• La roue d'Enserune

     

    Bien connue des habitants de l’Hérault mais ignorée de la plupart des Français, la roue d’Enserune est, probablement, le seul géoglyphe de notre pays.

     

    montady

     

    Vu d’avion ou de l’oppidum situé sur une colline avoisinante, il se présente comme une immense et parfaite roue en forme de cuvette, dont les vingt rayons se rejoignent au centre. Notre ami Max Seguy, de Béziers, qui connait bien l’endroit, dit que le dessin ressemble à une tarte partagée géométriquement. En fait, les rayons de la roue, dont le diamètre doit avoisiner quatre à cinq kilomètres, sont des fossés de drainage séparant les vignes et les champs de divers propriétaires.

    L’ensemble, appelé roue d’Enserune ou Montady, s’étend à environ six kilomètres de Béziers entre les routes qui vont, d’une part à Capestan et d’autre part à Narbonne. Notre documentation, que nous tenons de M. Henri Nohet, secrétaire de la Mairie de Montady, établit le point sur l’historique du géoglyphe que la tradition faisait remonter aux Romains, et même plus loin encore. L’abbé Ginieis a découvert dans les archives de sa paroisse la charte constitutive donnée le 13 février 1247 par l’archevêque de Narbonne et sur ordre des Templiers, concédant à trois seigneurs des environs et à un notaire de Béziers.

     

    « Le seigneur pouvoir et les facilités de dessécher l’étang de Montady et d’en rejeter les eaux dans celui de Capestang qui appartenait au dit archevêque ».

    L’étang n’était alors qu’un lac infecte dont les eaux stagnantes étaient fort malsaines, et que le diable venait par le ciel y venir en lumière la nuit.

    L’acte mentionne les dispositions suivantes :

    « Je vous donne à vous et aux vôtres présents et à venir la faculté de faire couler les eaux de l’étang par la terre de Monseigneur, par les terrains de Nissan et de Poihes appartenant à mon dit Seigneur. Je vous permets aussi de construire des beaumes ou tunnels, des chaussées, des fossés, des puits de les faire passer dans les terres, honneurs, possessions des hommes, chevaliers ou autres qui les tiennent à titre d’emphytéose (bail à long terme) du dit Monseigneur… »

    Le travail fut commencé vers l’an 1250 et terminé avant 1270.

    Suit une longue description du tunnel en aqueduc de 1364,33 m qui passe à 29,10 m au-dessous de la crête de la montagne et à 16  m dessous du lit du canal. Il y a des champs magnétiques importants dans la région, les boussoles sont très perturbées.

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    claude burkel

     

    Source : Robert CHARROUX, et Archives du département
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