaincre de venir te saluer. Timide mais beau, très bel homme… Dans les jours qui suivent, le mystérieux admirateur dépose six autres bouquets de violettes, sans jamais se montrer. Puis, un soir, alors qu’elle est en train de se démaquiller après le spectacle, Charlotte entend la voix de son habilleuse dans le couloir :

    -Mais si, venez, insiste-t-elle, je suis sûre que cela lui fera plaisir !

    « C’EST UN COUP DE FOUDRE PARTAGE »

    La porte s’ouvre et la comédienne se trouve face à un grand type, la quarantaine élégante, manifestement intimidé. Un peu plus tard, elle apprend que cet admirateur s’appelle Yann, qu’il est architecte, en instance de divorce. De part et d’autre, c’est un coup de foudre. Quelques jours plus tard, alors que la pièce a quitté l’affiche, Yann emmène Charlotte à Rome, pour le week-end. Un séjour de rêve dans un vieux palace, « La nuit fut superbe », écrit-elle sobrement, après leur première étreinte. De retour à Paris, la comédienne découvre la maison de Yann, aux Buttes-Chaumont, dans le 19e arrondissement. Une maison à la décoration contemporaine qui n’abrite qu’un meuble ancien, un secrétaire indien au bois patiné par les ans. L’architecte, qui a des chantiers à Berlin, s’absente souvent, mais cela ne donne que plus de saveur à leurs retrouvailles. Un matin, alors qu’elle paresse au lit, Charlotte entend le portable de Yann sonner dans le secrétaire indien. Mais elle ne peut le prendre, le meuble est fermé. Quelques minutes plus tard, Yann l’appelle…

    -Je n’aurais pas oublié mon téléphone ? Demande-t-il.

    -Si, il est dans le secrétaire. Dis-moi où est la clé et je te l’apporterai à l’heure du déjeuner

    Mais Yann, après un silence embarrassé, refuse, prétextant qu’il peut se passer de son appareil jusqu’au soir. Il n’en faut pas plus pour inquiéter l’actrice… Pourquoi ce secrétaire est-il toujours fermé à clef ? Que renferme-t-il donc de si mystérieux ?

    « QUE CACHE LE MEUBLE FERME A CLE ? »

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    L’actrice, après quelques recherches, finit par trouver la clé, pendue à un clou derrière le meuble. Elle ouvre. Et elle découvre d’abord une photo sur laquelle Yann est en compagnie d’une jolie femme brune, devant le Taj Mahal. « Voilà donc la femme dont il a divorcé », pense-t-elle. Puis son regard accroche une pochette rouge portant une simple date : « 4/11/03 », intriguée, Charlotte regarde ce qu’elle contient. C’est un document à en-tête de l’hôpital Saint-Paul. Un certificat de décès au nom de Virginie, daté du 4 novembre 2003. A côté, une coupure de presse du Parisien relatant l’accident de la place de la Nation.

    « UNE BOULEVERSANTE DECOUVERTE »

    Et Charlotte Valandrey, abasourdie, comprend. Les lettres anonymes, les bouquets de violettes : Yann est le mari de Virginie, celle qui lui a donné son cœur. Les mains tremblantes, elle s’enfuit en se répétant : « Yann m’a menti, il a menti… » Quelques semaines plus tard, l’architecte part en Australie pour son travail et Charlotte, encore bouleversée par sa découverte, est victime d’un infarctus dont elle sera sauvée de justesse…

    Laissons au lecteur curieux le soin de découvrir par lui-même la suite de l’histoire, et les dernières pages de cette incroyable aventure, digne d’un roman, que constitue le nouveau livre de Charlotte Valandrey. Un récit qui, s’il semble défier la raison, montre l’infini de l’amour et la puissance du destin.

    10*

    Source- Magazine Horoscope n°740 de novembre 2011

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