• LA BILOCATION

     LA BILOCATION

     

    La bilocation est le fait de se trouver à deux endroits à la fois par une sorte de dédoublement du corps physique. Et ses manifestations ne sont pas spécialement celles des médiums mais plutôt celles des mystiques. Parmi les principaux mystiques concernés, signalons Catherine de Sienne, saint Antoine de Padoue, Dom Bosco et surtout le padre Pio ainsi que Mère Yvonne-Aimée de Malestroit. Comme nous allons le voir, la bilocation n’est pas une histoire de fous, mais une histoire de saints, même s’ils ne sont pas tous béatifiés !


    Le Padre Pio a connu en effet quelques bilocations dans sa vie et fit preuve de bien d’autres charismes : prophéties, fragrances (odeurs de sainteté), guérisons, hyperthermie, bioluminiscence… Voici un exemple résumé de bilocation relevé dans la Revue Métapsychique (1968) : « Le général Cardona, rendu responsable de défaites en 1917, décida de se suicider au Palais Zara de Trévise. Au moment où il sortit son revolver d’un tiroir de bureau, un jeune capucin apparut subitement devant lui et l’embrassa en lui parlant avec douceur. Il disparut aussitôt, aussi mystérieusement qu’il était arrivé. Le général, interloqué, renonça à se suicider, mais il rappela au service d’ordre de n’être dérangé par personne sous aucun prétexte. L’officier responsable fut très surpris, la file de sentinelles ayant été triplée et ces dernières n’ayant pas vu de visiteur entrer. Quelque temps après, Cardona reconnut le moine en voyant le Padre Pio à San Giovanni Rotondo, lequel lui dit : « Hein, Général, nous l’avons échappé belle ».

    PADRE PIO

     

     

    Ouverture du cercueil du Padre le 24 avril 2008 

    Le premier phénomène de bilocation se produisit alors que le Padre Pio n’était pas encore prêtre, à l’âge de 18 ans. Ce fait inédit fut conté par celle qui en bénéficia. La mère de cette dame était enceinte au moment où elle perdit son mari, dans des circonstances tragiques. L’enfant naquit subitement dans une écurie au même moment. La mère affolée dans une prière s’écria : « Oh Vierge Mari, ma mère, je vous en supplie prenez en pitié cet enfant dont le père vient de mourir ainsi. Ne l’abandonnez pas ». Au même moment elle vit près d’elle, un jeune capucin qui lui dit : « La Sainte Vierge vient de me confier votre enfant. Soyez tranquille, je veillerai toujours sur elle ». C’était le jeune frère Pio qui, pourtant, n’avait pas quitté son couvent (du moins en apparence), à l’autre extrémité de l’Italie du sud. 

     

    Padre Pio de Pietrelcina (1887-1968)

     

    On assure que Padre Pio serait allé en bilocation consoler à Budapest le cardinal Mindszenty, réfugié à l’ambassade américaine. Il serait allé aussi en Yougoslavie assister le cardinal Stepinac pendant son procès et en Pologne pour réconforter les fidèles du cardinal Wyszysnki victimes des persécutions communistes. Un parachutiste militaire de la Seconde Guerre mondiale, venu à San Giovanni Rotondo, voyant passer Padre Pio, s’écria dans la sacristie : « Père, vous m’avez sauvé, sept fois ». Padre Pio lui ordonna : « Tais-toi ! ». Le rescapé allait jusqu’à se jeter contre les chars d’assaut du général Montgomery et continuant à défier la mort chaque fois qu’il y échappait. Padre Pio l’avait rejoint dans les tranchées. Et chaque fois qu’une grenade allait éclater près du trou où il était, Padre Pio lui enfonçait la tête dans le sable.

    Un industriel napolitain Michel Ambusio, atteint de septicémie était à l’agonie. Il vit apparaître Padre Pio, à côté de lui, appuyé sur le bord droit du lit. Il s’endormit et se réveilla guéri. Après la chute de Mussolini, une institutrice, ancienne secrétaire du fascisme, accusée injustement de fautes qu’elle n’avait pas commises fut capturée par des communistes. La femme se recommanda à Padre Pio. Elle fut emmenée devant le peloton d’exécution. Au moment où l’ordre de la fusiller allait être donné, une colonne d’autos alliées arriva sur la place. Et l’ordre de la fusiller fut suspendu. Quelques mois plus tard, l’institutrice se rendit à San Giovanni Rotondo pour remercier le Padre Pio qui lui dit : « Ma chère, comme tu nous a fait courir avec ta chemise noire ! » 

     

    Don Luigi Orione (1872-1940) 

    Don Luigi Orione affirma au Pape Pie XI avoir vu le Padre Pio en prières dans le caveau des Papes à Saint-Pierre de Rome, alors qu’il était à San Giovanni Rotondo. Pie XI lui répondit que si la chose ne lui était pas dite, par lui, il ne l’aurait pas cru. Ce Don Orione est l’un de ceux qui se firent auprès de ce Pape, l’avocat de Padre Pio et qui obtint la fin de la première persécution. Il faut rappeler que padre Pio fut persécuté. On lui interdit de servir la messe et d’autres mesures vexatoires lui furent infligées. Et pourtant son hyperthermie atteignait plus de 48°. De même son incorruptibilité avec émission de parfums le rendit en odeur de sainteté. Ainsi il fut calomnié de son vivant, à cause de ses guérisons miraculeuses et de ses dons extraordinaires (stigmatisation, bilocation, lévitation). Finalement l’Eglise canonisa ce saint italien. Il a été l’initiative des groupes de prières et de la création d’un hôpital qui subsiste encore. Il existe par ailleurs cette étonnante histoire du peintre et du capucin. En effet, à l’âge de 18 ans, Joseph Aigner, qui allait devenir un portraitiste de renom, tenta de se suicider par pendaison. Mais il en fut empêché par l’arrivée mystérieuse d’un moine capucin. C’était à Vienne en 1836.

    Quatre ans plus tard, à Budapest, Aigner essaya de nouveau de se pendre et en fut aussi empêché par l’apparition du même moine. Huit années passèrent ; Aigner qui avait embrassé la cause de la révolution, fut condamné au gibet pour ses activités politiques. Mais il fut gracié, à l’instigation d’un moine, le même capucin. En 1886 enfin, à l’âge de soixante-huit ans, cédant à sa pulsion de mort, Aigner se suicida d’un coup de pistolet. Ses obsèques furent conduites par un moine capucin, dont le peintre ignora le nom jusqu’à son dernier jour. (Repley’s Giant Book of Believe It or Not).

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    Dans un ouvrage sortit aux Etats-Unis, le Dr Scott-Rogo, déjà célèbre pour ses travaux sur la télépathie et sur le rêve, fait pour la première fois le point scientifique sur cet étrange phénomène (Miracles : a Parascientific Inquiry into Wondrous Phenomena). Son enquête le conduit évidemment aux témoignages historiques sur les saints. Mais il a découvert de nombreux cas qui relèvent non du miracle à proprement parler mais de la pure et simple parapsychologie, si tant est qu’il y ait une véritable différence entre les deux. Considérons d’abord, avec Rogo, que tous les fondateurs des grandes religions ont été doués de cette extraordinaire faculté. Jésus, d’abord, qui, à plusieurs reprises, apparaît en plusieurs lieux à la fois. Cela se produira surtout après la résurrection mais le Christ, qu’il s’en serve ou non, possède ce don avant qu’il ne revienne ici-bas avec son corps glorieux parce qu’il est de nature divine. Mahomet fera preuve lui aussi de cette faculté, de même que le Bouddha et d’autres saints de l’Inde.

    Dans ce dernier pays, le fait de se trouver en même temps en deux lieux différents est fréquemment rapporté par les chroniques ou les grands textes religieux. C’est un pouvoir surnuméraire comme un autre. Celui qui a atteint une certaine perfection de l’âme le possède au même titre que la faculté de voir à distance, de parler à des personnes lointaines ou de mouvoir par la pensée des objets. Si l’on se cantonne à l’histoire du christianisme, on rencontre de nombreux saints capables de bilocation. Saint Sévère, saint Ambroise, saint Clément, entre autres, ont été vus par les nombreux témoins abîmés en prière dans leurs cellules tandis que d’autres, à des kilomètres de là, constataient leur présence à des funérailles ou au chevet de personnes chères en train de mourir.

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    SAINT ANTOINE DE PADOUE

     

    Le Vendredi saint 1226, saint Antoine de Padoue est en train de prêcher dans l’église de Saint-Pierre du Queyroi, à Limoges. Soudain, il se rappelle qu’en ce moment même il devait conduire un service dans un monastère à l’autre bout de la ville. Il s’est engagé auprès de l’abbé sans penser à son prêche. Devant l’assistance, il se met à genoux et entre en prière. A l’autre bout de Limoges, les moines du monastère en question l’attendent. Sa stalle, demeurée désespérément vide, se nimbe soudain d’un étrange halo. Et saint Antoine, à genoux à des centaines de mètres de là, apparaît, descend les quelques marches qui le séparent du chœur, s’acquitte de sa promesse en lisant épître et évangile, puis disparaît dans les ombres de la chapelle. Au même moment, des centaines de témoins l’affirment, il se relève de sa prière et reprend son sermon.

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    Nous trouvons, au XVIIe siècle, un cas de bilocation religieuse tout aussi flagrant. Il s’agit d’un épisode de la vie de saint Martin de Porrès. Alors qu’il se trouvait à Lima, au Pérou, des religieux missionnaires affirmèrent l’avoir vu et lui avoir parlé à plusieurs reprises en Chine et au Japon. Comme saint Antoine de Padoue, il est pendant ce temps-là en prière. A des milliers de kilomètres de là cependant, son « double » enseigne le catéchisme aux néophytes d’Asie ou distribue de saintes images dans les missions.

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    ALPHONSE DE LIGUORI

     

    En 1774, Alphonse de Liguori est en méditation dans sa cellule d’Arezzo, à Sant-Agata dei Goti. Plusieurs heures passent. Soudain, il se lève et annonce à son entourage que le pape Clément XIV vient juste de mourir à Rome. Bien sûr, on ne le croit pas. Nous sommes au siècle des Lumières et les vieilles légendes dorées de la Vie des saints ne prennent plus, comme on dit. Le miracle n’est pas de ce temps. Rome est à une bonne journée d’Arezzo et le religieux n’a pas quitté sa chambre. A quelque temps de là arrivent justement des nouvelles de la capitale vaticane. Clément XIV est bien mort. A son chevet, tout le monde affirme avoir vu Alphonse de Liguori en train de réciter la prière des agonisants. Il a ensuite disparu comme par enchantement.

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    SWEDENBORG

     

    Le don de bilocation n’est pas réservé, en Occident, aux grands saints du catholicisme. Le mystérieux Swedenborg en aurait été doté. Esprit encyclopédique, visionnaire et théoricien d’un ésotérisme angélique très curieux, ce Suédois aurait été vu en même temps en Suède et en Prusse. De nombreux témoins sont là pour l’attester. Il a d’ailleurs expliqué lui-même l’étrange processus. L’homme à la possibilité, par la connaissance et rapproche des fameux anges que fréquentait le voyant au cours de ses extases. Alors, rien ne lui est plus facile que de transporter son esprit où il le désire, à la surface de ce monde, à l’autre bout du cosmos ou dans des dimensions inconnues des profanes. Il peut demeurer invisible mais il peut aussi matérialiser une apparence de son corps. Dans le premier cas, c’est le phénomène relativement classique de la sortie en astral ou out of the body experience, pour employer le terme anglo-saxon qu’utilisent aujourd’hui les parapsychologues. Autrement, il y a bilocation car la matérialisation du corps s’accompagne de la faculté de faire usage de ses membres. Les mains peuvent saisir des objets, les pas laissent des traces matérielles. Bref, la personne se trouve physiquement en deux endroits différents et au même moment.

    « Un ange, écrit le prophète suédois, est présent à deux endroits à la fois quand il le désire car il a le don de se séparer de son corps ou de le multiplier. Dans cet état, l’esprit de l’homme peut aussi se transporter d’un lieu à un autre, le corps restant où il est. C’est un état dans lequel j’ai demeuré pendant vingt-six années. » (Vrai Religion). Swedenborg est un mage de haute spiritualité. Mais on pourra aussi trouver des affaires de bilocation en basse sorcellerie. Dans presque tous les grimoires, de l’Albert au Dragon rouge, on rencontre des formules complexes « pour apparaître en deux ou plusieurs endroits à la fois ».

    Les auteurs de ces ouvrages distinguent bien, eux aussi, la bilocation véritable de la « simple illusion apparente d’une image de soi-même que l’on portera au loin », pour reprendre leurs propres termes. Dans le second cas, impossible d’agir. On apparaît à la personne que l’on a choisie. Mais elle entendra vos paroles en pensée même si elle voit vos lèvres remuer. Vous ne pourrez pas lui serrer la main (ou le cou !) et si elle essaie de vous toucher, ses membres « passeront au travers de vous-même comme si c’était fumée volatile ». En revanche, s’il y a bilocation, elle entendra votre message à ses oreilles et non dans sa tête. Vous pourrez agir sur elle et sur son environnement. Il sera même possible, dans certaines circonstance, de déplacer des objets avec vous. Dans son livre, le docteur Scott Rogo cite des choses plus récentes.

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    NATUZZA EVOLO

     

    Ce cas extraordinaire, entre autres, de Natuzza Evolo, une italienne de 58 ans qui vit à Paravati. C’est une paysanne à peu près illettrée. Mais elle est, comme l’a reconnu le professeur Valerio Martinelli, de l’université de Calabre, d’un remarquable équilibre tant psychique que physique. Quand elle n’est pas sujette à ses étranges expériences paranormales, elle se comporte d’ailleurs le plus naturellement du monde avec son mari et ses six enfants. Martinelli a étudié plus précisément cinquante-deux affaires la concernant. Dans dix-huit cas, le sujet a été vu par de nombreux témoins. Huit fois, des apparitions de personnes mortes l’accompagnaient. Il est arrivé aussi que l’on entende seulement sa voix sans qu’il y ait manifestation visuelle. Mais des objets ayant été déplacés, par exemple, il faut admettre une bilocation. Dans neuf cas, l’apparition de Natuzza a laissé derrière elle des traces de sang. Elles avaient le plus souvent l’apparence d’une sorte d’empreintes de la main (on a d’ailleurs reconnu, une fois ou l’autre, les caractéristiques digitales de la paysanne) ou de motifs religieux (croix et autres). « Le phénomène de bilocation, a expliqué Natuzza Evolo, ne vient pas de ma volonté. Ce sont des esprits de morts ou des anges ou encore des saints qui se présentent à moi et me transportent d’un lieu à un autre. Une fois là, je peux voir l’endroit et le décrire, bien sûr. Mais je peux aussi parler aux gens et les entendre. Je peux ouvrir ou fermer des portes, déplacer des objets et agir normalement… »

    Pour Natuzza, ces étonnants « voyages » sont des missions à remplir qui lui sont dictées par ses guides. Elle ne reste d’ailleurs hors d’elle-même que le temps nécessaire. Pas question qu’elle se déplace de son propre chef et pour ses desseins personnels. Le temps de la bilocation va de quelques secondes à plusieurs minutes, ont constaté les témoins ainsi que le professeur Martinelli. La chose peut se produire pendant le sommeil mais la plupart du temps, ce qui ne manquera pas de surprendre les spécialistes de la sortie en astral, Natuzza se trouve au même moment en deux lieux différents à l’état de veille. « Souvent, il m’a été permis, poursuit-elle, de transporter des objets d’un endroit à un autre, de cette manière. De même, il m’est parfois arrivé des phénomènes de trilocations, c’est-à-dire que je me suis trouvée en deux endroits différents, autres que celui où était mon corps initial… »

    Natuzza est une catholique pratiquante. Bien que réservé, le clergé local ne réfute pas la réalité de la manifestation ni ne considère celle-ci comme une manifestation satanique. La bilocation, on l’a vu, est un privilège des plus grands saints du christianisme.

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    La taverne de l'étrange- 5 avril 2011

     

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  • Commentaires

    1
    CHANG LA SAGESSE
    Mardi 5 Avril 2011 à 12:08
    Très impressionnant ces histoires !
    Bonne journée et merci pour le partage Tyron
    Bisous
    2
    elynema
    Mardi 5 Avril 2011 à 13:27
    Oui, vraiment très impressionnants et aussi passionnants tous ces récits ! Merci Tyron de nous en apprendre toujours plus !
    Bisous.
    3
    Tyron29 Profil de Tyron29
    Mardi 5 Avril 2011 à 14:33
    Merci à vous deux bisouX fraternel !
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