• En BRETAGNE la mort est de toutes les légendes...

     

    EN BRETAGNE, LA MORT EST DE TOUTES LES LEGENDES…

     

    Le soleil décline lentement sur l’horizon… La lande bretonne se teinte de couleurs étranges. Décharnés, les arbres qui bordent le chemin, semblent tendre vers le ciel violet leurs mains suppliantes. Ronan est certes un solide gaillard aux larges épaules, peu impressionnable, et près des réalités de la terre et de la vie, il n’aime guère cependant rentrer chez lui, au hameau, à cette heure crépusculaire… Les jacassements lugubres des corbeaux dans ce ciel de novembre semblent parler une langue inconnue… Comme s’il se préparait quelque chose ! L’angoisse monte vite dans ces cas-là : le moindre soupir du vent dans les halliers, la rumeur la plus lointaine prennent soudain une signification bizarre. Et puis, ce chat noir croisé tout à l’heure et qui a détalé à quelques centimètres, devant lui, lui laisse au cœur une impression pénible… Ronan presse le pas. Le hameau n’est guère loin maintenant, deux kilomètres au plus, et, dans quelques minutes, devant la table, avec sa femme et ses enfants, il aura oublié ses angoisses…

     

    LA CHARRETTE FANTÔME

    Brusquement, l’homme tend l’oreille : loin derrière lui, il vient de percevoir clairement, porté par une rafale de vent, le bruit caractéristique des roues d’un chariot. Bientôt, il distingue, allant en se rapprochant, le trot saccadé d’un cheval. Ronan ne peut réprimer un tressaillement. Et pourtant, quoi de plus naturel qu’un attelage qui rentre à la ferme, les travaux des champs achevés ? Certes, mais cette heure, « entre chien et loup », apporte avec elle des résonnances mystérieuses, qui font battre plus fort le cœur du Breton le plus sceptique, le plus cartésien… La charrette n’est plus qu’à une dizaine de mètres, à présent. Ronan se range le long du chemin pour la laisser passer. Et ses yeux s’agrandissent : dans un vacarme d’enfer, l’attelage passe devant lui, dans un grand souffle glacé : tenant les guides, un être repoussant, au faciès squelettique qu’encadre une chevelure blanche, vêtu de noir, tourne vers lui sa face grimaçante et éclate d’un rire hystérique. De l’autre main, la créature tient, entre ses doigts décharnés, une longue faux dont la lame acérée brille d’un éclat insoutenable ! En un éclair, Ronan a reconnu le Karrig an Ankou, le convoi monté par la mort elle-même. Il veut hurler mais aucun son ne franchit ses lèvres… Tremblant de terreur, il porte la main à son cœur et s’effondre sur le tapis de feuilles sèches… mort ! Pendant que décroît, dans le lointain, le grincement des essieux du sinistre chariot…

    LE NAVIRE FANTÔME

    C’est là l’une des nombreuses légendes que se racontent parfois, le soir autour de la table, les vieux et les vieilles du pays hanté de Bretagne. Car, s’il est une terre, en France, où la mort est présente à chaque seconde, en maint lieu, c’est bien sur ces landes brumeuses, au bord de la mer déchaînée et hurlante. Depuis toujours, marins et paysans portent au cœur l’angoisse de la Camarde. Et le Karrig an Ankou est, de toutes les légendes, la plus représentatrice de la mythologie bretonne. Il en existe cependant une autre version, plus particulièrement répandue dans la région de la Pointe du Raz et de la Baie des Trépassés, là où l’on peut entendre, la nuit, hurler et gémir les âmes des morts sans sépultures, des « naufrageurs », et de tous les marins incroyants : C’est à la Pointe du Raz que l’ankou se rend, nocturnement, pour venir chercher son chargement d’âmes, qu’il mènera ensuite, par-delà l’Île de Sein, par-delà les étendues marines ! L’Ankou n’est pas le pilote des vaisseaux funèbres, il n’en est – pourrait-on dire – que l’armateur. Régulièrement, chaque année, il part à la recherche d’un capitaine pour ses barques funéraires : lorsque la barque s’approche du rivage, on n’aperçoit personne à la barre, personne à l’intérieur et, cependant, elle ne dépasse que de quelques centimètres au dessus de la crête des vagues… comme si elle portait un lourd chargement ! Puis, porté par les bourrasques, une voix sourde monte de l’embarcation, appelant par son prénom un pêcheur résidant non loin de là… L’homme qui s’entend ainsi appeler n’ignore pas la redoutable tâche qui va être la sienne : il descend sur la plage et monte dans la barque chargée des âmes des croyants. Et c’est au milieu du concert effroyable des âmes errantes des marins morts en état de pêché qu’il prend place au gouvernail et met le cap sur l’Île de Sein. Parvenue en ce lieu, la barque devient soudain plus légère les âmes des morts l’ont quittée pour rejoindre la terre du repos éternel. De retour sur la plage, le « capitaine » a la surprise de s’apercevoir que l’embarcation disparaît en quelques secondes, comme une brume visionnaire ! Parfois encore, certains dormeurs s’éveillent au cours de la nuit, entendent frapper à leur porte : ils savent que l’Ankou les appelle pour passer dans l’autre monde des « Anaon », les âmes des trépassés. L’itinéraire de la barque varie selon les régions de Bretagne : il s’agit tantôt d’une rivière, tantôt encore d’un bras de mer, ou bien de la mer elle-même. Mais la destination demeure toujours la même : la terre des Morts est située quelque part au-delà de l’Île de Sein…

    SPECTRE DE NAUFRAGEURS ET VAISSEAUX ERRANTS

    La mythologie de la mort, en Bretagne, est indissolublement liée à la mer. Ainsi, gare à celui ou celle qui, se trouvant, à la nuit tombée près d’une plage déserte, s’entend appeler par son nom… Il s’agit certainement du spectre errant d’un de ces naufrageurs qui, jusqu’au XIXe siècle, faisaient échouer les vaisseaux sur les récifs, assassinaient leurs équipages et s’emparaient des richesses qu’ils contenaient ! Répondre aux lamentations de cette âme perdue, c’est prendre le risque mortel de se voir entraîner, au fond de la mer, par deux mains d’os qui ne vous lâchent plus ! Pour éviter ce piège, il suffit tout simplement de ne pas répondre à l’appel et de se signer : le mort regagnera aussitôt les abîmes infernales de son enfer marin ! La mer ! La mer presque toujours présente dans les légendes du littoral breton… Quel vieux marin ne vous contera pas, si vous le mettez en confiance, qu’il a de ses yeux vu l’un de ces bâtiments errants qu’on appelle vaisseau fantôme ? Si, de surcroît, vous commandez une vieille bouteille d’hydromel, il se confiera encore davantage : ce bateau, qu’il a aperçu, toutes voiles dans le vent, au large d’Ouessant, il est monté à bord… Les mains rivées sur la roue du gouvernail, sans regard au creux de ses orbites vides de squelette, un mort, très vieux, portant l’antique costume des corsaires, un sabre ébréché passé dans sa ceinture de cuir, guide le vaisseau dans sa course éternelle… Des morts et encore des morts dorment sur leurs paillasses ! Et ce sont encore des morts qui sont rassemblés dans la cabine du capitaine, autour d’une grande table chargée de mets et de cruches ! Aux sabords dépassent les gueules des canons perdus dans l’immense toile d’araignée et muets pour toujours ! Et le vieux pêcheur vous dira encore, à l’aube, lorsque la bouteille sera vide et que le coq commencera à chanter, que, remonté dans sa barque, il a aperçu, appuyée aux bastingages du vaisseau, une femme d’une beauté merveilleuse qui l’appelait ! Tel Ulysse refusant l’appel des Sirènes, il s’est bouché les oreilles pour ne plus entendre l’écho de cette voix sublime, déchirante… Car, s’il était remonté à bord du navire, c’est lui qui aurait remplacé le timonier… jusqu’au où un autre pêcheur aurait répondu à la voix et serait lui aussi monté à bord du vaisseau fantôme !

    LES ÂMES DES MARAIS

    Bretagne, pays de mer houleuse et vengeresse, mais aussi redoutable terre de marais ! Sous les eaux fangeuse et putrides de ces immenses étendues marécageuses, dorment des monstres qui, la nuit venue, dévoilent au passant attardé l’inhumaine horreur de leur face ! A une soixantaine de kilomètres au nord-est de Nantes, il existe un petit bourg charmant : Saint-Joachim, perdu au centre de la Grande Brière un vaste marais de 50 km2. Jadis un grand parc couvrait la région alentour. Cerné par ses merveilleux arbres séculaires, s’élevait un château de rêve, dans le secret duquel dormait un prodigieux trésor. Mal en prit à un magicien qui voulut s’emparer de ces richesses : tel l’apprenti sorcier, il déchaîna les eaux et les vents sur la contrée ! Et le trésor lui échappa ! Mais un nain qui prenait la fuite avec le trésor s’alla cacher sous le dolmen de Crugo et s’y trouve encore aujourd’hui… Depuis ce temps, des créatures monstrueuses hantent les marais : ainsi, dans les alentours de Mayun il est possible d’entendre, certains soir de tempête, les cris sinistres de Couertais, un colosse mesurant plus de trois mètres ! Prenez garde ne lui répondez surtout pas… Vous trépasseriez dans l’année, cela est certain ! Veillez également à ne pas rencontrer le Patou, spectre décapité, errant, son bâton dans la main, et poussant d’horribles hurlements dans la nuit des marais ! Patou affectionne plus particulièrement de s’asseoir sur le menhir de la « Vacherie », non loin de Donges… Si d’aventure vous montez à bord d’une barque et que vous décidiez de parcourir romantiquement les marais à la nuit tombée, ne vous inquiétez pas trop si vous apercevez, derrière votre embarcation des lueurs bizarres : il s’agit tout simplement des âmes errantes de victimes sacrifiées par les Druides de la Gaule Antique sur leurs autels de pierre… Certes, les siècles ont passé depuis, mais ces morts ne sont pas parvenus à trouver le repos éternel… Dans certaines petites chapelles de la région, vous apercevrez parfois de très vieilles femmes allumer des cierges et murmurer des prières pour le repos de ces âmes malheureuses…

    LES LAVANDIERES DE LA MORT…

    Les étendues marines, les marais, les sources et, les fontaines et les puits sont, en terre bretonne, les lieux de prédilection des esprits, des fées, des diables et des morts purgeant en ces endroits quelque antique châtiment… Ainsi, les vieux et les vieilles du pays de Bretagne évitent, la nuit, les abords de certaines mares ou étangs : ces étendues d’eau morte sont le lieu de rendez-vous des « Lavandières de la mort »… Si l’envie vous vient, intrigué, de vous approcher de l’une d’elles et surtout de lui adresser la parole, il vous en coûtera fort cher : elles se précipiteront sur vous, envelopperont votre corps dans l’un de leurs draps et le jetteront dans les profondeurs de la mare ! Parfois encore, au soir du Vendredi Saint, vous serez peut-être fort étonné d’entendre, dans la nuit, le claquement sec du battoir sur le linge… Surtout, ne vous approchez pas ! Car alors, les lavandières fantômes vous crieraient, de leur voix étrange : « Voici ton linceul. Il t’attend ». En un tournemain, elles se saisiraient de vous, vous envelopperaient de leur drap mortuaire et vous tordraient comme un vulgaire bas ! En Basse Bretagne, l’aventure coûta fort chère à une jeune fille qui passait de nuit près d’une mare elle vit, sur l’autre bord, une lavandière revêtue du costume traditionnel. Le fantôme déclara qu’elle blanchissait le drap dans lequel, le lendemain soir, on ensevelirait le corps du père de la jeune fille !

    UNE MESSE POUR UN PRÊTRE DISTRAIT !

    Il est peu de régions, en France où le concept de pêché et de châtiment soit à ce point répandu : les morts parjures, infidèles, menteurs, méchants, sont condamnés à revivre, sur les lieux mêmes de leurs forfaits et crimes, quelques instants de leur existence, parmi les plus pénibles… Batz est une petite bourgade perdue sur une lande rase battue par les vents qui soufflent en tempête… Il s’y dresse encore une petite chapelle, « La Chapelle de Crucifix » où Saint-Félix lui-même, évêque de Nantes, vint baptiser quelques uns de ses disciples… Il y a encore quelques années, le passant attardé avait la surprise d’apercevoir, derrière les verrières de la nef, une petite lumière blanche et tremblotante : à l’intérieur du sanctuaire, un malheureux prêtre, pour avoir omis de célébrer une messe que lui avait demandé un fidèle, officiait, chaque nuit, devant une assemblée de morts ! Supplice raffiné de l’au-delà : il ne pouvait que commencer ses prières mais avait reçu l’interdiction de les achever ! Cela ne lui serait enfin possible que le jour, tant attendu, où un vivant accepterait de lui répondre… Et puis un jour, un jeune ouvrier passant au cours de la nuit devant la chapelle trouva le courage d’y entrer et de répondre au malheureux ministre de Dieu… qui put enfin terminer son office posthume… Depuis ce jour, la petite lumière blanche, derrière les verrières de la nef, a disparu !

    LA CLOCHE DE LA MORT !

    Bretagne : la mer, les eaux mortes et les eaux vives servent de refuge secret aux myriades de créatures hantant les abîmes de la nuit. Mais sur cette terre se dressent aussi d’étranges et antiques édifices de pierres : les dolmens et les menhirs… Ces architectures « primitives » représentent également les lieux d’asiles des êtres venus des ombres de la nuit, de l’Enfer ou du Paradis. La route qui relie le bourg au village du Houx, situé au nord de la forêt de l’Arche, passe non loin d’un monument mégalithique que les habitants de la région appellent le « Dolmen du Peron » ou la « Pierre des Gaulois »… Ils affirment que, si l’on approche l’oreille de la dalle qui recouvre l’édifice, il est possible d’entendre le son grave de la cloche qui s’y trouve enfermée… Cela, sans prendre aucun risque. Mais, il en va différemment si vous tentez l’expérience au cours de la nuit… Car, dès la venue du crépuscule, apparaît, dans les parages du dolmen, un monstre épouvantable la Bête de Béré ! Et les vieux racontent volontiers que cette créature présente un aspect si terrifiant que les malchanceux qui l’ont aperçues sont morts sur l’instant ! Personne n’a jamais pu la décrire…

     

    LES INTERSIGNES

     

    Dieu, que la Bretagne est terre charmante pour ceux qui, pendant quelques jours, tentent d’y oublier les tracas de leur vie… La mer y resplendit sous le soleil. La lande fleurie sent si bon. Les chemins creux sont plein d’oiseaux… Délicieux pays tant que brille le rassurant soleil. Mais, attention : prenez garde aux signes du destin. Sachez que sur ce sol marchent, dès la tombée du jour, d’autres créatures que nous et que les fées, les farfadets et les korrigans multiplient les signes ; clins d’œil de l’au-delà qui annoncent toujours une mort prochaine. Cependant rassurez-vous : les intersignes ne s’adressent généralement pas à la personne qui les voit… ainsi, lorsqu’une personne meurt dans une région éloignée de celle où résident les siens, ses parents et amis entendent, la nuit, des coups frappés, des pas dans le grenier… Des mains fantomales griffent leurs corps, tirent les draps, des chandelles errent dans l’obscurité, des mains sans bras apparaissent dans les ténèbres, des gouttes de sang perlent sur les murs des greniers… De même, les menuisiers qui fabriquent les cercueils savent par avance si une personne doit mourir, dans la journée ou la nuit suivante : ils entendent le bruit des planches se heurtant entre elles dans les greniers ou parfois encore comme un gémissement plaintif… Le prêtre breton reconnaît à un certain signe, qu’il tient secret, si l’âme du mort est sauvée ou damnée, au moment précis où le cercueil atteint le fond de la fosse ! Le même prêtre, à l’instant où il jette la première pelletée de terre sur le sarcophage, peut connaître instantanément le sort de l’âme du défunt, dans son livre d’heures… Mais gare à lui s’il dévoile ce terrible secret : il remplacerait, tôt ou tard, le mort brûlant dans les flammes de l’éternelle damnation ! Mais si le prêtre a connaissance du destin posthume des mortels, chacun ici-bas peur également avoir accès à cette technique. La pratique est simple : immédiatement après la cérémonie du cimetière, l’on doit se rendre en un endroit élevé et découvert. Parvenu sur le promontoire dominant une large étendue de terrain, l’on prononce très fort le nom du mort par trois fois, cela dans trois directions opposées : si une seule fois seulement l’écho renvoie ce nom, il est certain que l’âme est sauvée !

     

    LA MORT N’EST PAS LOIN

     

    En Bretagne, les mille incidents de la vie quotidienne se colorent de teintes surnaturelles. Il est dès lors aisé, pour celui qui sait lire les « intersignes » d’avoir la connaissance anticipée de la mort de telle ou telle personne. Ces intersignes sont multiples, annonçant un décès plus ou moins lointain : les longs aboiements d’un chien pendant la nuit, le hululement insistant d’une chouette ou d’un hibou perché dans un arbre, près d’une maison, l’apparition d’une belette traversant le chemin, la présence répétée de corbeaux et de pies près d’une maison, la vue, sur une table, de deux couteaux croisés, la chute des poules de leur perchoir dans le poulailler, sont autant de mises en garde… Il en est d’autres encore : une chandelle qui s’éteint sur l’autel cours de la lessive, persiste à ne pas disparaître complètement dans l’eau, la présence, sur une table, de trois lumières allumées, le craquement inhabituel d’un meuble pendant la nuit, etc, etc… La liste des « intersignes » précédant la mort d’une personne serait longue à énumérer… « Heureux celui qui Voit, heureux celui qui entend… » disait déjà Saint-Jean dans l’Apocalypse…

     

    POUR MOURIR PLUS DOUCEMENT…

     

    Les détenteurs des vieilles légendes bretonnes connaissent également d’antiques secrets pour accélérer le processus de la mort et adoucir le trépas : ainsi conseillent-ils de descendre l’agonisant de son lit et de poser ses pieds nus sur le sol, en quelque matière qu’il soit… Ils préconisent également d’asperger le corps du mourant d’eau bénite et, dans le même temps d’effectuer le signe de croix avec un cierge bénit ou une pièce d’argent… Il est également indiqué, pour faciliter le passage du moribond dans l’au-delà, de lui faire embrasser une hache de pierre… Mais si, malgré ces pratiques, correctement réalisées, l’agonie semble pénible, il ne faut pas s’en étonner outre-mesure des plumes de pigeon se trouvent certainement dans l’oreiller, sous la tête du mourant ! La présence de ces plumes interdit – dit-on – à l’âme de s’échapper librement du corps !

     

    LE MARIAGE DU RÊVE ET DE LA VIE…

     

    La boucle se referme sur elle-même… La mort vient de ravir une âme au sein du grand troupeau des hommes. A présent, selon ses actions et pensées du temps qu’il était vivant, le défunt errera, longuement, soumis à la torture du souvenir, ou bien, plus chanceux, embarquera à bord de l’une des barques funéraires de l’Ankou pour rejoindre l’Île des Morts, quelque part au large de Sein… Et la nuit de l’océan, des marais, des sources, des fontaines, et des étangs, des dolmens sacrés, des chapelles hantées, résonnera de soupirs, de gémissements et de hurlements… Au fond des chaumières et des maisons de pêcheurs battues par les vents de tempête, vieux et vieilles se signeront en égrenant leur chapelet pour éloigner les créatures de l’ombre… Et demain, au grand soleil, la vie, quotidienne, jusqu’au prochain crépuscule où, de nouveau, les ténèbres parleront le redoutable langage des morts, des démons et des fées…

    *

    source- Nostra n° 227 août 1976

     


  • Commentaires

    1
    predator
    Mardi 12 Janvier 2016 à 14:23
    voila des choses qui sur terre laisse perplexe des légendes qui perdurent depuis des millénaires ?????? d'ou viennent exactement ces légendes ???? par qui cela a été fait ??? il existe peut etre une origine humaine ou mystique ou paranormale???? bref personnes na trouver les réponses a ces questions existentielles !!!!!!!!! merci pour ces sujets compresser !!!!!!!!!!!!!
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