• LE MYSTERE DU CHEMIN DES ETOILES

     

    LE MYSTERE DU CHEMIN DES ETOILES

     

     

    Au milieu du XXe siècle, dans nos campagnes de France, on entend fréquemment encore évoquer la Voie Lactée sous le nom de Chemin de Saint-Jacques. Cette appellation n’est pas gratuite : depuis près de deux millénaires, les hommes ont remarqué la correspondance qui existe entre la route antique qui, au sol, court des Pyrénées à Saint-Jacques-de-Compostelle et notre galaxie, la Voie Lactée, qui en indique la direction dans le ciel.

     

    En fait, Saint-Jacques et les étoiles, au fil des siècles, mélangent leurs images comme si le christianisme, en poussant par centaines de milliers les pèlerins de l’Europe tout entière sur cette chaussée vénérable, avait fait en sorte de récupérer avec un succès éclatant du reste, le mouvement qui bien auparavant, sur ce chemin marqué par les étoiles, conduisait déjà les initiés, dans leur marche irrésistible vers l’Ouest, jusqu’aux limites extrêmes du grand océan.

    Fils de Zébédée et de Marie-Salomé et frère de saint Jean l’Evangéliste, Jacques le Majeur était l’un des trois élus parmi les douze apôtres que Jésus surnomma Boanergès c’est-à-dire Fils du Tonnerre, probablement à cause d’un tempérament aussi résolu qu’impétueux. Porté par sa fougue et son enthousiasme, il aurait bientôt traversé les mers pour venir évangéliser l’Espagne et c’est à Iria Flavia, maintenant Padron, à l’embouchure de la rivière Ulla et dans la région même où se trouve le cap qui constituait alors le bout du monde qu’il finit par aborder. Pendant sept années, il parcourt la péninsule ibérique sans rencontrer grand succès auprès des païens (seul un chien fut sensible à sa bonne parole) avant de retourner à Jérusalem où en l’an 44, le huitième jour des calendes d’avril, Hérode Agrippa le fait périr par le glaive. Après son martyre, ses compagnons, par crainte des juifs, furent contraints de quitter la Palestine, emmenant sa dépouille sur une barque sans gouvernail qui devait pourtant les conduire sur les rivages de Galice, dans le royaume d’une méchante reine nommée Louve et à l’endroit même où l’Apôtre avait accosté quelques années plus tôt. En dépit des intrigues et vilains travers de la terrible souveraine et à son grand étonnement, le sarcophage de l’Apôtre confié à la fantaisie d’un char attelé de taureaux indomptés, vint s’arrêter à cinq lieues de la mer, dans la cour de son propre palais. Dans ces conditions, elle ne pouvait faire autrement que de dédier celui-ci à saint Jacques et de faire édifier un mausolée en un lieu connu plus tard sous le nom d’Arcae Marmoricae parce qu’on y construisit en l’honneur du saint une série impressionnante d’arcs de marbre. Et puis, pendant plus de sept cents années, avec le déferlement des hordes barbares et plus tard des Arabes sur toute l’Espagne, le silence et l’oubli s’étendirent sur la tombe de Jacques le Majeur.

    Jusqu’au jour où un ermite appelé Pélage (son nom prouve que c’était un homme de la mer) et quelques bergers dont on disait d’ailleurs qu’ils savaient communiquer avec les astres retrouvent le sarcophage, enfoui sous les broussailles, grâce à la présence d’une étoile qui brillait chaque nuit au-dessus d’un plateau désert. En souvenir de cette lueur céleste, ce lieu sauvage et désolé se voit attribuer le toponyme de Compostelle ce qui, selon l’étymologie populaire et en dépit des dénégations des philologues, indique qu’il s’agit du Campus Stellae ou Champ de l’Etoile. Il est d’autres explications comme celle du compost des alchimistes dont l’Etoile apparaissait à la surface du creuset au cours des premières phases de la réalisation du grand œuvre (n’oublions pas Maître Nicolas Flamel installé sous les piliers de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie et le récit initiatique de son voyage en Galice, sur la tombe de l’Apôtre). Ou bien la formule qui rattache les deux éléments du nom à la collision ancienne d’un astre avec notre planète. Ou encore, secrète et plus dogmatique en même temps, l’idée selon laquelle on aurait voulu évoquer la présence du Maître de l’Etoile qui pourrait être saint Jacques mais qui pourrait aussi bien s’identifier au chef de ces énigmatiques compagnons surgis par delà l’océan « des bords mystérieux du monde occidental ». Enfin et traditionnellement, il y aurait une effective correspondance entre Compostelle, le chemin de l’Ouest et le Champ des Etoiles, cette Voie Lactée qui, dans notre ciel, est comme la route qui mène à la constellation du Grand Chien. En tout cas, très vite, le saint à l’Etoile acquiert une merveilleuse réputation et déjà les premiers pèlerinages commencent à s’organiser.

    En 844, à la bataille de Clavijo, près de Logrono, Ramire II, à la tête d’une poignée d’Espagnols, livre aux Maures un combat difficile sinon désespéré. Soudain apparaît dans les nuées, au-dessus des troupes qui s’affrontent, un guerrier casqué et masqué dont la cuirasse est si brillante qu’elle resplendit au soleil à peu près comme la moderne combinaison d’un homme de l’espace. Sous son cimier lumineux, il brandit une arme qui flamboie et pour les chrétiens il ne fait pas de doute que ce cavalier du ciel survenu à point nommé pour galvaniser leurs énergies et les conduire à la victoire est évidemment Jacques le Matamore, c’est-à-dire le massacreur des Maures. Et c’est ainsi que saint Jacques accède au titre de Patron de l’Espagne, que Santiago devient le cri de guerre et de ralliement des Espagnols et que commence la reconquête… Il n’en reste pas moins que tout au long des chemins qui mènent à Compostelle, plantés tels des jalons « comme les cailloux semés par le Petit Poucet » s’égrènent montagnes, ruisseaux, villes, villages ou lieux-dits dont les dénominations évoquent curieusement le monde des étoiles. En France déjà, sur le chemin qui venait de Trèves par Vézelay et Périgueux, il existe dans les Pyrénées-Atlantiques, à quelques kilomètres au sud-ouest d’Orthez, un petit village appelé l’Hôpital d’Orion. Dès le début du XIIe siècle, il y avait là un hospice destiné aux pèlerins qui se rendaient en Galice mais, bien avant cette époque, le lieu portait le nom d’Orion comme cette constellation qui fait partie de notre galaxie. Une petite église construite au siècle suivant dans un style où le roman se mêle heureusement au gothique se dresse toujours dans ce calme vallon. Sur les modillons de la corniche, on remarque notamment une francisque sur un fond d’étoiles. Plus au sud, entre Saint-Jean-Pied-de-Port et le col de Roncevaux, c’est-à-dire à proximité de la portion du chemin issue de la réunion des trois principales voies françaises, Orion est aussi le nom d’un torrent qui est un affluent de la Nive et d’une forêt dont les frondaisons trouvent place dans la mythologie des Basques. Entre Saint-Palais et Ostabat, là où convergeaient justement ces trois voies, il y a au flanc de la montagne un monument : c’est une stèle archaïque où se retrouve la double animation du voyage vers Compostelle puisqu’elle porte très symboliquement en son centre une croix inscrite dans une étoile à cinq branches. Au bord de la route venant du sud de la France, un autre gîte d’étape, l’Hôpital-Saint-Blaise, possède à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Pau, une église unique en son genre : ses arcs dessinent, à la croisée du transept, une étoile parfaite dont les nervures ménagent, selon la haute tradition des constructeurs du Moyen Age, un espace vide, le fameux oculus magique. Dans les murs, les ouvertures ne sont pas fermées par des vitraux mais par des sortes de claustra de pierre dont l’un au moins reproduit encore le dessin d’une étoile.

    Dans tout le Pays Basque, on retrouve dans les noms de lieux le radical Lizarra (ou ses dérivés) ce qui bien entendu, dans la langue du pays se rapporte toujours à l’étoile. Que penser ainsi de Mauléon-Licharre, au sud de Sauveterre-de-Béarn, qui dispose de part et d’autre du Saison ses coquettes maisons et dont la deuxième partie de l’intitulé pourrait être la déformation du basque Lizarra ? Passant la frontière par le col d’Ibaneta, plus connu probablement sous l’appellation de col de Roncevaux, on trouve en descendant vers Burguete une très vieille croix en pierre rongée par le temps et les intempéries dite croix des Pèlerins. En sa partie haute, ce monument porte de façon encore très apparente, l’image d’une étoile à douze pointes dans laquelle certains spécialistes ont voulu reconnaître le dieu-soleil des Basques. Et l’on arrive en Navarre, dans cette Navarre dont Pampelune est la capitale et qui perpétue également dans la pierre et le métal, dans ses armes et blasons le souvenir des étoiles. Dans la région de Pampelune, un lieu-dit se dénomme Lizarraga ce qui veut dire à peu près poussière d’étoiles. Au nord-ouest de cette zone, deux cols portent respectivement les noms de Lizarraga (encore une fois…) et de Lizarrusti. Plus loin encore, en allant vers l’ouest, il y a des Izarra, un Astray qui fait naturellement penser aux astres et même en Galice, un Aster et puis, de l’autre côté des monts du Léon, il y a Liciella. Mais surtout, à près de cinquante kilomètres au sud-ouest de Pampelune, il y a Estella, la ville de l’Etoile surnommée aussi Estella-la-Bella par les pèlerins de Compostelle ou Jacquets en vénérant au passage la Vierge du Puy dont le moderne sanctuaire se dresse actuellement à l’emplacement même où en l’an 1085, des bergers informés par une pluie d’étoiles, découvrirent en creusant le sol, la statue entièrement recouverte d’argent. Toujours dans le même alignement général, c’est-à-dire dans cette zone orientée d’est en ouest comme la projection au niveau du sol de la voie céleste, voici la ville de Léon et les magnifiques vitraux de sa cathédrale qui montrent un pèlerin de Saint-Jacques muni d’une étoile et non pas de la fameuse coquille dont l’origine est apparemment beaucoup plus récente.

    Tout ceci et bien d’autres exemples encore permettent d’affirmer la réalité d’un véritable Chemin des Etoiles dont la largeur pourrait atteindre environ cinquante kilomètres, étalé d’est en ouest sur le Roussillon et la zone nord de l’Espagne, depuis Perpignan jusqu’à l’océan Atlantique, entre le cap Finistère et l’île de la Toja. De toute évidence, le tracé de cet axe est bien antérieur à notre ère, mais le souvenir de ce Chemin des Etoiles s’était maintenu avec tant de force sourde dans la conscience collective des foules européenne (sans même parler des initiés qui ne l’avaient jamais oublié, ni abandonné) que le christianisme a pu considérer comme « rentable » de reprendre à son compte cette tradition de la marche vers l’Ouest, vers le soleil couchant qui avait gardé après tant et tant de siècles d’aussi puissantes et profondes racines. C’est ainsi qu’on est amené à l’idée que seuls des êtres exceptionnels et connaissant en tout cas bien mieux que les hommes du Moyen Age l’astronomie, la géographie et leurs techniques d’application ont été en mesure de jalonner ainsi un axe de 1500 km de longueur. Et cet axe avait bien sûr une signification et une utilité comme le confirme la force de cette tradition qui exigeait l’emploi de cette route et qui s’est perpétuée bien au-delà même des grands pèlerinages à Saint-Jacques-de-Compostelle. On se demande alors d’où arrivaient ces voyageurs aux pouvoirs extraordinaires qui, d’après certaines chroniques ou relations des pèlerins, suivaient à contresens c’est-à-dire d’ouest en est le Chemin de Saint-Jacques et n’avaient pas été remarqués par leurs compagnons au cours du trajet aller. Peut-être venaient-ils de la mer et étaient-ils, par exemple, les héritiers d’une civilisation supérieure telle que celle des Atlantes. En tout cas, décrits comme une cuirasse souple et d’une blancheur éblouissante, leurs vêtements pouvaient être en fait une combinaison étanche destinée à la vie marine.

    Il y a quelques dizaines d’années, on pouvait voir encore, sur la côte de Galice, une très vieille chaussée de pierre qui s’enfonçait en pente douce dans la mer… De tout temps, on disait que c’était le chemin des géants, de ces mêmes géants, débonnaires et dangereux à la fois mais surtout incompréhensibles pour les humains que l’on rencontre dans les contes et les légendes qui fleurissent d’un bout à l’autre du Chemin de Saint-Jacques. On raconte qu’Hercule, après avoir été dérobé le troupeau de bœufs du géant Géryon, débarqua avec les bêtes en Galice et construisit ensuite à côté de La Corogne un phare qui fonctionne d’ailleurs toujours (du moins dans les années soixante-dix) et est connu sous le nom de Tour d’Hercule. A l’autre bout du chemin, près de Saint-Jean-Pied-de-Port, on aperçoit dans la montagne, sur la frontière, à 1404 m d’altitude une tour circulaire d’environ vingt mètres de diamètre répertoriée sur les cartes sous le nom de redoute d’Urculu. Les quelques investigations faites dans les années 70 autour de cette construction qui font penser aux « nuraghi » de Sardaigne font croire que son origine pourrait se situer aux âges mégalithiques. En tout cas, Urculu est un nom qui se justifie mal en langue basque et c’est invinciblement qu’on évoque là aussi Hercule et l’éventualité d’un très ancien culte pyrénéen au demi-dieu grec. Ce pourrait être alors une plate-forme qui aurait permis aux gens venus du ciel et non pas de la mer de descendre sur terre pour accomplir telle ou telle mission dont les hommes garderont religieusement le souvenir dans leurs mythologies respectives. La première destination du Chemin des Etoiles était-elle religieuse et de même essence que celle que lui donne aujourd’hui le christianisme ?

    On peut le croire sans écarter pourtant, pour des êtres venus d’ailleurs, l’hypothèse qui fait de cette voie où se brassaient les idées et les hommes un moyen de connaissance et de communication avec les Terriens. La question reste posée mais comme le disait un chroniqueur de haute époque, on croisait sur cette route des géants et des gens étranges qui n’étaient pas des Sarrazins et qui portaient des habits de lumière.

    MAIS QUI ETAIENT-ILS DONC ?

     

     

  • Commentaires

    1
    turbo210
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 09:52
    Bonjour,se matin je fait mon petit tour,comme chaque jour,pour venir te souhaiter une bonne journée.J'espére que tout va bien.Ici sa caille dur,mes je vais tout de même faire mon petit tour au marché vers10h,car chez nous le marché est qu'une fois par semaine.+5 et un bisous.
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    2
    turbo210
    Samedi 16 Octobre 2010 à 10:28
    Bonjour,ses sous la pluie que je passe aujourd'hui.et oui la pluie est revenue chez nous.Je vous souhaite un bon samedi en espérant que le temps soit meilleur chez vous,+5 et un bisous.

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    turbo210
    Dimanche 17 Octobre 2010 à 10:34
    Bonjour ,un petit passage rapide ,car j'ai du monde qui viens manger à midi.mes je voulais te souhaiter une bonne journée et mettre mon +5 et un bisous.
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    4
    turbo210
    Lundi 18 Octobre 2010 à 11:04
    Bonjour,je viens me réchauffer un peu sur ton blog ,chez nous il fait très froid,glagla,car dur se matin,nous avons eu une bonne gelée,Les voitures dehors sont bien blanche.,je pense que ses général un peu partout en France.J'espére que vous allez bien,,et que votre week-end ses bien passer,je vous souhaite une bon Lundi,+5,et mon bisous lol.
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    5
    turbo210
    Mardi 19 Octobre 2010 à 11:04
    Bonjour ,comme chaque jours je viens déposer ma petite note,J'espére que vous allez bien,Demain je passerais plus tard sur les blog,si j'ai un peu de temps avant de partir je passerais sur quelques blog,mes promis je viendrais mettre mon +5,car j'ai une radio à faire à l'hopital à 9h.Car on s'est quand on rentre,mes pour repartir on le ses jamais.Et après j'ai deux trois truc à faire en ville.Je vous souhaite une très bonne journée.Bisous.
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