• LE MYSTERE DES VOIX VENUES DE NULLE PART...

     

     TELEPATHIE, MANIFESTATIONS DE L’AU-DELA, MESSAGE E.T ?

     

    Déjà en 1976 l’on parlait de la TCI ou transcommunication instrumentale ; ici l’on explique bien les différentes possibilités de ces « voix » paranormales captés dans le monde. C’est article est tiré de la revue Nostra, hebdomadaire sur l’actualité mystérieuse de décembre 1976.

     

    A peine la grosse Mercedes arrêtée devant la villa, le professeur Bender en jaillit, puis aida une jeune femme à descendre de voiture. Tête penchée, les larmes aux yeux, la voyageuse tenait sa joue enflée à deux mains. Le professeur se tourna vers l’hôte  qui s’avançait : « Mon cher Friedrich, avant tout, téléphone à un dentiste. Cette pauvre Gisela a été prise d’une terrible rage de dents pendant le voyage… » Tout en approchant avec sa compagne, il continuait : « Tu voudras bien excuser notre retard. Nous nous sommes égarés dans cette satanée forêt entre Stockholm et Molnbo. Nous désespérions d’en sortir. » Friedrich Jurgenson sourit…

     

    « Je l’ai apprit, il y a un quart d’heure. Tout au moins, rectifia-t-il, je savais que tu arrivais et qu’on parlerait de dentiste. Bender surprit, l’interrogea du regard. « Les voix paranormales me l’ont dit, explique le Suédois. Là, sur le magnétophone… Tu n’as qu’à le mettre en marche et écouter pendant que je m’occupe de notre amie. » Bender obéit. L’appareil émit un ronronnement feutré, puis, du haut-parleur monta une infernale cacophonie : craquements, sifflements, grésillements. Soudain, une voix d’homme dit, en suédois : « Ils vont arriver bientôt. » La friture reprit, plus forte, et ce fut une voix de femme qui ne prononça qu’un mot, en allemand, cette fois : « Dentiste. » De nouveau les bruits parasitaires ; de nouveau le ronronnement ; c’était fini. Songeur, le professeur arrêta la machine qui avait capté les voix fantômes, les voix paranormales.

    EN ECOUTANT LES OISEAUX…

    Friedrich Jurgenson avait découvert le mystère du magnétophone tout à fait par hasard douze ans auparavant. Ancien artiste lyrique, peintre amateur et producteur de cinéma, ce Suédois de 70 ans, à la curiosité d’esprit toujours en éveil, s’était mis en tête d’enregistrer les chants d’oiseaux, le soir, autour de sa maison de campagne de Molnbo. Un jour, en écoutant ses « prises » de la veille, il eut la surprise d’entendre une voix d’homme, faible mais distincte malgré les parasites, qui semblait faire un cours d’ornithologie en langue norvégienne. Sans doute, songea-t-il, un phénomène d’interférences lui avait-il fait capter une émission de radio sur le sujet auquel il s’intéressait lui-même. La coïncidence l’amusa, sans plus ; mais pas longtemps. De plus en plus perplexe, il entendit plusieurs fois la « voix » qui, par l’entremise de son magnétophone, prodiguait considérations sur le chant des oiseaux et conseils pour les enregistrer. Il consulta les programmes des radios scandinaves, mena une enquête. Personne n’avait entendu parler d’émissions de ce genre. Du coup, Jurgenson oublia ses oiseaux et s’attacha à retrouver son mystérieux correspondant de nulle part. Dans sa quête, il découvrit d’autres « voix », d’hommes, de femmes, d’enfants, qui, on ne sait d’où, faisaient des confidences à ses bandes magnétiques. Il dut se rendre à l’évidence : son magnétophone jouait le rôle d’un récepteur télépathique ou, plus étonnant encore, celui d’un médium.

    Il continua ses recherches, écrivit des livres, fit des conférences pour vulgariser sa découverte.  Ave son ami Hans Bender, professeur de psychologie à l’université de Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne fédérale, il mena des expériences auxquelles participaient d’autres psychologues, des physiciens, des ingénieurs électro-acousticiens. Hans Bender écrivit des livres, des articles. Puis, il reçut un jour la visite d’un savant letton, philosophe et psychanalyste, ancien professeur à l’université de Riga, réfugié à l’Ouest, le Dr Constantin Raudive. Enthousiasmé par le phénomène, ce savant consacra dès lors tout son temps à l’étudier. Il recueillit quelque cent mille messages de voix paranormales, les analysa, écrivit des livres, fit des conférences… Et c’est comme cela qu’en Suède, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, puis en Angleterre, aux Etats-Unis, psychologues, parapsychologues, occultiste, prêtres, ingénieurs électroniciens et physiciens s’en mêlèrent. De fougueuses controverses éclataient ; les expériences se multipliaient. L’une des plus intéressantes de celles-ci, parce que, sans doute, des plus objectives, s’est déroulée à Enfield, en Angleterre, dans les laboratoires où sont testés les équipements de guidage et d’antibrouillage des systèmes d’armes britannique. Les tests ont été faits par des physiciens et des techniciens attachés au laboratoire, des gens dont la compétence en électro-acoustique n’avait d’égale que leur suprême indifférence pour tout ce qui concerne les phénomènes psi. Tandis que les parapsychologues- qui n’avaient pas été admis à s’approcher des appareils- triomphaient à l’écoute des résultats, les électroniciens déclaraient simplement :

    « Les essais ont été menés dans nos labos qui sont équipés d’écrans et de filtres mettant l’équipement à l’abri de toute interférence. Cela dit, nous ne pouvons pas donner une explication électrique normale qui rende compte du phénomène. »

    CAPTEZ LES VOIX VOUS AUSSI

    En tout cas, point n’est besoin de disposer d’un laboratoire ultra-perfectionné pour capter les voix paranormales. Apparemment tout le monde peut le faire. Il suffit de disposer d’un magnétophone et d’un bon micro omnidirectionnel. Le plus dur c’est l’écoute de la bande enregistrée car il faut une bonne « oreille » pour discerner les voix. L’idéal pour pratiquer l’expérience est le soir, loin des bruits de la journée et des ondes radios-électriques. Certains se concentrent et « appellent » leur correspondant éventuel, soit par la pensée, soit à haute voix (il paraît que c’est efficace, mais, tout au moins au début, on se sent gêné de monologuer ainsi dans le vide). Plus simplement, les croyants prient à quelques mètres de l’appareil qui tourne inutilement, semble-t-il. Si des voix ou des bruits paranormaux sont captés, seul le contrôle d’enregistrement en témoigne. On le voit, à priori, la prise de voix ne présente guère de difficulté. Par contre, l’écoute est particulièrement éprouvante et demande énormément de patience. Il vaut mieux opérer avec un bon casque, ne serait-ce que pour ne pas rendre fou furieux son entourage en le soumettant aux interminables et effroyables sifflements, craquements et grésillements qu’éructerait une éventuelle personne présente, soit par la pensée, mais avec un peu de chance, on percevra nettement un mot, un fragment de phrase, mais plus généralement, les voix sont très faibles, lointaines, et il faut passer et repasser la bande plusieurs fois pour déceler des sons articulés au milieu d’une infernale friture. Il faut plusieurs heures d’écoute interminable pour étudier un enregistrement de 30 mn. Mais quelques minutes suffisent généralement ; parfois il faut des mois d’essais infructueux avant d’avoir de faible résultat.

    TELEPATHIE ?...

    Pour le professeur Hans Bender, par exemple, et ceux que nous appellerons pour simplifier, les parapsychologues scientifiques, on se trouverait en présence d’une forme de télépathie, comme la télékinésie et le poltergeist en sont d’autres. Cette force inconnue, qui est à l’origine de la transmission de pensée, ou qui émane, avec assez de puissance, de certains individus pour leur permettre de déplacer ou de déformer des objets sans les toucher, semble agir, dans le mystère du magnétophone, comme un courant électrique capable de modifier le flux magnétique à la tête de lecture et d’impressionner la bande, exactement comme le courant électrique modulé dans le microphone par les ondes sonores. Ainsi, le professeur Bender pense intensément à une personne nommée Ramus, au cours d’une séance d’enregistrement et ce nom est enregistré puis reproduit à l’écoute. De même, Jurgenson, inquiet du retard de ses invités, entend son magnétophone traduire la pensée rassurante (« Ils vont bientôt arriver ») que lui souffle son subconscient. Phénomène télépathique très net quand il entend répéter le mot « dentiste », alors qu’à l’heure de l’enregistrement, à quelques kilomètres de là, une femme ne pense qu’à faire soigner au plus vite sa rage de dents. Bien d’autres exemples étaient cette thèse qui confirmerait, une fois de plus, les analogies existant entre l’électromagnétisme et la force inconnue qui se manifeste dans un grand nombre de phénomène psi.

    VOIX DE L’AU-DELA ?...

    A l’opposé de cette hypothèse, les spiritualistes, qui croient à la survie de l’être humain après sa mort physique, pensent que le magnétophone fait acte de médium et recueille les voix de l’au-delà, comme le fait une personne possédant des dons médiumniques. Une multitude de témoignages tendrait à accréditer cette thèse : voix de parents, d’amis décédés que des expérimentateurs reconnaissent formellement ; voix qui affirment être celles de personnalités célèbres : Lénine, Hitler, Churchill… Dans l’ensemble, les Eglises admettent cette explication qui ne contredit pas le dogme de l’immortalité de l’âme. Le Vatican, discret mais vigilant, a autorisé des prêtres à étudier le phénomène des voix, dont l’Association internationale des Parapsychologues catholiques a débattu plusieurs fois. Mais, pour l’instant, hormis les témoignages aussi subjectifs que la difficile interprétation des messages, rien ne fonde l’hypothèse. D’ailleurs, pour la combattre, les psychologues scientifiques utilisent cette subjectivité des arguments des spiritualistes. Ainsi, ils notent que les personnes qui ont perdu un être cher désirent tant établir un contact avec lui qu’elles s’autosuggestionnent. Souvent, à l’écoute de voix très faibles, noyées dans les bruits de fond, elles s’imaginent, de bonne foi, entendre celle de leur disparu. Quand ce désir est puissant, il engendre un phénomène de télépathie qui impressionne la bande magnétique et, à ce moment, l’audition est assez claire. « Il est remarquable, disent ces parapsychologues, que les soi-disant messages de l’au-delà ne nous apprennent rien sur cet au-delà. Les « esprits » disent des banalités qui ont toujours trait aux problèmes de leur vie terrestre (que connaissent bien ceux à qui ils s’adressent) et ne parlent jamais de leur vie « ailleurs ». C’est pourtant cela qui intéresserait et rassurerait ceux qui continuent de les aimer, ici-bas. Tout cela ressemble énormément à un classique phénomène d’autosuggestion qu’un second phénomène, spécifiquement paranormal, lui, et s’apparentant à la télépathie, transmet au magnétophone. »

    OU VOIX D’EXTRATERRESTRES ?...

    Une troisième explication est donnée par les ufologues pour qui il s’agirait de tentatives de communication avec nous que feraient des ET, soit à partir d’un monde lointain, soit depuis leurs vaisseaux. Pour eux, la faible puissance des émissions reçues s’explique par l’immensité des distances interstellaires et les « salades de mots » n’ont plus de mystère, puisque ce sont des étrangers à notre Terre qui tentent de se faire comprendre en baragouinant ce qu’ils savent de nos langues et en y mêlant des expressions propres à leur langage et inconnues chez les Terriens. Les tenants de cette thèse veulent voir sa confirmation dans un fait certain et des rumeurs. Le fait, c’est un voyage en Europe entrepris par des spécialistes de la NASA pour enquêter sur les phénomènes des voix auprès de ceux qui les ont étudiés, notamment le professeur Constantin Raudive. Quant aux rumeurs, elles viennent des Etats-Unis et de l’URSS. Selon les premières, les astronautes américains qui marchèrent sur la lune auraient eu du mal à comprendre les instructions radio envoyées par Houston, en raison d’interférences de voix d’origine inconnue. Les secondes font état de signaux intelligents venus du Cosmos et captés par les savants russes. Mais, en réalité, on ne sait rien de précis, car, d’une part, les enregistrements des vaisseaux Apollo sont encore considérés comme secrets d’Etat et ne sont pas divulgués ; d’autre part, il n’est pas dans les habitudes des Russes de parler de leurs recherches et de leurs découvertes tant que le succès ne les a pas confirmées.

    UNE IMPORTANCE CAPITALE

    Seule l’analyse correcte des messages reçus dirait qui a raison, des parapsychologues scientifiques, des spiritualistes ou des ufologues. Mais cette analyse est, pour l’heure, impossible, car, malgré les améliorations constantes apportées au matériel d’enregistrement, la réception est trop défectueuse pour qu’une étude soit menée sur un échantillonnage de documents sonores d’une valeur incontestable. Il paraît donc prématuré de rechercher l’origine des voix. Il faut attendre la mise au point de systèmes électroniques qui permettent d’amplifier les signaux utiles, tout en diminuant les bruits radios-électriques, ce qui n’est guère facile. Cependant, la découverte de Friedrich Jurgenson n’en est pas moins d’une importance capitale. C’est, en effet, la première fois qu’un phénomène paranormal est directement enregistré par un appareil électromécanique ; qu’on en obtient des traces effectives : la preuve sonore, sur la bande enregistrée, et la preuve visuelle, sur un sonogramme, cette photographie des ondes que tout laboratoire d’électro-acoustique convenablement équipé peut prendre d’une voix humaine. Du coup, il devient impossible de nier un phénomène qui n’a rien de fugace et peut-être reproduit un nombre infini de fois. De plus, il prive les rationalistes de leur argument favori pour refuser d’examiner sérieusement une manifestation psi, car on ne peut parler de fraude quand on dispose de tous les moyens pour mener des expériences contrôlées avec une rigueur incontestable.

    Enfin- et c’est, sans doute, l’essentiel-, pour la première fois, un phénomène paranormal entre dans le domaine d’étude d’une science exacte, la physique, avec ses lois, ses formules, ses calculs, ses instruments de recherche et de vérification. Certes, tous les problèmes que soulève le mystère du magnétophone ne sont pas près d’être résolus et d’âpres batailles de théoriciens se livreront à propos de son origine. Mais, cette fois, la recherche scientifique officielle ne peut esquiver ses responsabilités par une pirouette. Il s’agit ni de fantasmes ni de supercherie et les électro-acousticiens sont armés pour répondre, sinon à toutes, du moins à bon nombre de questions que posent les voix paranormales. Ne serait-ce que pour cela, la découverte faite un soir d’été, par un suédois amateur de chants d’oiseaux, est à marquer d’une pierre blanche par tous ceux qui attendent la reconnaissance de la parapsychologie pour ce qu’elle est :

    Une science, la véritable science de la Vie.

    *

    source- Nostra n° 246 décembre 1976

     



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