• A la recherche des vies futures

    A LA RECHERCHE DES VIE FUTURES

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    Il parait aujourd’hui démontré qu’à travers certaines techniques d’hypnose on peut amener quelqu’un à trouver ses vies antérieures. L’expérience, dont des spécialistes comme l’ancien docteur Kelsey ou l’Américain Helen Wambach nous ont donné maints exemples, constitue un véritable voyage dans le temps. Pourquoi, se sont demandés certains chercheurs du XII° siècle, ne serait-il pas possible de faire la même chose dans l’autre sens ? Autrement dit, pourquoi ne pas tenter, en usant des inductions appropriées, d’en savoir plus sur les existences qui nous attendent.

     

    Les anciens initiés affirment que tout est en tout. Nous porterions en nous notre passé mais aussi les germes de notre futur. Dès que l’on devient capable d’accéder à des états de conscience supérieurs, le temps n’obéit plus aux mêmes lois. Des linéaire, avec hier, aujourd’hui et demain comme cours, il devient l’éternel présent et il est possible, sous certaines conditions, de puiser des informations sur ce qui a été et sur ce qui sera. Les théories de la physique moderne depuis Einstein et ses disciples ne sont pas loin de rejoindre cet enseignement. Il se pourrait donc que nous visitions nos lendemains, qu’au lieu de régresser nous progressons et nous parvenions à connaitre les vies que nous allons vivre après celle-ci.

    Deux chercheurs, l’Anglais David Christie-Murray et l’Américain Sally Neckermann, relançaient cette idée il y a déjà longtemps, émise dans les années 1907, par un savant français, le colonel de Rochas, auquel nous devons de précieux travaux en matière de magnétisme et d’hypnose. Sa recherche des vies ultérieures a été malheureusement bien oubliée chez nous.

    Entre 1904 et 1905, de Rochas mit au point une technique qui lui permettait littéralement de promener des sujets un peu doués aussi bien dans leur passé que dans leur futur. Il s’était aperçu qu’à l’aide de passes « longitudinales » (en promenant ses mains de bas en haut devant le sujet), il l’amenait à régresser. Au contraire, des passes transversales (gestes de côté) rapatriaient la personne dans son présent. Mais en poursuivant ces passes sans faire reprendre conscience au sujet, de Rochas continuait à lui faire redescendre le temps et à partir de là, parvenant à le projeter dans le futur.

    Il expérimenta le procédé à partir de 1904, avec une dizaine de sujets toujours des femmes car elles lui paraissaient plus réceptives. Les débuts, avec une certaine Joséphine- une jeune fille qui travaillait au service de la famille de Rochas à Voiron- furent des plus prometteurs, Joséphine régressait avec une facilité extraordinaire et avait déjà exploré plusieurs existences antérieures. Le savant effectua avec elle huit séances hypno magnétiques. Dès la première elle prit connaissance de son avenir immédiat. Elle raconta qu’elle avait quitté son service et travaillait comme vendeuse dans un grand magasin de Grenoble. Mais, à 25 ans, elle avait provisoirement abandonné toute activité professionnelle pour revenir vivre avec sa famille.

    Il y eut un moment très dur au cours de la séance, Joséphine poussa un horrible cri de douleur ! Elle se mit à se tordre sur sa chaise. Son visage se transforma. Madame de Rochas, qui assistait à l’expérience, fut tellement troublée qu’elle dut quitter la pièce. L’hypnotiseur chercha à en savoir plus :

    « J’ai maintenant 32 ans, finit par lui dire d’une voix lamentable la jeune fille dont les traits avaient incroyablement vieilli sous l’hypnose. Je suis honteuse et profondément chagrinée. Un homme m’a séduite en me promettant le mariage. Il m’a abandonnée avec mon enfant. »

    De Rochas l’amena jusqu’à l’âge de 35 ans avec un maximum de précautions. Toujours la même tristesse, un peu atténuée pourtant par les années. Son père était mort et elle vivait avec sa mère et son enfant. A 40 ans elle était toujours au village de Manziat, dans l’Isère. Son enfant était mort. Elle avait pris un travail à façon pour un couple de tailleurs. Joséphine raconta qu’ensuite elle s’affaiblissait de plus en plus. A 70 ans, elle s’effondra sur sa chaise avec une expression de souffrance intense sur le visage. Cette fois pas de cri, pas de contorsions. De Rochas était ému. Pour la première fois, il allait parvenir à faire vivre à quelqu’un sa propre mort. Il demanda à sa patiente si elle acceptait. Elle répondit que la vie avait été tellement dure pour elle que la mort ne l’effrayait pas.

    Joséphine vit son corps gisant sur le lit, les parents et les proches autour d’elle, le prêtre qui finissait de dire les prières. Elle plongea dans une obscurité qu’elle imagina être sans fin. Etait-ce la sortie classique vers la lumière ? Elle ne rencontra personne dans l’au-delà. Joséphine flottait dans un no man’s land que traversaient des étoiles fugitives. Pour la première fois, elle était heureuse, à son aise. Elle ressentait néanmoins le besoin de se réincarner. La période fœtale fut incertaine. De Rochas ne parvint pas à obtenir de renseignements sur ce transit. Sa voix devint, après d’autres passes, celle d’une petite fille de deux ou trois ans. Elle dit s’appeler Lili. Son père s’appelait Claude et sa mère Françoise.

    L’enfant ne put dire leur nom de famille ni celui de l’endroit où ils habitaient. Elle mourut entre quatre et cinq ans.

    Et ce fut de nouveau l’au-delà. Cette fois, des esprits se manifestèrent. Le sujet avait l’impression, à leur contact, d’oublier progressivement ce qui s’était passé dans ses existences antérieures. Elle reconnaissait vaguement parmi eux des parents et des amis qui lui semblaient très lointains. Elle se réincarna à nouveau. Maintenant, elle s’appelait Marie. Ses parents étaient Edmond et Rosalie Baudin. Ils vivaient à Saint-Germain-au-Mont-D’or. Elle avait 16 ans en 1970. De Rochas, dans les années qui suivirent cette fantastique expérience, tenta évidemment de vérifier les dires de sa patiente. Il s’aperçut que le vrai et le faux avaient part égale dans les déclarations. Joséphine alla effectivement travailler à Grenoble. Elle eut un enfant naturel. Mais elle s’était trompée sur le nom du grand magasin qui l’employait et sur les dates. Le savant en déduisit que sa technique était surtout valable pour extraire du subconscient d’un sujet les projets et les désirs secrets qui conduiraient à la réalisation de certains événements.

    Mais Joséphine avait-elle ou non « voyagé » dans ses vies ultérieures ou futures, ou bien les techniques hypno magnétiques avaient-elles simplement extériorisé l’avenir qu’elle se préparait sans le savoir ? De Rochas changea de sujet d’expérience. Au cours d’un voyage à Paris, il rencontra une certaine Madame Lambert qui se révéla un excellent sujet hypnotique. Elle accepta de se prêter à l’expérience, De Rochas la fit vieillir et obtint tous les renseignements qu’il voulut sur le futur de sa vie actuelle. Mais, au moment de mourir, lorsqu’il lui posa la question de savoir si elle voulait aller plus loin, elle refusa systématiquement et avec une terreur qui dissuada le chercheur  de poursuivre plus avant.

    Il eut plus de chance avec un modèle de 16 ans, Juliette. De 1905 il la fit progresser jusqu’en 1908. Elle lui raconta qu’elle avait quitté Grenoble pour Genève et travaillait pour un sculpteur du nom de Drouet auquel l’avait présentée un certain Monsieur Basset.

    De Rochas contrôla que l’un et l’autre existaient et que Juliette ne les connaissait pas encore au moment de la séance. Elle raconta sa vie à Genève avec beaucoup de détails. Emploi du temps, démêlés avec certains artistes qui l’assaillaient de propositions déplacées. Elle songeait à abandonner son travail de modèle, espérant une place dans une blanchisserie. L’affaire ne marche pas. Elle prit froid au cours d’une séance de pose et se retrouva pour des soins dans la région de Nice. Elle mourut à 25 ans. Elle fut assez discrète sur sa mort elle-même et la période qui suivit. Sa mère  « suivante » perdit la vie en lui donnant naissance. Cette fois, elle était devenue un homme : Emile Chaumette.

    Sa famille était riche et Juliette décrivit très précisément une belle maison de maître dans laquelle vivait la famille. Emile Chaumette se fit prêtre. Par la bouche de Juliette il révéla que le sacerdoce le tentait depuis l’enfance en raison de la position confortable qu’il représentait. Il n’était pas très croyant, mais dit-il, beaucoup de prêtres sont ainsi et ils n’en font pas moins de l’excellent ouvrage. De Rochas eut l’idée d’une expérience amusante.

    Il avait à l’égard de Juliette une attitude paternelle dans la vie. Durant l’hypnose, il prit familièrement «  Emile Chaumette » par la taille. Le prêtre se dégagea et prit ses distances.

    « Voyons, Monsieur ! Quelles sont ces mœurs ? » Il me faut partir célébrer la messe. De Rochas ne tira aucune conclusion hâtive de ces expériences. Mais il lui sembla qu’elles devaient être poursuivies. La technique lui semblait mériter  d’être approfondie.

    Personne ne reprit le flambeau jusqu’à ces dernières années. La vie ultérieure semblait moins passionner la recherche que l’antériorité, plus facile à contrôler, il est vrai.

    David Christie-Murray, un hypnotiseur anglais, a décidé d’explorer ces troublantes possibilités révélées par le savant français. Il est parvenu jusqu’ici à des résultats absolument positifs de projection dans le futur. Mais le dépassement de cette existence pour une vie ultérieure parait encore poser des problèmes. Il a ainsi fait progresser d’abord d’un jour puis d’un an un éditeur anglais, Peter Brookesmith. L’un d’une première séance, le sujet a donné une description précise et exacte du courrier qu’il devait recevoir le lendemain. Lors d’une autre session, il a évoqué sa santé et un déplacement, à une année de distance, toujours  avec une grande précision. Ces débuts plus qu’encourageants ont incité Christie-Murray à conduire plus avant de telles expériences. La psychologue américain Sally Neckermann travaille de même sur la question. Elle refusa cependant de publier quoi que ce soit avant de pouvoir effectuer une vérification objective des déclarations de ses sujets. L’un et l’autre sont persuadés que l’on peut avoir connaissance de notre futur, même très lointain, même lorsqu’il ne nous « appartient » plus.

    Mais s’agit-il de réincarnation ou de voyance ?

    La question est posée. Sans doute n’est-elle pas à la veille d’être résolue. En effet, on pourrait imaginer que, sous induction hypnotiques, un sujet puisse libérer une faculté spéciale qui le projette dans le futur et lui donne intimement l’impression de vivre lui-même à la place des personnes par les yeux desquelles il regarde. Dans ce cas, il ne s’agirait pas de vie ultérieure mais de rupture dans le continuum, le temps obéissant à d’autres lois dans la conscience de l’hypno magnétisé. Que l’on opte pour l’une ou l’autre hypothèse, les découvertes d’Albert de Rochas méritent d’être exploitées. Nous avons aujourd’hui engagé la course à l’espace.

    Tous les moyens d’explorer aussi le temps doivent être maintenant mis en œuvre.

    Depuis ces événements rien de vraiment sérieux n’a été remis en actualité,  il n’y pas de recherches dans ce domaine, dans le passé mais pas dans les vies futures cela est triste aux XXI° siècles.


    Sources : Biographie de De  Rochas  1837-1914 – Etude historique sur les phénomènes paranormaux- les vies successives. Bibliothèque Chacormac, Paris 1911.

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