• DANIEL DOUGLAS HOME

     

    DANIEL DOUGLAS HOME

     

    L’EXPERIENCE BOULEVERSANTE DU MEDIUM AUX TUILERIES

     

     

    Daniel Douglas Home

     

    Napoléon III a serré la main de son illustre ancêtre Napoléon 1er, quarante-deux ans après sa mort. Cette fantastique aventure est arrivée en 1863 au palais des Tuileries, au milieu d’une assistance choisie et devant l’impératrice Eugénie elle-même qui, après un moment de recul, obéit aux injonctions de son mari et embrassa la main avec ferveur. C’est l’un des plus grands médiums du siècle dernier, Daniel Douglas Home, qui réussit cette matérialisation.

     

    La main, petite, élégante et couleur d’albâtre apparut en pleine lumière et les assistants, médusés, qui l’effleurèrent la trouvèrent tiède, douce et résistante, tout à fait semblable à une main naturelle. Obéissant aux ordres du mediums, la main prit un crayon sur une table et écrivit quelques mots sur une feuille de papier. On entendit distinctement le bruit de l’écriture. Et, plus tard, certains assistants qui l’avaient connu, authentifièrent les quelques lignes comme un autographe de la main du grand empereur. Cette expérience extraordinaire n’était pourtant pas la première qui se déroulait aux Tuileries.

    Napoléon III et sa femme étaient, en effet, très férus d’occultisme et ils avaient fait partager à toute la cour leur attrait pour les mystères de l’au-delà. L’empereur ne cachait pas qu’il était superstitieux. Il ne quittait jamais un talisman qu’il tenait de sa mère et qui avait appartenu à Charlemagne. Ce médaillon, orné de pierres précieuses, contenait un morceau de la croix du CHRIST. On l’avait enterré au cou de Charlemagne mais, lors d’une exhumation du vieil empereur, les prêtres d’Aix-la-Chapelle l’avaient retiré pour en faire cadeau à Napoléon 1er. C’est lui qui l’avait offert à sa belle-fille, la reine Hortense qui, en le transmettant à son tour à son fils, avait affirmé : « Si quelque danger te menace, voilà un talisman qui te protègera. » Le goût de Napoléon III pour le fantastique s’était encore accru lors de son premier mariage avec Eugénie de Montijo.

    UN FETICHE D’EMERAUDE

    Bien que très catholique, l’impératrice gardait, en effet, de ses origines espagnoles, un grand penchant pour les superstitions de toutes sortes. Elle avait un véritable culte pour les trèfles à quatre feuilles et ne sortait jamais sans un trèfle en émeraude orné de diamants dont l’empereur, connaissant sa passion, lui avait fait cadeau, au temps de leurs fiançailles. Eugénie adorait aussi toutes les séances de spiritisme. Elle réunissait souvent les dames de la cour, autour d’une tasse de thé, pour lire dans les lignes de la main- une science qu’Eugénie tenait des gitanes de son pays- ou pour faire tourner les tables. Au cours de ces séances les dames se groupaient par quatre ou cinq, autour de petits guéridons, et, dans la demi-obscurité des lampes à huile aux globes laiteux qu’aimait l’impératrice, on interrogeait les esprits. En prenant les eaux à Bade, l’impératrice s’était également entichée d’une science toute nouvelle, la phrénologie qui prétendait révéler le passé et l’avenir en étudiant les creux et les bosses des crânes. L’empereur, Eugénie et le prince impérial confièrent, ainsi, avec enthousiasme, leurs têtes royales aux mains de l’expert qui les avait initiés. C’est, pourtant, dans les grands salons du palais des Tuileries, en présence des souverains et de toute la cour, qu’eurent lieu les expériences les plus spectaculaires. Grâce à l’un des plus extraordinaires médiums de tous les temps : Daniel Douglas Home.

    Toutes les cours d’Europe s’arrachaient le célèbre médium, en particulier celle du tsar Nicolas 1er de Russie dont Homes avait épousé la filleule. Et les expériences fascinantes et incroyables auxquelles il se livrait : apparitions de mains ou de fantômes, déplacements d’objets à distance, lévitation etc., laissaient pantois les plus éminents spécialistes. Le médium avait eu, dès l’enfance, la révélation de ses pouvoirs paranormaux. A tel point que sa tante qui l’élevait, en Ecosse, le chassa de chez elle car elle le croyait envoûté par le diable. Home trouva refuge chez des amis, aux Etats-Unis, où les plus grands médiums l’examinèrent et tous furent obligés de reconnaître ses étonnants pouvoirs. Alors commença, pour le jeune médium, une suite de voyages en Europe et à travers les Etats-Unis. Au début on le prenait pour un sorcier et plus d’une fois des foules en délire voulurent le brûler. Mais, très vite, les grands de ce monde se passionnèrent pour ce personnage hors du commun et il devint la coqueluche de toutes les cours et le sujet d’études préféré de toutes les sociétés scientifiques. Daniel Douglas Home était, en effet, un médium peu ordinaire. Au lieu d’opérer dans le secret d’un cabinet obscur et devant une assistance choisie il pratiquait toutes ses expériences en pleine lumière, et devant une foule de spectateurs.

    SEULS LES SAINTS ET QUELQUES MEDIUMS…

    Il pouvait faire apparaître très distinctement des mains qui déplaçaient des objets- comme celle de Napoléon 1er- ou encore des fantômes entiers. Mais les expériences qui avaient, sans doute, rendu Home le plus célèbre c’était ses exercices de lévitation que seuls les plus grands médiums, et quelques yogis particulièrement saints des Indes, savent réaliser. Le médium était, en effet, très couramment, élevé en l’air au nez de tous les assistants. Il planait à plusieurs dizaines de centimètres du sol pendant quatre ou cinq minutes et il pouvait même s’élever jusqu’au plafond où il inscrivait des marques au crayon pour prouver aux spectateurs qu’ils n’étaient pas victimes d’une hallucination collective. Toutes ces séances spirites impressionnaient beaucoup la cour et les souverains qui ne pouvaient douter des pouvoirs paranormaux que le médium tenait de l’au-delà. C’est pourquoi ils accueillirent avec beaucoup d’angoisse la prédiction que leur fit un jour Home. Il leur annonça que leur fils Louis, le jeune prince impérial, ne règnerait jamais sur le trône de France. A cette nouvelle l’impératrice s’évanouit et l’empereur cacha mal sa tristesse sous un haussement d’épaules. La prophétie devait, pourtant, se révéler plus qu’exacte.

     

    Non seulement le prince impérial ne succéda pas à son père quand celui-ci dut abdiquer, en 1870. Mais le jeune homme devait périr neuf ans plus tard, dans des circonstances horribles. Engagé dans l’expédition anglaise contre les Zoulous, en Afrique, il fut blessé lors d’une reconnaissance et lâchement abandonné par ceux qui étaient chargés de veiller sur lui. Or, le jour même où le prince impérial tombait sous les flèches des sauvages, sa mère qui n’était plus qu’une souveraine veuve et en exil, fut soudain victime d’un étrange malaise. Ainsi qu’elle le raconta à sa dame de compagnie, Mme Lebreton qui lui faisait alors la lecture, elle sentit le frôlement d’une grande aile sur sa joue à laquelle succéda une accablante et inexplicable tristesse. Quelques semaines plus tard l’impératrice Eugénie apprit qu’elle avait ressenti cette funèbre impression à l’heure exacte où son fils agonisait à des milliers de kilomètres d’elle.

     

    La taverne de l'étrange- 14 février 2010

     

     

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