• Le cannibalisme

     

    CANNIBALISME

    UN TABOU ULTIME VENU DU FOND DES ÂGES

     

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    Ces derniers mois, les exemples d’hommes anthropophages se sont multipliés dans divers pays. Enquête sur un crime jugé comme le plus abject dans l’humanité et qui, pourtant, n’est pas inscrit dans le code pénal français.

     

    Un homme dévore le visage de son prochain à Miami en mai 2012 et voilà la planète qui s’enflamme sur l’arrivée des zombies. Deux jours plus tard, à Baltimore (Etats-Unis), un étudiant tue, dépèce et ingère des parties du corps de son colocataire et c’est la consternation. Les faits divers survenus ces derniers mois à travers le monde impliquant le cannibalisme sont-ils fréquents ? Assurément pas. Mais les cas existent. Et nous rappellent que l’anthropophagie fait partie de l’histoire de l’humanité.

    Tuer et manger son prochain. Voilà un crime- non prévu comme tel dans le droit pénal français- qui fait probablement partie des derniers tabous de l’être humain occidental, terrible interdit à la fois fascinant et repoussant. C’est au cinéma que l’on doit les images les plus marquantes de cannibalisme. C’est au cinéma que l’on doit les images les plus marquantes de cannibalisme. Au premier chef, Le Silence des agneaux et son personnage principal, Hannibal Lecter, sont instantanément entrés dans l’histoire des salles obscures, peut-être même celle de notre inconscient. De la même manière, chaque nouveau fait divers impliquant un cannibale attire l’attention d’un public massif.

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    Un million d’exemplaires pour les photos du cannibale japonais

    « En 1981, le mensuel Photoss’était procuré les images de l’identité judiciaire du fameux cannibale japonais Issei Sagawa, qui avait tué et consommé une étudiante néerlandaise à Paris. Ils avaient tiré leur numéro à un million d’exemplaire », rappelle Georges Guille-Escuret, ethnologue et spécialiste du cannibalisme. Issei Sagawa vit aujourd’hui au Japon, sous surveillance policière. Il a écrit de nombreux best-sellers racontant son histoire. « Il n’y a pas de sujet plus scabreux que le cannibalisme. Cette phobie fait que celui qui s’y intéresse est souvent suspecté de fascination morbide. Mais si l’anthropologie est une science, alors elle doit désactiver cette angoisse » assure le chercheur. Le cannibalisme trouve ses racines dans les périodes les plus reculées de l’histoire. Principalement sous forme rituelle. Ainsi, à l’époque où les jésuites tentaient d’évangéliser l’Amérique centrale et du Sud, les religieux ont été en contact avec des aztèques. Ils décrivent ainsi le supplice des prisonniers de guerre, capturés sur le champ de bataille. Pour ces derniers, relate George Guille-Escuret en citant les manuscrits jésuites : « C’est une fin honorable d’être tué et mangé par son ennemi. Ma seule inquiétude est d’être tué par un novice, comme un fils de chef. »

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    Issei Sagawa

    « Pas de pire insulte »

    Manger son ennemi pouvait servir alors de rite de passage et comme un moyen de « monter en grade » dans une société particulièrement stratifiée. Le cannibale traite ici son ennemi comme son alter ego, « tué mais pas vaincu ». De la même manière aux Fidji, rappelle l’ethnologue, « il n’y avait pas de pire insulte faite à son ennemi vaincu que de laisser son corps sur le champ de bataille plutôt que de l’emmener afin de la manger ». Mais l’acte pour un être humain de manger son semblable n’est en rien un fait ancestral, qui remonterait, comme on pourrait le croire, à l’époque où l’homme vivait telle une bête. Son apparition relève d’une situation exceptionnelle dans une société, profondément liée à deux éléments : le régime politique et la démographie. Une population trop ou pas assez importante peut mener à ces faits. En Occident, le cannibalisme est le crime le plus grave, depuis l’Antiquité. Zeus, le plus grand des dieux grecs, a réussi à survivre à son père Chronos (le temps) qui dévorait ses enfants. Avec l’apparition de la religion chrétienne, l’anthropophagie devient sacrilège car l’homme est fait à l’image de Dieu et toucher à sa chair revient à insulter Dieu.

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    -En 1972, des rugbymen anthropophages-

    Le seul cannibalisme « acceptable » est celui de la subsistance. Ainsi, l’épisode connu d’une équipe de rugbymen uruguayens dont l’avion s’était écrasé dans la cordillère des Andes, en 1972. Les survivants avaient été contraints de se nourrir sur des cadavres, au prix de traumatismes profonds. Mais comme, dans nos contrées, le cannibalisme a disparu, le crime de dévorer son semblable est devenu inimaginable. C’est pour cette raison que les cannibales les plus connus provoquent une telle fascination. Il existerait quatre types de cannibalisme criminel. Sexuel, agressif, spirituel et de plaisir. Plusieurs exemples rappellent qu’un cannibale peut manger sa victime pour satisfaire un appétit sexuel. Le pire spécimen, l’Américain Albert Fish. Surnommé le « Vampire de Brooklyn », il aurait tué et mangé des dizaines de victimes, toutes des enfants, après les avoir torturés et violés. Il fut jugé et condamné à la chaise électrique, en 1936. Son cas inspira notamment le « maître de l’horreur », le romancier Stephen King.

    Parmi les cannibales d’agressivité, le cas d’Ed Kemper, au début des années 1970, aux Etats-Unis. Brimé par sa mère qui le forçait à dormir dans la cave, il a commencé à tuer des auto-stoppeuses, en mangeant des parties du corps de deux d’entre elles, pour « les posséder pour toujours », a-t-il affirmé lors d’entretiens. Ed Kemper a fini sa course tragique en assassinant sa mère pour utiliser sa tête comme cible pour fléchettes… Condamné à la prison à vie, il est toujours détenu en Californie. Pour ce type de tueur, dénigrer, dominer, blesser et humilier la victime offre un contrôle ultime, sa motivation principale.

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    Le cannibalisme spirituel existe de longue date, et un fait divers récent survenu au Brésil l’illustre parfaitement. Quant à l’anthropophagie de plaisir, le cas du Japonais Sagawa est éloquent. Il voulait goûter de la chair humaine et a affirmé par la suite que « rien n’est plus délicieux ». De nombreuses recherches restent à mener dans le domaine particulier qu’est la cannibalisme criminel moderne. Il existe de nombreuses théories mais peu d’entre elles expliquent totalement pourquoi certaines personnes mangent de la chair humaine. Georges Guille-Escuret, le chercheur du CNRS, précise que « dans toute société hiérarchique disposant d’un Etat, le cannibalisme cesse d’exister ». S’il a ainsi disparu de la surface de la Terre, sous sa forme ritualisée, des réminiscences subsistent et font régulièrement la « une » des journaux à sensation. Pour exorciser ce crime qui dépasse l’imagination.

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    Source- magazine « 100% Vrai faits divers » n°1 sept-octobre 2012


     

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  • Commentaires

    1
    Moussa Said
    Dimanche 7 Avril 2013 à 00:14
    Tout ca ne vaut pas un bon riz au gras !
    2
    J
    Mardi 22 Octobre 2013 à 21:49
    Il faut le vouloir quand même pour dévorer ainsi quelqu'un !
    3
    Mardi 21 Mars à 22:23

    bonjour , à tous je suis un homme taille 188 poids 99 kilo , qui à faim

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